Un aménagement en chicane dans le terre-plein central empêchera les écoliers de traverser en ligne droite.

Les écoliers traverseront le boul. René-Lévesque en sécurité

Un terre-plein central clôturé, des feux piétons dotés de clignotants stroboscopiques, deux brigadiers et un éclairage distinct pour les passages piétonniers devraient permettre aux écoliers de traverser le boulevard René-Lévesque en toute sécurité à proximité de l'école C. Ce sont les solutions retenues par la Ville de Sherbrooke et présentées lundi soir pour permettre aux piétons et aux cyclistes de franchir le carrefour giratoire de la rue Matisse sans danger.
La construction du boulevard René-Lévesque devrait commencer dans les prochains mois avec la prérogative de rendre le terrain de l'école C disponible pour le mois d'août. Il est suggéré de réaliser les deux premières phases dans un premier temps, soit les 2,7 km entre le boulevard Industriel et la rue Henri-Labonne. Le boulevard comptera une voie dans chaque direction et trois carrefours giratoires, soit aux intersections Sainte-Claire, Matisse et Henri-Labonne.
Denis Gélinas, directeur des projets majeurs à la Ville de Sherbrooke, explique qu'il est fréquent de traverser des carrefours giratoires à pied. « Les aménagements sont faits en fonction du contexte. Dans notre cas, il y a une école primaire et un parc municipal qui seront construits. Il faut s'assurer que la jeune clientèle traverse aux bons endroits, pas en diagonale, et en évitant les conflits avec la piste multifonctionnelle qui passe au même endroit. »
Selon Jean-Pierre Gagnon, ingénieur-conseil à la Ville de Sherbrooke, un carrefour giratoire est « par définition un modérateur de vitesse. Il est plus efficace qu'une limite de vitesse. Les automobilistes sont forcés de ralentir et l'empruntent à 30 ou 40 km/h ».
Dans l'axe nord-sud, les traverses des deux voies seront décalées les unes par rapport aux autres. Une chicane clôturée sera ainsi créée dans le terre-plein central, ce qui empêchera une traversée en ligne droite. Les piétons pourront aussi s'agglutiner en toute sécurité entre les deux voies. La piste cyclable, située au centre depuis le prolongement du boulevard de Portland, se poursuivra pour sa part sur le côté ouest du boulevard.
Un signal lumineux, activé par les piétons, indiquera aux automobilistes que des gens souhaitent traverser. « Le signal sera à la demande du piéton, pour éviter que les automobilistes s'habituent et ignorent la lumière », explique Denis Gélinas. Selon les données présentées par la Ville, ce mécanisme serait 53 fois plus efficace qu'un panneau utilisé seul.
En soirée, un éclairage spécial créera un couloir de lumière pour bien visualiser la traverse pour les piétons.
« Nous avons discuté avec nos collègues de la commission scolaire pour entendre leurs préoccupations. Nous en avons tenu compte, sauf une, l'ajout d'un dos d'âne aux traversées. Nous ne jugeons pas que c'est approprié pour le moment, mais il n'est pas dit qu'un besoin ne sera pas soulevé à cause de l'abondance des gens qui l'empruntent. Nous sommes persuadés que cette façon de fonctionner répond aux préoccupations de la commission scolaire et aux préoccupations de sécurité de la Ville. »
Rencontre
Une rencontre est prévue avec la commission scolaire et les commissaires dans les prochaines semaines pour en discuter.
Selon M. Gélinas, les deux tiers des élèves qui auront à fréquenter l'école viendront du côté ouest du boulevard et ils n'auront pas à traverser le carrefour giratoire. D'autres données avancées dans les documents de la Ville rapportent que 90 % des élèves de l'école C se déplaceront à pied.
Les deux autres carrefours giratoires seront aménagés de la même manière, mais seul celui de la rue Matisse comptera sur la présence de brigadiers.
La conseillère Hélène Dauphinais s'est inquiétée de la cohabitation entre les piétons et les cyclistes. « Nous demanderons probablement aux cyclistes de descendre de leur vélo s'il y a des piétons dans le terre-plein », a répondu Denis Gélinas.
Annie Godbout serait très surprise que les cyclistes descendent de leur vélo. « Si on peut continuer le marquage de la piste cyclable dans la chicane qui se trouvera dans le terre-plein, ça pourrait faire une petite différence. »
Aux craintes de congestion automobile, Jean-Pierre Gagnon répond que le boulevard ne se trouvera pas dans le domaine bâti, du moins au début. « Il y aura une gradation de l'achalandage... »
Le contrat pour les deux premières phases du boulevard René-Lévesque est estimé à 18,7 M$. La Ville travaille en ce moment à conclure les négociations avec les promoteurs des terrains visés par la construction du boulevard.