La Ville interdit actuellement la circulation des cyclistes sur les trottoirs et évalue à 2500 $ du kilomètre la signalisation qui devrait être changée si ce règlement était modifié.

Les cyclistes resteront interdits sur les trottoirs

La Ville de Sherbrooke maintiendra vraisemblablement son règlement interdisant la circulation des cyclistes sur les trottoirs, mais montre une ouverture à un assouplissement. C’est que le règlement municipal est actuellement plus sévère que le Code de la sécurité routière et exige que les cyclistes descendent de leur vélo pour emprunter les trottoirs.

La présidente du comité de la sécurité publique, Danielle Berthold, rapporte avoir reçu une demande pour étudier la possibilité d’une cohabitation entre cyclistes et piétons sur les trottoirs.

« Nous savons déjà que le cycliste ne peut circuler sur un trottoir à moins de nécessité ou si la signalisation le permet. Il doit alors circuler à une vitesse raisonnable et prudente et accorder la priorité aux piétons. Si on avait à changer ce règlement, parce que le comité recommande le statu quo, ça coûterait des sous pour changer la signalisation, mais ce serait aussi difficile pour la sécurité de l’un et de l’autre. »

Dans le sommaire décisionnel présenté lundi, on rapporte que la vitesse de marche et celle sur deux roues sont bien différentes. Non seulement une personne à vélo peut-elle frapper un piéton, mais elle s’expose aussi à une collision avec un automobiliste qui sort d’une entrée charretière et qui n’aurait pas anticipé sa présence sur le trottoir.

« On évalue à 2500 $ du kilomètre la signalisation qui devrait être changée si le règlement était modifié. La Ville de Sherbrooke a 220 km de trottoirs et 157 km de réseau cyclable. Ce serait une dépense, mais avant tout, ce serait la sécurité qui serait compromise. Je pense qu’on s’en vient bien avec le transport actif, même qu’il arrive qu’on se fasse reprocher qu’on pense plus aux cyclistes qu’aux piétons », ajoute Mme Berthold.

La Ville continuera par ailleurs de mettre en place des aménagements cyclopédestres dans endroits contraignants, sur les ponts ou aux intersections par exemple.

Évelyne Beaudin rapporte être elle-même une cycliste. « Il arrive souvent qu’on doive circuler sur les trottoirs. Quand on se sent en danger dans la rue, on peut aller sur le trottoir. J’aimerais qu’on se dise collectivement que chaque fois qu’on voit un cycliste sur un trottoir, c’est qu’il ne se sent pas confortable de circuler dans la rue et qu’on pense à un réaménagement. »

La conseillère voit d’un bon œil la décision du conseil puisqu’elle signifie qu’il y a une volonté de continuer à investir dans des infrastructures consacrées aux cyclistes.

Marc Denault croit lui aussi que la meilleure solution sera d’investir. « Lors du prochain budget, il faudra s’assurer que nous avons des sommes qui répondent à ces besoins. Le gouvernement du Québec tarde aussi à nous donner du support financier. »

Enfin, Annie Godbout rapporte que ce dossier met en lumière un problème dans la séquence des travaux à réaliser pour la construction de pistes cyclables. « Quand je regarde les jeunes qui veulent aller à l’école à vélo, entre autres sur le plateau Marquette, au coin Belvédère et King, c’est la catastrophe. Ce secteur devrait être extrêmement prioritaire. Changer les habitudes de déplacement des personnes de notre âge, ce sera difficile, mais les jeunes, c’est avec eux qu’il faut travailler. C’est comme ça qu’on va enclencher un réel changement dans la communauté. »

Les élus n’ont finalement pas adopté de résolution sur le sujet lundi, reportant le dossier à une séance future du conseil municipal.