Les cols bleus veulent syndiquer les travailleurs étudiants

Les cols bleus de Sherbrooke cherchent à syndiquer les employés étudiants. Une requête en accréditation au Tribunal administratif du travail a été déposée le 18 juillet pour que le personnel étudiant soit intégré à la convention collective des cols bleus.

Si la demande était acceptée, ce sont environ 80 employés étudiants qui seraient touchés. Ceux-ci sont affectés à des tâches comme l’entretien des parcs ou l’horticulture.

Dans un communiqué acheminé en matinée mardi, le Syndicat canadien de la fonction publique cite une décision de la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse rendu en 2017 dans le dossier de l’ABI. « Elle affirmait que le fait d’offrir un salaire différent pour effectuer des tâches similaires uniquement en raison du statut d’étudiant était discriminatoire », lit-on dans le communiqué. On y qualifie également les emplois étudiants de « sous-payés ». 

Le conseiller au service de l’organisation SCFP, Mathieu Dumont, avance que la demande des cols bleus est loin d’être farfelue. « Le SCFP représente 80 % des cols bleus du Québec. Sherbrooke est l’exception où les étudiants sont exclus de l’accréditation syndicale. De ma compréhension, lors des fusions municipales, la plupart des petites villes n’employaient pas d’étudiants. À Sherbrooke, ça se faisait sous la forme de stage. La notion de salariat est relativement récente. Donc les quatre grands syndicats se sont constitués sans inclure les étudiants. »

M. Dumont précise que le salaire dépend de la tâche attribuée à l’étudiant. « Un compagnon en mécanique ne touchera pas le même salaire que le mécanicien, mais un pourcentage de ce salaire en fonction du travail qu’il fait. »

Convoqués le 23 août

La demande vise aussi une reconnaissance de l’ancienneté des travailleurs étudiants, qui pourraient bénéficier d’une augmentation salariale pour un deuxième ou un troisième été à l’emploi de la Ville.

Le syndicat et la Ville ont été convoqués au Tribunal administratif du travail le 23 août. La Ville a toutefois jusqu’au 28 juillet pour décider si elle conteste la requête en accréditation.

« À la suite de la décision concernant ABI en 2017, même si les étudiants n’étaient pas syndiqués, un employeur vigilant aurait pu ajuster ses salaires. »

Si le syndicat avait gain de cause, il serait difficile d’appliquer les nouvelles clauses dès cette année, puisque les étudiants travaillent principalement de mai à septembre. « Nous verrions toutefois à instaurer une échelle salariale pour l’an prochain. »

La requête des cols bleus intervient cet été parce que leur convention collective vient à échéance le 31 décembre. De nouveaux employés peuvent être intégrés à la convention environ six mois avant la fin d’un contrat de travail.

Le taux horaire du personnel étudiant non syndiqué varie de 13,25 $ pour les emplois non spécialisés à 15,91 $ pour les emplois spécialisés nécessitant une formation universitaire.

La Ville de Sherbrooke n’a pas encore décidé si elle contestera la demande des cols bleus. 

Mathieu Dumont, conseiller au service de l’organisation SCFP, rapporte que les travailleurs étudiants de la plupart des villes sont déjà syndiqués.