Le nombre de donneurs et d’organes transplantés a baissé en Estrie l’an dernier, selon le bilan annuel de l’organisme Transplant Québec.
Le nombre de donneurs et d’organes transplantés a baissé en Estrie l’an dernier, selon le bilan annuel de l’organisme Transplant Québec.

Les donneurs et les organes transplantés en baisse

Claude Plante
Claude Plante
La Tribune
La Presse canadienne
Le nombre de donneurs et d’organes transplantés a baissé en Estrie en 2019 par rapport à l’année précédente. C’est ce qui ressort du bilan annuel de l’organisme Transplant Québec pour la province publié jeudi matin.

En 2018, on avait prélevé 67 organes de 14 personnes en Estrie. L’an dernier, six donneurs avaient permis de transplanter 17 organes. Selon les données de Transplant Québec, on a prélevé sept reins, cinq foies, quatre poumons et un cœur.

Selon Louis Beaulieu, directeur général de Transplant Québec, plusieurs raisons peuvent expliquer cette diminution importante. «Il peut y avoir l’âge des donneurs qui peut entrer en jeux. Par exemple, en 2018, la moyenne d’âge était de 45 ans. L’an dernier, 56 ans», souligne-t-il.

«On peut donner des organes à tout âge, mais ça peut avoir une influence. Et puis, il peut y avoir eu moins de décès dans les hôpitaux. Leur rôle est de sauver des vies.»

En contrepartie, le nombre de personnes en attente a légèrement diminué, ajoute M. Beaulieu.  En 2018, on en comptait 31, soir deux de plus que l’an dernier. 

L’Estrie se hisse dans le peloton de tête des régions québécoises pour «le taux de référence» des dons d’organes en 2019.

Pour 100 000 habitants, il se situe à 15,9, ce qui place l’Estrie au deuxième rang derrière le Saguenay-Lac-Saint-Jean (20,2), rapporte Transplant Québec. Montréal arrive au troisième rang avec un taux de 15,6.

Ce taux est déterminé par le nombre de signalements faits par les équipes des hôpitaux qui détectent le potentiel de dons du corps d’une personne décédée, explique Louis Beaulieu. «Ensuite, il y a plusieurs facteurs à considérer, à savoir s’il sera possible de prélever les organes, comme le consentement de la personne et de sa famille, la compatibilité et le groupe sanguin. Ça ne se traduit pas toujours par des dons d’organes.»

«Plusieurs professionnels du monde de la santé ont été formés pour faire des références. Il faut encourager les gens à signer leur carte de don d’organe et d’en parler à leur famille.»   

Louis Beaulieu

Pour la première fois de son histoire, le nombre de donneurs potentiels qui ont été recommandés à l’organisme a excédé le total de 799 personnes en attente d’organes dans la province.

Le nombre de références de donneurs potentiels faites par les centres hospitaliers n’a cessé de croître au cours des récentes années; il a atteint 820 en 2019, près de 9 % de plus que l’année précédente et 112 % de plus qu’en 2010.

Des 820 références faites l’an dernier, 29 % ont pu être retenues (soit 239) et de celles-ci, trois sur quatre ont pu mener au don d’organes. Ainsi, 535 personnes ont pu recevoir des organes au Québec, à la fois de donneurs vivants ou décédés.

Le directeur général de Transplant Québec a observé en 2019 des références provenant de toutes les régions du Québec, ce qui lui semble très encourageant pour l’avenir du don d’organes. Il estime aussi que l’ajout de médecins spécialistes coordonnateurs en don et transplantation d’organes à la grandeur du territoire permettra de recommander plus de donneurs, mais aussi de transplanter plus de personnes.

En octobre dernier, la ministre de la Santé et des Services sociaux du Québec, Danielle McCann, a annoncé que le nombre de médecins spécialistes coordonnateurs serait augmenté de 10 à 32 afin qu’ils soient présents dans tous les établissements de santé et de services sociaux du Québec.

Une autre bonne nouvelle concerne le temps d’attente pour les greffes de reins et de poumons: il a considérablement diminué depuis 2012.

Les organes d’une personne décédée peuvent aider de multiples personnes: l’an dernier, 179 donneurs au Québec ont permis de transplanter 592 organes.

Transplant Québec précise que 46 % des donneurs étaient âgés de 50 à 70 ans; le plus âgé avait 92 ans.

L’organisme note que pour l’ensemble des références de donneurs potentiels refusés, le pourcentage lié aux refus de la famille a diminué de 3 %, passant de 38 % en 2018 à 35 % en 2019.

Transplant Québec, sur mandat de la ministre de la Santé et des Services sociaux, coordonne le processus de don d’organes dans la province.