Thérèse Casgrain

Les conservateurs critiqués pour le retrait du Prix Thérèse-Casgrain

Le retrait du Prix Thérèse-Casgrain s'inscrit dans la lignée de plusieurs actions conservatrices qui dénigrent le mouvement féministe, estime le Nouveau Parti démocratique (NPD). Les libéraux soutiennent pour leur part qu'il s'agit d'un «manque de respect flagrant» envers son héritage.
La présidente du caucus des femmes de la formation politique, Mylène Freeman, s'est dite «profondément désolée», hier, de voir les troupes de Stephen Harper «reléguer aux oubliettes» l'héritage de la féministe Thérèse Casgrain.
«Il y a vraiment plusieurs choses, sur le côté féministe, qui pourraient être mieux faites», a laissé tomber la députée d'Argenteuil-Papineau-Mirabel.
Le libéral Stéphane Dion a quant à lui dénoncé la «dissimulation» et la «manipulation» derrière le geste qui a été posé par le gouvernement.
Il estime que cela témoigne d'un «manque de respect flagrant» envers ce que représentait Thérèse Casgrain, mais également d'une autre tentative conservatrice de réécrire l'histoire canadienne.
«Le gouvernement veut définir l'histoire à sa façon. Continuellement, il met l'accent sur certains aspects qui tournent toujours à peu près sur les mêmes thèmes : les thèmes militaires et la monarchie», a exposé le député de Saint-Laurent-Cartierville en entrevue téléphonique.
Le Prix Thérèse-Casgrain du bénévolat, créé en 1982 par le gouvernement libéral de Pierre Elliott Trudeau, a honoré des militants canadiens comme June Callwood jusqu'à ce qu'il soit aboli - sans que cela soit annoncé - par le gouvernement Harper en 2010.
Le gouvernement conservateur s'est défendu hier d'avoir voulu minimiser l'importance qu'a eue la féministe et militante dans l'évolution de la société canadienne et québécoise.
«Les Prix du premier ministre pour le bénévolat (PPMB) ont été créés pour donner à ces prix une vocation complètement nationale - ceci n'est pas pour diminuer l'apport de Thérèse Casgrain à la cause du bénévolat, bien au contraire», a écrit dans un courriel Alexandra Fortier, du cabinet du ministre de l'Emploi et du Développement social, Jason Kenney.
L'attaché de presse du premier ministre canadien, Carl Vallée, a également qualifié hier dans un courriel les accusations de l'opposition de «ridicules».