Des écoles secondaires de la Commission scolaire de la Région-de-Sherbrooke (CSRS) pourraient être à l’étroit au cours des prochaines années. Il manquera environ 1000 places au secondaire d’ici 10 ans. —

Les écoles secondaires de la CSRS bientôt à l'étroit

Des écoles secondaires de la Commission scolaire de la Région-de-Sherbrooke (CSRS) pourraient être à l’étroit au cours des prochaines années. Il manquera environ 1000 places au secondaire d’ici les 10 prochaines années. La hausse des effectifs nécessitera aussi l’embauche d’enseignants.

Jusqu’ici, la hausse d’élèves s’était fait sentir au primaire. La CSRS a d’ailleurs connu plusieurs agrandissements d’écoles ces dernières années, sans compter de nouvelles constructions, soient l’école des Aventuriers, Boisé-Fabi et l’école C, qui doit accueillir ses premiers élèves à la rentrée.

Or, on ressent maintenant les impacts des mesures mises en place pour favoriser la natalité il y a quelques années par le gouvernement Charest, de sorte que ce sont ces jeunes qui arrivent au secondaire, explique Daniel Samson, directeur des ressources humaines à la CSRS.

À ce moment-ci, la CSRS n’est pas en mesure de dire combien d’enseignants seront nécessaires.

« On a mis sur la table l’espace qui serait restreint, mais l’école internationale du Phare reste une école qui peut accueillir encore des élèves », note M. Samson.

Les prévisions du primaire sont sur 5 ans, celles du secondaire sur 10 ans.

« Évidemment, c’est préoccupant, c’est un beau problème. C’est intéressant d’avoir plus d’emploi dans la région. C’est sûr que ça va créer plus de pression », note le président du Syndicat de l’enseignement de l’Estrie (SEE), Richard Bergevin. « Le Triolet déborde déjà de toute part. C’est physiquement difficile de faire l’organisation scolaire. »

Avec de telles prévisions, on peut penser que ce sont une cinquantaine d’enseignants dont la CSRS aurait besoin au secondaire. « La commission scolaire doit commencer à faire du recrutement », souligne-t-il.

Daniel Samson, directeur des ressources humaines à la CSRS

Si certains établissements privés risquent d’être plus à l’étroit avec la hausse des effectifs anticipés au secondaire, ils seront néanmoins en mesure d’absorber cette hausse, note le porte-parole de l’Association des écoles privées de l’Estrie (AEPE), Éric Faucher, également directeur du Collège Mont Notre-Dame. « Si on pense à l’ensemble des écoles privées, on peut facilement aborder cet accueil », souligne-t-il.

Pas de pénurie

Daniel Samson estime que la CSRS n’est pas en pénurie d’enseignants, même si sa difficulté à dénicher des suppléants a récemment fait les manchettes.

« On est chanceux à la CSRS, on est une commission scolaire urbaine, on n’a pas de problématique nécessairement aussi préoccupante que d’autres commissions scolaires en périphérie ou qui ont un très grand territoire », commente M. Samson.

Selon lui, les ressources qui sortent des facultés d’éducation sont stables. « D’un côté c’est demeuré stable, mais les mesures gouvernementales qui nous arrivent particulièrement depuis deux ans, ça crée de la pression sur l’embauche de nouvelles ressources. Ce n’est pas qu’on ne les a pas. En début d’année, nos finissants sont prêts, les gens à temps partiel sont à la recherche de contrat... ce qui fait qu’on a amplement de monde en début d’année pour répondre à nos besoins de contrat, même avec les nouvelles mesures. Le phénomène qui arrive, c’est qu’on demeure avec des difficultés de remplacement. Auparavant, on réussissait à tenir jusqu’à ce que les finissants arrivent en avril. Maintenant, on commence à être plus vulnérable en décembre. La bonne nouvelle, c’est que nos enseignants travaillent. On ne peut plus se permettre d’avoir des enseignants qui ont des tâches à 30 % ou 40 %. » Mais de là à parler de pénurie, il y a un pas, croit M. Samson. « Je trouve ça gros (de parler de pénurie). Il y a une conjoncture qui fait que l’on doit s’organiser autrement. »

M. Bergevin perçoit quant à lui des difficultés en matière de suppléance à Sherbrooke. « En général, ils réussissent à se tirer d’affaire. C’est rare que les contrats qu’ils offrent ne trouvent pas preneurs. »

N’empêche qu’à ses yeux, la situation commence à être délicate. « La CSRS doit y voir rapidement. » « C’est déjà arrivé que des employés de services de garde se retrouvent dans des classes parce qu’il n’y avait pas de suppléant. Ce n’est pas la meilleure situation, même si les gens du service de garde font ce qu’ils peuvent... »

« Le réinvestissement, il faut qu’il continue. Au lieu d’avoir un cycle d’un an, si on avait un cycle de deux ou trois ans, ça nous permettrait de mieux planifier », commente également M. Samson.

Rappelons que Québec a annoncé cette semaine dans le budget provincial l’ajout de ressources dans le milieu scolaire.