Les élèves de l’enseignante Mélanie Bell travaillent sur le thème de l’environnement, plus particulièrement la réduction des déchets. Ci-dessus : Tristan Berrigan, Camille Lavigne, Léya Lamontagne, Élora Vincent, Charlotte Arguin, Maya Auger, Lilijane K. Blais, Clara Côté Dupuis et Joseph-Étienne Richard.

Les élèves de l’Écollectif veulent faire mieux pour l’environnement

SHERBROOKE — Mercredi après-midi à l’Écollectif. Les élèves de l’enseignante Mélanie Bell conçoivent des affiches qui aideront la petite communauté à bien trier ses déchets. Mais ils ne se contenteront pas que de bien les trier : ils veulent d’abord les réduire à la source. C’est dans cette optique que Charlotte Arguin et Lilijane K. Blais, deux élèves de troisième année, ont créé un club Planète verte.

Parmi les cibles du club, les filles veulent s’attaquer aux multiples déchets produits par une simple boîte à lunch : jus en boîte avec paille de plastique, yogourt dans des contenants jetables, alouette. 

Si vous êtes abonné à la page Demain Sherbrooke sur Facebook, vous avez sans doute vu Lilijane lancer un défi aux élèves de son école, en utilisant des gourdes, en faisant des lunchs sans emballage et en jetant les déchets qui traînent par terre. 

« Moi, je n’ai pas de déchet (dans la boîte à lunch), lance fièrement Lilijane, qui a droit à des barres tendres maison, tout comme les biscuits et les muffins, qui sont déposés dans des contenants. 

Le matin de notre passage en classe, Le Devoir révélait que le Canada « détient le titre peu enviable de champion de la production de déchets par habitant au sein des pays de l’OCDE, avec l’équivalent de près d’une tonne produite par habitant (2014) ». Le quotidien citait les conclusions d’un rapport de la Commission de l’écofiscalité du Canada (CEFC). Celui-ci recommande notamment aux municipalités de facturer les résidants et les entreprises en fonction de la quantité de déchets qu’ils produisent.

Du vermicompost 

À l’Écollectif, le duo féminin est arrivé avec ses idées alors que l’environnement est la trame de fond dans la classe de Mélanie Bell : l’enseignante accorde une grande place à cette thématique. Et ce n’est pas qu’une théorie : la classe s’est lancée dans l’aventure du vermicompost. 

« On a décidé de faire un test pour notre classe en premier. On a des vers, on leur donne nos restants de collation. Dans quelques mois, on va commencer à avoir du thé de compost. Ce sont nos plantes qui vont le boire et la terre que ça va faire, on va aussi en mettre dans nos plantes », explique Mélanie Bell. « On est comme des scientifiques : on est en train de regarder ce qui fonctionne (...) On est en train d’analyser ça et si ça fonctionne bien, on veut en mettre dans toutes les classes pour produire du compost. » Cette initiative s’ajouterait à celles mises en place, comme le compost traditionnel, la présence de bacs permettant de trier le plastique, le verre et le métal, ou encore le papier et le carton. 

« Le but, c’est de jamais changer la poubelle... ou presque », explique Mme Bell. 

« On est allés visiter le composteur de l’Université de Sherbrooke et le centre de tri », raconte-t-elle en soulignant à quel point les visites ont été instructives.  

« Au centre de tri, la madame nous a dit que des fois, des personnes mettent des toutous dans le recyclage », raconte Charlotte. Les enfants ont inspecté les déchets de l’école pour voir s’ils étaient bien triés. Lilijane a notamment trouvé... un cœur de pomme dans le recyclage. La note n’est pas encore parfaite, mais les enfants entendent remédier à la situation avec la sensibilisation.

Le défi zéro déchet est planifié le mercredi. « Le matin, on va aller voir la poubelle et on va retourner la voir à la fin de la journée. On va dire à la classe comment on pourrait faire mieux. On y va avec une approche positive. On commence avec les mercredis, et si ça fonctionne bien, on pourrait mettre une autre journée et éventuellement, ne plus avoir de déchets... » souligne l’enseignante. 

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Conférencier vedette du festival zéro déchet de Montréal : Jérémie Pichon vient inspirer Sherbrooke

À sa deuxième année d’existence, le Festival Zéro Déchet de Montréal envoie son conférencier vedette Jérémie Pichon à Sherbrooke pour parler de cette tendance vers l’adoption d’un mode de vie plus écoresponsable. 

Le grand nombre de festivaliers présents à Montréal en fin de semaine prouve que l’intérêt pour le zéro déchet est populaire dans la société, selon ses responsables.

« Il y avait une file de fous à l’entrée. On a augmenté de 50 % la superficie du festival. Il y a un mouvement qui grandit, on est victimes de notre succès. Il se passe quelque chose, c’est la première fois qu’on voit une possibilité d’avoir autant d’engouement autour d’un changement de comportement. Il ne faut pas manquer le train. C’est maintenant que ça se passe », lance la cofondatrice du Festival Zéro Déchet et vice-présidente de l’Association québécoise Zéro Déchet Laure Mabileau.

Sortir de Montréal

Cette année, elle et son équipe voulaient sortir de Montréal pour s’étendre dans d’autres endroits du Québec.

« On est une grosse équipe de bénévoles et l’énergie tourne autour des contacts que l’on peut avoir un peu partout, on a donc réussi à rejoindre des gens à Sherbrooke. C’est quand même une des grandes villes du Québec, c’est là aussi qu’il y avait le plus de potentiel. On est fiers de ça. Jérémie, c’était sa première fois au Québec alors on voulait vraiment souligner sa venue », explique-t-elle.

Jérémie Pichon réside en France où il est déjà très populaire. Mme Mabileau le décrit comme la référence pour la tendance zéro déchet et elle se sent privilégiée de l’accueillir dans son événement. Avec sa famille, M. Pichon vit sans déchet et parle de son mode de vie en conférence et dans des livres de manière plutôt originale.

« Il a un beau regard sur le mouvement environnemental. Lui et sa famille présentent un livre autrement, il y a beaucoup de dessins, c’est humoristique et tout. Ils ont même sorti un livre destiné aux enfants et il lance un dessin animé sur le zéro déchet. Qu’il soit une référence masculine c’est vraiment une belle image, on voit souvent les mères de famille avec ce rôle. Il a du charisme et il est inspirant », termine Mme Mabileau.

M. Pichon était à Québec dimanche, il sera au Café Baobab de Sherbrooke dès 17 h 30 lundi, et retournera à Montréal mardi pour la soirée de clôture du festival.