Le début de la saison du motoneige était attendue à Sherbrooke.
Le début de la saison du motoneige était attendue à Sherbrooke.

Les droits de passage bientôt rétablis? [VIDÉO]

Tommy Brochu
Tommy Brochu
La Tribune
La bordée de neige qui est tombée sur l’Estrie au cours de la dernière fin de semaine était très attendue par les motoneigistes. Cependant, l’enthousiasme autour de la température est assombri par des droits de passage qui sont toujours coupés sur des terrains privés près des chemins Hamel et Laliberté.

Par contre, les négociations avancent entre les propriétaires de ces terrains, Michael Laroche et Mario Beauchesne, selon le vice-président au développement de sentiers au Club de motoneige Harfang de L’Estrie, Marc Lachance.

Actuellement, en plus des terrains sur les chemins Hamel et Laliberté, un passage est bloqué dans le secteur Katevale par un propriétaire qui appuie MM. Laroche et Beauchesne dans leurs démarches, explique Marc Lachance. Un autre propriétaire situé sur le chemin Bergeron, dans le vieux Rock Forest, restreint l’accès à son terrain, puisque sa maison est à vendre et qu’il ne veut pas amoindrir ses chances de se départir de sa propriété.

« Je suis toujours en contact avec les propriétaires, assure M. Lachance. On négocie tout le temps, on tente de trouver une entente. Ça avance. On espère en arriver à un compromis dans les prochaines semaines. Pour l’instant, c’est sûr que ça reste fermé », commente-t-il, disant mettre beaucoup d’efforts pour en arriver à un consensus. Des nouvelles sont attendues cette semaine.

Opinion

« Ils ne veulent pas nous prendre en otage, pense Marc Lachance. Je crois qu’ils voient qu’il n’y aura probablement pas de changement du côté de la Ville. Je pense que tranquillement, leur opinion change un peu », dit-il, rappelant que les motoneigistes en provenance de Magog et de Bromont ne peuvent pas traverser Sherbrooke. « Personne ne peut passer de Magog pour venir vers Sherbrooke, Valcourt et Mégantic », renchérit-il.

D’autres sentiers seront cependant ouverts au cours des prochains jours. « Le sentier près de l’autoroute vers Saint-Élie et celui de Brompton près des roulottes, ils sont prêts, mais fermés. J’attends l’inspection de l’ingénieur du ministère du Transport pour avoir l’autorisation de circuler. Ça devrait être fait en début de semaine », affirme Marc Lachance, ajoutant que la situation est semblable pour la route 143 à Windsor.

Rappelons que les promoteurs Mario Beauchesne et Michael Laroche refusent le passage sur leurs terrains, puisque la Ville de Sherbrooke ne veut pas accéder à leur demande de changement de zonage. Ils souhaitaient retrouver des usages qui leur étaient permis sur leur terrain avant la révision du règlement de zonage pour l’ensemble de la ville. Lorsqu’ils ont acheté, certains types de commerce leur étaient permis.

Le maire Steve Lussier, lui, souhaite que les propriétaires redonnent l’accès aux motoneigistes. « Je pense qu’on en a besoin pour l’économie de la région. Je suis moi-même un amateur [de motoneige], donc je suis bien placé pour en parler. Je souhaite que tout le monde puisse s’entendre », exprime-t-il.

« On ne peut pas [céder] sous la pression, sinon il va falloir que je le fasse avec tout le monde toutes les fois qu’il va y avoir de la pression », continue M. Lussier.

La Tribune n’a pas réussi à joindre Michael Laroche et Mario Beauchesne, dimanche.

Même si les motoneigistes pouvaient pratiquer leur loisir préféré pour la première fois de la saison, la problématique entre les clubs de motoneige, la Ville et les propriétaires de terrains laisse un goût amer.

« Je déteste qu’on nous prenne en otage »

 Même si les conditions étaient belles, peu de motoneigistes se réjouissaient, dimanche après-midi, au débarcadère du Shell de Saint-Élie. Les droits de passage bloqués étaient sur toutes les lèvres. 

« Le propriétaire [du terrain], l’an dernier, nous a demandé de travailler sur le dossier du zonage, explique le président du club de motoneige Harfang de l’Estrie, Daniel Beaudette. On l’a amené au ministre des Transports, François Bonnardel, et au maire de Sherbrooke, Steve Lussier. Le propriétaire n’était pas satisfait des réponses. Pour l’instant, ils coupent les droits de passage et je déteste qu’on nous prenne en otage comme ça. »

« Les propriétaires ont le choix, poursuit-il. C’est à eux le terrain. Quand ils nous donnent un droit de passage, c’est apprécié. Mais se faire couper un droit de passage pour cette raison, j’ai un peu de misère avec ça. »

Sylvain Bouchard, un motoneigiste, considère que les conditions s’apparentent à celles d’un début de saison. « Il y a beaucoup de glace, exprime celui qui enfourche sa motoneige depuis une quinzaine d’années. C’est plate, car on a perdu beaucoup de droits de passage et on a vu de la fonte durant l’hiver. »

M. Bouchard se considère comme étant « au courant à moitié » de la situation, quand La Tribune a abordé avec lui le dossier des terrains sur le chemin Laliberté et Hamel. « On sait que c’est une histoire de zonage. Tout ce que je sais, c’est qu’on a perdu les droits de passage. Je suis obligé de partir de plus loin », déplore-t-il. 

Rencontré à Saint-Élie, Éric Lévesque, lui, réinstallait son engin dans sa remorque en début d’après-midi, dimanche, pour aller voir les sentiers de Bromptonville. « Les sentiers sont beaux, pas encore tapés, mais avec ce qui se passe avec la Ville, on a moins accès aux sentiers. On est allés à Coaticook samedi. Il manquait de neige, mais on avait accès à un bon sentier. Cette neige fait du bien », constate-t-il. 

« On ne peut pas passer nulle part, martèle pour sa part un Sherbrookois qui a préféré taire son identité. On paie des cartes de membres et on est bloqués partout. Il faut toujours faire du trailer à la place de partir avec nos motoneiges. La carte de membre coûte 340 $. On est lésés. [Le club] fait les efforts, mais les propriétaires de terrains ne veulent pas. On ne peut rien faire. On fait du trailer et on va dans d’autres municipalités », s’attriste celui qui avait bien hâte à cette « première » neige. Tommy Brochu