Les écoles réclament plus d'ergothérapeutes

Des ergothérapeutes et des professeures dans ce domaine demandent à Québec d'inclure l'ergothérapie dans son « plancher de services » professionnels offerts aux élèves.
Elles reviennent aussi à la charge afin que la Commission scolaire de la Région-de-Sherbrooke (CSRS) crée un poste d'ergothérapeute en milieu scolaire. Une rencontre est d'ailleurs prévue prochainement avec la direction de la CSRS, au cours de laquelle une pétition de plus de 500 noms sera remise.
Avec l'ajout de ressources en milieu scolaire annoncé par le ministre de l'Éducation Sébastien Proulx, les professeures et chercheuses y voient une bonne occasion pour ajouter des ressources en ergothérapie dans les écoles. Elles invitent le ministère de l'Éducation et de l'Enseignement supérieur (MEES) à inclure l'ergothérapie dans son plancher de services.
Certaines commissions scolaires dans la région de Montréal emploient de tels professionnels, mais leurs embauches demeurent rares dans ce milieu au Québec.
Une pratique courante ailleurs
« Aux États-Unis, c'est une pratique qui est très implantée. Ils ont une loi fédérale qui oblige à donner accès à des services professionnels, dont l'ergothérapie dans les écoles... » commente Emmanuelle Jasmin, professeure à l'Université de Sherbrooke et ergothérapeute.
Mme Jasmin est l'une des signataires de la lettre ouverte publiée dans La Tribune en page 15 et derrière le lancement de la pétition qui sera remise à la CSRS.
L'ajout de ressources en milieu scolaire permettra de bonifier les services offerts aux élèves, mais il serait « pertinent d'inclure certains services professionnels, comme l'ergothérapie, dans le ''plancher de services'' des écoles du Québec.
Ainsi, les élèves pourraient développer toutes les habiletés nécessaires pour réussir à l'école. Les inégalités interrégionales en termes de services professionnels, dont l'accès à l'ergothérapie en milieu scolaire, seraient également réduites », plaident les spécialistes, en soulignant que « ces services professionnels sont absents dans certaines régions », et ce, malgré les besoins des élèves.
La proportion d'ergothérapeutes qui travaillent en milieu scolaire est beaucoup plus faible au Québec qu'ailleurs au Canada, notamment en Alberta.
Rappelons que Québec a annoncé l'embauche de quelque 1500 professeurs, éducateurs spécialisés et autres professionnels en vue de la prochaine rentrée scolaire. L'ergothérapie en milieu scolaire permet d'améliorer les habiletés de tous les élèves, font également valoir les auteures de la lettre. « À la maternelle, l'ergothérapie est particulièrement efficace pour développer la motricité fine des élèves, une habileté qui prédit la réussite scolaire future. L'ergothérapeute peut aussi faciliter l'apprentissage de l'écriture manuelle, une compétence requise tout au long de la scolarisation », font-elles valoir.
Des services d'ergothérapie sont offerts dans des classes de maternelle depuis quatre ans en milieu défavorisé, par l'entremise de stages de l'École de réadaptation de l'Université de Sherbrooke.