Lundi, les 402 élèves de l’école Brébeuf ont signé un à un l’œuvre engagée de l’artiste sherbrookois Ultra Nan. Dans les prochaines semaines, celle-ci sera offerte aux élus de la Ville de Sherbrooke comme un aide-mémoire des conséquences environnementales qu’a chacune de leurs décisions.

Les élèves de Brébeuf s’engagent pour la planète [VIDÉO]

Même s’ils n’ont pas encore accès à l’urne, les élèves de l’école Brébeuf ont déniché un autre moyen pour demander au conseil municipal de Sherbrooke de veiller sur la planète dont ils hériteront. Lundi, les 402 élèves de l’établissement d’enseignement primaire ont signé une œuvre engagée de l’artiste Ultra Nan qui sera offerte aux élus dans les prochaines semaines.

Ce projet a été rendu possible grâce à la mère d’un élève, Stéphanie Leclerc, qui s’implique dans le mouvement Urgence climatique Sherbrooke, un regroupement qui mise sur la participation citoyenne afin d’exiger que de plus grandes actions environnementales soient posées à l’hôtel de ville. 

« Il y a quelques mois, on est allés au conseil municipal et la conseillère Annie Godbout, qu’on aime beaucoup, a dit qu’elle aimerait bien avoir un aide-mémoire pour toujours se souvenir que chaque décision qu’ils prennent a un impact environnemental », précise Félix Boudreault, un citoyen engagé dans le mouvement qui a pris cette déclaration au pied de la lettre.  

« Le groupe avait déjà amorcé le projet avec l’artiste et nous a demandé si on aimerait participer, avance l’enseignante en 3e et 4e année Joëlle Lemieux. On était très emballés par le projet, et j’ai convaincu mes collègues de Brébeuf d’embarquer avec nous. » 

« Penser aux enfants »

Liam, 8 ans, et Abigail, 10 ans, voient cette signature comme un appel à l’aide au nom de leur génération. 

« Si on veut que notre terre puisse encore vivre des milliers de siècles, il faut s’en occuper, s’indigne Abigail. Et on a besoin de vous, les adultes, pour faire ça, parce que ça ne peut pas être seulement nous. Ce qu’on veut vous dire, c’est de penser aux enfants. » 

« Eux, ils vont mourir, mais c’est nous qui allons être là, après, renchérit Liam. C’est nous qui allons subir les dégâts. On veut sensibiliser les élus pour leurs futurs projets. Par exemple, s’ils construisent des édifices, qu’ils replantent des arbres ailleurs ou autour de l’édifice. » 

Le sujet de la crise climatique est d’ailleurs largement couvert dans la classe de Mme Lemieux, comme l’explique celle qui voit dans l’approche artistique une façon bien représentative de s’impliquer.  

« Dès le début de l’année, on en a parlé, établit l’enseignante. Entre autres par le biais de Greta Thunberg, qui a beaucoup fait jaser. Les enfants, ça les touche, parce que c’est quelqu’un qui est sensiblement de leur âge. Ça les a marqués. Depuis le début de l’année, on a ramassé des déchets dehors, on a fait des vidéos sur l’environnement, on fait même un projet entrepreneurial pour faire du coton ciré, qui remplace le Saran Wrap. Avec les sous ramassés, on va planter des arbres dans la cour d’école. Les enfants sont très sensibilisés dans la classe. Je pense que la meilleure façon, c’est de leur montrer les solutions qu’on a et de faire des projets concrets. »

Cohérence

Pour Félix Boudreault, ces élèves avec qui il collabore ne sont rien de moins qu’impressionnants. « Ils sont leaders dans ce dossier-là. C’est leur dossier et je pense qu’avec tout le discours qu’il y a sur l’environnement mondialement, les jeunes s’en rendent compte. Ils prennent ça en main et demandent des comptes. Nous, on arrive et on a plein de belles idées, mais eux, quand ils vont arriver et prendre position politiquement dans leur communauté, ça va avoir beaucoup plus d’impact. Ils connaissent la question. »  

M. Boudreault espère que le conseil municipal pourra en tirer une belle réflexion et faire de l’environnement « la priorité numéro un ». « Le discours n’est pas toujours cohérent. Par exemple, on va bannir les sacs de plastique en avril, mais d’un autre côté on travaille à avoir des vols commerciaux entre Montréal et Sherbrooke à l’aéroport de Sherbrooke. Un seul de ces vols-là, pour un tout petit avion, c’est l’équivalent d’environ 34 000 sacs de plastique qui s’envolent dans l’atmosphère. Il y a une réflexion à avoir, qu’est-ce qu’on veut comme ville? » 

D’autres écoles pourraient également signer l’œuvre dans les prochaines semaines.