Le coordonnateur aux mesures d’urgence de la Ville de Sherbrooke, Stéphane Simoneau, a dévoilé la liste des services considérés essentiels à la Ville.

Les deux tiers des employés municipaux retournés à la maison

La Ville de Sherbrooke a publié la liste de ses services essentiels, services qui sont maintenus en dépit du niveau d’alerte du plan pandémique. En conséquence, environ un tiers des employés continueront à travailler alors que les autres doivent demeurer disponibles à la maison.

Les citoyens peuvent se rendre au sherbrooke.ca/covid19 pour avoir les derniers détails concernant la pandémie. Parmi les services essentiels, notons notamment les services de police et des appels d’urgence, les services d’incendie, la collecte des matières résiduelles, la distribution de l’eau potable et le service de traitement des eaux usées. L’électricité, le transport en commun, le déneigement, les ressources informatiques, le service des communications et le soutien aux activités de la ViIle sont aussi essentiels.

En contrepartie, les écocentres seront fermés, comme le service de l’urbanisme. Les citoyens sont invités à garder chez eux ce qu’ils souhaitaient envoyer à l’écocentre jusqu’à la réouverture.

« La liste des services essentiels sera évolutive », affirme Stéphane Simoneau, coordonnateur aux mesures d’urgence à la Ville de Sherbrooke. « Nous nous collons sur les déclarations du premier ministre François Legault. Il faut comprendre que les activités essentielles incluent l’approvisionnement pour assurer la présence des services des autres divisions. Nous limiterons néanmoins l’approvisionnement aux secteurs essentiels. »

Autrement dit, les employés de l’entretien des équipements et des bâtiments, entre autres, demeurent essentiels pour soutenir les autres services.

« Nous nous assurerons d’avoir le moins de monde possible au travail. Nécessairement, la majorité des employés seront chez eux mercredi. C’est environ le tiers des employés qui œuvrent aux services essentiels. »

Les salaires seront maintenus pour ceux qui doivent retourner chez eux. Il n’est donc pas question de mises à pied pour le moment. « Nous suivons le principe de soutien financier à nos employés. Nous nous positionnerons plus tard à savoir si des mesures d’équité ou de compensation doivent être mises en place. » Il pourrait donc y avoir des ajustements, par exemple en matière de vacances.

Ces employés sont considérés comme étant au travail, si bien qu’ils pourraient être rappelés n’importe quand si le besoin se faisait sentir.

Parmi ceux qui continueront de travailler, certains devront continuer de se rendre dans les bâtiments municipaux. Il n’y aura donc pas de télétravail obligatoire pour tous. Le conseil municipal, lui, peut continuer à se réunir. Les élus ont la possibilité de participer aux réunions à distance.

Modules de jeux

En ce qui concerne les parcs, ils demeurent ouverts, mais les modules de jeux seront inaccessibles. « Ils étaient déjà fermés parce que c’était l’hiver, mais nous poserons des affiches pour les mesures associées à la COVID-19. Les modules ne seront pas enlevés ou recouverts. Nous faisons appel à la collaboration des citoyens. Nous ne fermons pas les parcs non plus, mais nous demandons aux gens de garder leurs distances les uns des autres. »

Les chantiers du Quartier Well Sud et de la démolition des bâtiments sur la rue Galt Ouest ont par ailleurs été suspendus et sécurisés. Des chantiers qui devaient commencer cette semaine seront aussi repoussés d’au moins trois semaines, mais il est trop tôt pour évaluer l’impact de ce retard sur l’ensemble des travaux planifiés cette année. Tout dépendra de la durée de l’isolement collectif.

Le concours d’architecture pour la construction du lieu de diffusion destiné à un public jeunesse est quant à lui prolongé. La date limite pour le dépôt de candidatures sera repoussée elle aussi de quelques semaines en fonction des directives du gouvernement provincial.

Stéphane Simoneau, qui déplorait le manque de communication avec les municipalités et le manque de lignes directrices claires, n’a pas obtenu de suivi de la part du gouvernement de François Legault depuis lundi.

La Ville maintient son mode alerte. Le prochain mode serait celui de la mobilisation. Si elle en venait là, le plan de contingence toucherait même les services essentiels.

La Ville généralise graduellement le télétravail

 Plusieurs jours après les premières demandes de son syndicat des fonctionnaires municipaux, la Ville de Sherbrooke a accéléré mardi le passage de ses employés vers le télétravail. Le conseiller syndical Gaétan Desnoyers estime que la Ville a tardé avant de prendre sa décision, mais se dit heureux pour ses membres. 

Plusieurs élus ont déploré dans les derniers jours que les employés municipaux se rendent encore au travail malgré les directives de distanciation sociale du gouvernement québécois. La dernière en date, Évelyne Beaudin, avait acheminé un communiqué mardi après-midi.

« En étant aussi employée à l’Université de Sherbrooke, j’ai vu comment ça s’est passé là-bas. Ils ont réagi rapidement. Le vendredi, l’Université fermait et le lundi elle était déjà engagée dans la voie du télétravail. Lundi, il n’y avait encore que 60 employés en télétravail. Ça m’apparaît trop peu alors qu’on se doit d’être en distanciation sociale. La première question qu’on aurait dû se poser, au début de la pandémie, c’était comment nous assurer que les employés puissent travailler de la maison. »

Elle souhaite aussi que des mesures semblables s’appliquent aux conseils municipaux. Elle était néanmoins présente à la séance extraordinaire du conseil, mardi midi, justement parce qu’elle espérait pouvoir livrer son message directement. Je souhaitais qu’on accélère. »

En fin de journée, seuls les employés qui ne peuvent travailler de la maison avaient encore la consigne de se présenter au travail. 

« Le télétravail est implanté graduellement et il est exigé pour l’ensemble des membres du personnel exerçant des tâches qui le permettent », peut-on lire dans un courriel envoyé aux employés par le directeur général Daniel Picard.

« La directive est tombée [mardi] soir d’une tentative de déploiement plus large du télétravail. Ça faisait deux semaines qu’on le demandait, mais ça n’avait pas l’air d’être une priorité. Maintenant, tout se retrouve dans les mains des techniciens en informatique pour installer les VPN. Toute initiative pour répondre à ce que le gouvernement nous dit est saluée. Il n’y avait pas d’ADN de télétravail à la Ville de Sherbrooke. Ils ont peur que les employés soient dérangés chez eux et qu’ils ne fassent pas le travail à 100 %. »  Jonathan Custeau