La ministre déléguée à l'Éducation et responsable de la Condition féminine Isabelle Charest
La ministre déléguée à l'Éducation et responsable de la Condition féminine Isabelle Charest

Les députés financeront de façon plus importante les groupes communautaires

Caroline Plante
La Presse Canadienne
Où ira l’argent? Les députés ont appris cette semaine qu’ils recevront des milliers de dollars de plus pour aider les organismes communautaires de leurs circonscriptions dans le contexte de la COVID-19. La ministre Isabelle Charest a annoncé qu’elle doublait l’enveloppe du Soutien à l’action bénévole, pour un total de 20,4 millions $.

L’enveloppe sera répartie entre les 125 députés, en fonction de l’indice de défavorisation de chacune des circonscriptions, et chaque élu décidera comment il distribuera le montant reçu selon les groupes ou actions auxquels il veut donner priorité. Un député reçoit en moyenne 83 000 $ et son enveloppe bondira donc à 166 000 $.

«Moi, je compte beaucoup sur les députés des quatre partis, qui font un travail extraordinaire, a déclaré le premier ministre François Legault lors de sa conférence de presse de mercredi. Si on a échappé quelqu’un qui est vulnérable, [...] le député va s’assurer d’aller bien financer les organismes [qui peuvent l’aider].»

Éric Lefebvre, Coalition avenir Québec, Arthabaska

Le whip de la CAQ n’a pas hésité une seconde: il viendra en aide aux trois banques alimentaires de sa circonscription du Centre-du-Québec. «Le gros gros avantage du Soutien à l’action bénévole, c’est que ça nous permet de faire une intervention rapide», dit-il au bout du fil. Déjà, il leur a procuré des bons d’achats dans cinq épiceries, cinq boucheries et deux boulangeries différentes. «Ça permet également d’aller directement soutenir nos petits entrepreneurs qui en ont bien besoin présentement. Ce sont des sommes d’argent importantes. Je pense qu’on réussit à faire une pierre deux coups, comme on dit.»

Pierre Arcand, Parti libéral du Québec, Mont-Royal-Outremont

Oui, il y a des besoins dans Outremont, assure le chef de l’opposition officielle, qui dispose en temps normal d’environ 57 000 $ pour aider les groupes communautaires. Avec les sommes additionnelles, il compte venir en aide au Service d’interprète d’aide et de référence aux immigrants (SIARI), qui oeuvre dans 14 langues. «Ils sont les premiers en contact avec plusieurs communautés qui viennent d’arriver au Québec. Ces gens-là ont des problèmes de logement, n’ont pas beaucoup d’argent en général. Eux font vraiment un travail extrêmement valable pour guider ces gens-là, et c’est sûr que je veux les appuyer de façon très forte.»

M. Arcand avise cependant les députés de sa formation politique de ne pas tout dépenser tout de suite. «Ça ne sera pas réglé à la fin avril, cette affaire-là, prévient-il. On va le dépenser de façon quand même rigoureuse, parce que je pense que les besoins vont continuer d’être importants en cours d’année.»

Alexandre Leduc, Québec solidaire, Hochelaga-Maisonneuve

À l’opposé, M. Leduc, qui représente un comté défavorisé, préfère une aide massive rapidement. En temps normal, il peut distribuer aux groupes communautaires jusqu’à 82 000 $ par année. «Je pense qu’on va dépenser un bon montant rapidement», dit-il. Sa priorité: s’assurer que ses concitoyens ne souffrent pas de la faim. «Il y a des groupes qui accueillent des personnes en situation d’itinérance. On comprend que leurs besoins ont augmenté plus que jamais. Eux autres aussi, ils ont des besoins alimentaires, ils offrent un souper, une collation, il faut qu’ils la prennent à quelque part. Il y a moins de dons maintenant dans les banques alimentaires, donc ils vont devoir acheter de la nourriture.»

Selon lui, la crise de la COVID-19 «souligne à grands traits toute l’utilité fondamentale du réseau communautaire». «Je pense que tout le monde comprend qu’un réseau communautaire à la grandeur du Québec, et à Montréal en particulier, est essentiel pour le bien-être d’une population», a-t-il déclaré.

Lorraine Richard, Parti québécois, Duplessis

À moyen et à long terme, ces sommes seront «nettement insuffisantes», constate la députée Richard, qui représente l’une des plus grandes circonscriptions du Québec. La saison de pêche est en péril, les entreprises ferment leurs portes. «Déjà, la situation sur la Côte-Nord n’était pas évidente. Après avoir eu un boom minier, on a pu voir au cours de la dernière année que c’était extrêmement difficile. On a beaucoup de petits villages aussi le long de la côte qui sont dévitalisés, donc les demandes vont aller en augmentant au niveau de l’aide pour ces populations», affirme-t-elle. Mme Richard consacrera, elle aussi, une bonne partie de son enveloppe discrétionnaire, qui est habituellement de 70 000 $, à l’aide alimentaire dans son comté.