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Les élus loin d’enterrer le projet de soccer au parc Central

Jonathan Custeau
Jonathan Custeau
La Tribune
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L’impact des microbilles de plastique d’un terrain de soccer synthétique sur l’environnement, les conséquences de l’aménagement de nouveaux terrains sur la faune, la flore, le milieu hydrique, les risques de pollution sonore et de pollution lumineuse et la circulation accrue dans Rock Forest sont au nombre des préoccupations citoyennes formulées lundi par rapport au projet de pôle de soccer au parc Central. Si plus d’une vingtaine de questions adressées au conseil municipal portaient sur ce projet controversé, les élus sont loin de vouloir l’enterrer.

En début de séance du conseil municipal, la présidente Nicole Bergeron a patiemment répondu à la flopée d’interrogations. Entre autres, elle a expliqué que la concentration des équipements sportifs est plus pratique pour les parents et les arbitres, de même que pour les équipes d’entretien. Elle a précisé que le besoin de terrains de soccer est clairement établi et que, même avec un meilleur drainage, les terrains naturels ne peuvent être foulés aussi souvent que les terrains synthétiques.

Mme Bergeron a aussi rappelé qu’une séance d’information et d’échange est prévue le 18 mars.

Le conseiller du district du Lac-Magog, Pierre Tremblay, a été peu loquace sur le sujet jusqu’à maintenant. Il s’est exprimé lundi. 

« Il est primordial d’avoir des infrastructures pour pratiquer ce sport. J’ai été élu pour prendre des décisions, mais aussi pour mettre les pendules à l’heure quand ça dérape. Permettez-moi de vous dire les vraies affaires. Il y a un côté très sombre à la démarche », a-t-il lancé, avant de préciser avoir reçu des courriels d’insultes.

« J’ai de la misère à comprendre l’objectif de la pétition. Les vraies réponses, on les trouve dans la communication et non dans la confrontation. En tout respect, le message véhiculé n’était pas le bon. Il ressemblait plus à de la désinformation. De conclure que la Ville voulait couper tous les arbres du parc Central pour construire des terrains de soccer, c’est un non-sens. Il s’agit d’un projet à l’étude qui reviendra peut-être sur la table dans deux ou trois ans, ou peut-être jamais. Il est certain que le présent conseil n’en reparlera pas en 2021, et ce, jusqu’à la fin de notre mandat », a-t-il indiqué.


« Couper plusieurs arbres, ça fait mal au cœur, mais on n’a pas le choix si on veut faire bouger les jeunes. »
Annie Godbout

Sa collègue Annie Godbout a aussi cherché à nuancer le débat.

« À l’arrondissement, ça fait plusieurs années qu’on parle de parcs et de terrains de soccer. On avait au départ présenté des terrains au parc Antoinette-Guinebretière (NDLR derrière l’école de la Croisée). Même avant la mobilisation, on se disait que couper un arbre au parc Antoinette-Guinebretière ou un arbre au parc Central, l’impact est relativement le même. Couper plusieurs arbres, ça fait mal au cœur, mais on n’a pas le choix si on veut faire bouger les jeunes. » 

Mme Godbout rapporte que les élus ont sous-estimé le « volet social » d’un parc. « On réalise que lorsqu’on fait un parc récréatif, il faut le développer à 100 % en même temps, sinon, les gens se l’approprient d’une façon différente de ce qu’on avait prévu. Les gens ont le goût de maintenir l’expérience nature. Je marchais au parc et je me disais qu’il y a moyen de conjuguer les deux, de garder cette expérience. Il faut être dans l’ouverture de part et d’autre. » 

La conseillère du district de Rock Forest veut néanmoins connaître l’impact des particules de plastique sur l’environnement entourant les terrains synthétiques. « Je veux qu’on redouble de vigilance et qu’on nous revienne là-dessus. »

Vincent Boutin

Vincent Boutin, président du comité du sport et plein air, juge que « certains éléments méritent d’être placés ». « C’est un projet pour nos jeunes, pas pour des gens de l’extérieur. Nous avons au-dessus de 4000 joueurs à Sherbrooke. Ce besoin-là n’est pas quelque chose de nouveau. Je comprends qu’il y a un volet environnemental. Entre vous et moi, on ne démolit pas un parc pour faire des jumelés. On fait un milieu pour les gens de l’arrondissement. Avoir un terrain qui appartient à 100 % à la Ville va combler un besoin. Quand on vit près d’un parc, je comprends qu’on peut se l’approprier, mais il y a aussi une vision d’arrondissement et de collectivité. Il faut écouter et arriver à un modèle qui tient la route. » 

Enfin, Karine Godbout, présidente du comité de l’environnement, souhaite qu’on n’oppose pas le volet sportif à l’environnement. « Si on peut trouver un liant, de bouger, c’est la santé. Il faut voir à trouver des solutions. Ce n’est pas un dossier dont nous avons beaucoup parlé entre élus. Par contre, soyez assurés qu’en ce qui concerne la protection du ruisseau, des milieux humides, on va respecter nos propres règlements. »

Comme sa collègue Annie Godbout, elle compte porter une attention particulière aux impacts des microbilles de plastique des terrains synthétiques.