La classe de cinquième année de Danick Lessard-Dion, de l’école du Boisjoli, veut faire ralentir les automobilistes, ils étaient présents au conseil de la Ville lundi.

Les élèves du Boisjoli veulent que vous ralentissiez

SHERBROOKE — La classe de cinquième année de Danick Lessard-Dion, de l’école du Boisjoli, veut faire ralentir les automobilistes. Les écoliers se sont présentés au conseil municipal, lundi soir, pour réclamer un dos d’âne sur la rue du Président-Kennedy, dans le district de Deauville.

Pendant deux mois, les élèves en question ont mesuré la vitesse des automobilistes devant leur école en se cachant dans des buissons ou derrière des poubelles. Ils ont constaté que 65 % des conducteurs ne respectaient pas la zone scolaire, où la vitesse est réduite à 30 km/h. C’est ce que rapporte la jeune Alissa Couture, ajoutant que la vitesse tolérée était de 40 km/h.

« Nous voulons que les automobilistes respectent les limites de vitesse pour protéger les élèves. Au mois de septembre, chaque matin, les élèves devaient illustrer avec une couleur la façon dont ils étaient venus à l’école, soit en voiture, seuls avec leurs parents, en covoiturage ou en autobus, ou en déplacement actif. Nous avons constaté que plusieurs élèves venaient à pied ou en vélo », raconte Danick Lessard-Dion.

La jeune Léa Garant a dit que les enfants voulaient collaborer avec la Ville pour réduire la vitesse. Elle suggérait du même coup qu’un dos d’âne soit construit devant l’école.

La présidente du comité de la sécurité publique, Danielle Berthold, confirme que les mesures prises au radar près de certaines écoles démontrent que les automobilistes roulent trop vite. Elle ajoute qu’un meilleur marquage des corridors scolaires a été fait et qu’il est bien respecté. « Les dos d’âne ne sont pas une politique qu’on applique tout le temps puisque ce n’est pas un moyen efficace pour réduire la circulation. La question que nous nous posons, c’est comment on peut faire pour qu’on voie les zones scolaires de 30 km/h. »

Si la neige récente n’était pas tombée, la Ville aurait mis un projet-pilote en place. « Nous aurions procédé à du marquage au sol à l’entrée et à la sortie de la zone de 30 km/h comme aux États-Unis. Peut-être que l’école du Boisjoli pourrait faire l’objet de ce projet-pilote. Installer des radars dans toutes les zones scolaires est dispendieux. C’est néanmoins dans les cartons, parce que notre priorité est la sécurité des enfants. Nous évaluons la possibilité d’en venir là, mais dans un premier temps, nous irons avec du marquage au sol. »

Parce que les plus récentes études de circulation datent de quelques années, dès le début de 2019, les équipes de la Ville seront de retour sur le terrain pour de nouvelles évaluations et pour voir quels aménagements peuvent être faits devant votre école. « Notre priorité est votre sécurité et je peux vous faire une promesse : on va s’en occuper. »

Le maire Steve Lussier dit ne pas être surpris qu’une majorité de citoyens ne respecte pas la limite de vitesse dans les zones scolaires. « Ça roule très vite près des écoles. Il faut changer ça. »

Danick Lessard-Dion a prévenu qu’il ferait un suivi. « Nous sommes une classe d’action. »