La tempête de vendredi dernier, qui a déversé plus de 30 cm de neige sur la région, a donné du fil à retordre aux automobilistes dans les rues de Sherbrooke.

Les élus insatisfaits du déneigement

Plusieurs élus ont fait entendre leur mécontentement, lundi en séance extraordinaire du conseil municipal, devant la qualité du déneigement lors de la tempête de vendredi dernier. Si certains ont évoqué la possibilité de laisser tomber la sous-traitance concernant le déneigement, la directrice du Service de l’entretien et de la voirie, Guylaine Boutin, rappelle qu’une chute de plus de 30 cm de neige est une situation exceptionnelle.

Danielle Berthold a entre autres mentionné que « c’était l’enfer » dans le district de Desranleau. « La rue Galvin était sur la glace bleue en montant et en descendant. Il faut revoir le contrat avec notre déneigeur. Je ne suis nullement satisfaite. C’est la première année que c’est aussi compliqué. »

Paul Gingues a signalé que le secteur de la rue Indiana avait aussi été mal déneigé. Son collègue Pierre Avard s’expliquait mal la situation sur la rue Wellington, vendredi, une rue qui était complètement glacée selon lui. « On pourrait se poser la question : pourquoi on ne fait pas le travail à l’interne? Ça pourrait être une façon de garder notre main-d’œuvre qui travaille l’été. »

Le maire Steve Lussier admet qu’il y a eu des lacunes dans le déneigement. « J’ai eu beaucoup d’appels des élus. On va tenter de s’améliorer. La tempête est arrivée un vendredi. Ça n’a pas aidé. Il a neigé beaucoup en peu de temps également. »

Steve Lussier

Guylaine Boutin mentionne que la journée de la tempête n’a pas influencé le déneigement. « Ça n’a pas d’impact. Ce sont plutôt les précipitations fortes tôt dans la journée qui nous ont forcés à devancer nos opérations de tassement de la neige. »

Mme Boutin rapporte que les équipes d’épandage sont au travail 24 h par jour et qu’elles étaient déjà au boulot vendredi matin. « Le grattage avait été prévu plus tard en raison des prévisions météorologiques. Nous avons dû devancer le grattage, ce qui a fait qu’il y a eu des accumulations. Il y a toujours un moment avant de commencer le grattage parce que les employés doivent être remplacés aux douze heures et qu’il n’y avait qu’un quart de travail de prévu. Il fallait donc prévoir le moment qui serait le plus efficace pour commencer les travaux. »

Guylaine Boutin ajoute que 75 % du territoire, l’épandage est réalisé par les employés de la Ville alors que le tassage de la neige relève de sous-traitants. Le reste du territoire est entièrement desservi par des sous-traitants. « Nous n’avons que sept équipements pour les activités de grattage alors qu’il y a une trentaine de circuits. Les coûts sont optimisés en ayant recours à la sous-traitance parce que nous utilisons ces gens-là seulement quand nous en avons besoin. Dans un hiver normal, on souffle la neige environ trois fois. Cet hiver est exceptionnel. »

La directrice du Service de l’entretien et de la voirie rappelle qu’une chute de plus de 30 cm de neige est considérée comme une situation extrême et que la politique de viabilité hivernale de la Ville prévoit qu’il est normal qu’il y ait des conséquences pour les utilisateurs du réseau routier. « Quand on doit tasser la neige en plein jour, il arrive que nos équipements ne puissent pas passer à certains endroits en raison des voitures stationnées dans les rues. Nous sommes aussi dépendants de la circulation. »

À première vue, il ne serait pas rentable de rapatrier les activités des sous-traitants à l’interne. « Ce sont les élus qui vont décider, mais nous optons pour un modèle hybride parce que c’est le plus économique. »

Mme Boutin mentionne par ailleurs que l’épandage d’un mélange de pierres et d’abrasifs avait commencé à 3 h dans la nuit de dimanche à lundi. Le sel était toutefois inefficace en matinée, alors que les températures se trouvaient sous les -10 degrés Celsius. La pierre, quant à elle, s’enlève progressivement avec le passage des voitures.

Enfin, la Ville a publié un communiqué lundi après-midi pour indiquer qu’elle ne procèderait pas à des activités d’enlèvement de la neige. Les chaudes températures attendues dans les prochains jours la feront fondre rapidement. On veut aussi ménager la chaussée, dont la capacité portante est réduite au printemps. Quelques activités de déneigement pourraient survenir près des abribus et aux endroits où la sécurité des citoyens est menacée.