Rassemblés dès 9 h dans le stationnement du Cinéma Galaxy en protestation face au projet de loi 17, les dizaines de chauffeurs de Taxis de Sherbrooke ont ensuite pris la direction du bureau de la députée de la CAQ Geneviève Hébert pour se faire entendre.

Les chauffeurs de taxi claironnent

Cris et coups de klaxon ont retenti dans les rues de Sherbrooke mercredi avant-midi alors que les chauffeurs de Taxis de Sherbrooke participaient à la grève rotative qui s’est enclenchée la veille un peu partout au Québec.

Rassemblés dès 9 h dans le stationnement du Cinéma Galaxy en protestation face au projet de loi 17, les dizaines de chauffeurs de Taxis de Sherbrooke ont ensuite pris la direction du bureau de la députée de la CAQ Geneviève Hébert pour se faire entendre. Ils ont repris du service à 11 h. Les transports essentiels ont été maintenus durant l’avant-midi.

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« On veut démontrer à la population que le gouvernement est en train de détruire complètement l’industrie du taxi, explique le président de Taxis de Sherbrooke, Miodrag Doslo. Tous nos chauffeurs sont bien formés et très bien encadrés. On enlève tout ça et on laisse tout le monde faire du taxi. Ça va être dangereux et pas très sécuritaire. »

Les grévistes réclament le retrait du projet de loi 17 qui entrera en vigueur en 2020. Celui-ci prévoit le rachat par le gouvernement du Québec des permis accordés à l’industrie au fil des décennies. Les autorités gouvernementales planifient verser environ 800 millions $ aux propriétaires des permis. Or, ces derniers souhaiteraient obtenir une somme totale de 1,3 milliard $.

Le permis de classe 4-C est obligatoire pour le moment pour conduire un taxi. Il assure que les chauffeurs ont passé un examen théorique, un examen médical, un examen de la vue et que leurs antécédents judiciaires ont été vérifiés. Le projet de loi 17 prévoit l’abolition du permis de taxi. C’est donc dire que le permis de conduire de classe 5, celui que possèdent tous les conducteurs automobiles, sera suffisant.

L’inquiétude était bien évidemment présente chez les chauffeurs de taxi mercredi matin.

« Ça me fait peur, admet Linda Fortin. On est 84 taxis à Sherbrooke et on travaille déjà à du 10-12 $ de l’heure. S’il y a plus de taxis qui viennent à Sherbrooke, on s’entend qu’on va faire du 5 à 6 $ de l’heure et je ne suis pas certain que je vais être capable d’endurer ça.

Coaticook également en grève

L’entreprise Taxi 300 de Coaticook a débrayé en début d’après-midi mercredi. Le projet de loi 17 pourrait avoir des conséquences désastreuses dans un petit marché comme Coaticook selon le président de l’entreprise, Raynald Drolet.

« On a l’exclusivité du territoire, explique-t-il. On fait un effort pour offrir un service sur plusieurs plages même celles qui ne sont pas intéressantes pour la rentabilité. Si demain matin il y a plusieurs taxis qui s’ajoutent, ça va nous faire mal et il risque d’avoir trop d’offres pour les périodes intéressantes et pas assez pour les périodes creuses. Je déplore que le projet de loi semble avoir été pensé sur mesure pour Montréal, mais personne ne s’est posé la question pour les régions. »

Grève générale à l’horizon

Pour l’instant, les chauffeurs n’ont respecté que deux heures de grève. Les arrêts de travail rotatifs devraient se poursuivent, mais la grève générale est une possibilité.

« C’est un moyen de pression qui commence, indique Serge Lebreux, porte-parole de l’Association des taxis des régions du Québec. On n’a pas la prétention de faire bouger le ministre Bonnardel avec les grèves rotatives. C’est d’assurer une présence sur le terrain et de lui faire signe qu’on est prêt à bouger s’il faut hausser le degré d’intensité des moyens de pression. »

« On sait très bien quand ce n’est pas entre 9 h et 11 h qu’on va faire le plus mal à notre clientèle, ajoute-t-il. C’est pour ça qu’on a choisi cette plage-là, pour que ça commence tranquillement et qu’on se donne un élan avec ça. La table est mise. On va s’adapter par rapport à l’attitude du gouvernement ».

En plus de Sherbrooke et Coaticook, des taxis de Rivière-du-Loup, Granby, La Baie, Rimouski, Saint-Jérôme, Sainte-Anne-des-Monts, Farnham, Saint-Hyacinthe, Saint-Jean-sur-Richelieu, Terrebonne, Sainte-Agathe, Saint-Eustache et Joliette ont poursuivi la grève rotative.