Vice-président du syndicat des chauffeurs de la STS, André Marsan propose que les autobus arrêtent simplement au coin des rues King Ouest et Wellington pour une plus grande efficacité et une plus grande fluidité au lieu de s’immobiliser de longues minutes au terminus de la station du Dépôt.

Les chauffeurs de la STS veulent en finir avec la station du Dépôt

SHERBROOKE — Les chauffeurs de la Société de transport de Sherbrooke (STS) en ont assez de faire un arrêt à la station du Dépôt, au centre-ville. André Marsan, vice-président du syndicat des chauffeurs, propose plutôt un arrêt pur et simple au coin des rues King Ouest et Wellington pour une plus grande efficacité et une plus grande fluidité.

« La station du Dépôt fait partie des quatre terminus que la STS possède. Il y en a deux qui sont à 1,5 km l’un de l’autre, soit celle du Cégep et celle du Dépôt. Ce qu’on demande à la Ville et à la STS, c’est d’envisager que ce ne soit plus un terminus pour les autobus de la Ville de Sherbrooke, soit que les autobus puissent faire un simple arrêt au coin de King et de Wellington », dit M. Marsan.

Le vice-président du syndicat des chauffeurs plaide aussi une économie d’argent. « Il y a une dépense d’argent inutile pour nous. Sortir les autobus de la station du Dépôt, c’est l’équivalent de 12 heures par jour de temps mort, non productif, qu’on pourrait réinvestir dans le réseau pour augmenter des fréquences et une fluidité du transport en commun. Le transport en commun est fluide quand il fait le plus possible des lignes droites.

André Marsan

« La station du Dépôt appartient à la STS. C’est elle qui paie l’entretien et la réparation. La barrière qui la sépare de la rue du Dépôt brise presque quotidiennement. Le déneigement est aussi aux frais de la STS. La salle de bain est dans un état insalubre. En plus d’économiser cet argent, on permettrait à Limocar d’assurer une plus grande sécurité et un meilleur accueil pour ses clients. En plus c’est un endroit sombre, pas très joli, où il est arrivé des agressions qui sont passées inaperçues. Ce que je demande, c’est de sortir de là. » 

M. Marsan estime qu’entre 2000 et 5000 personnes transitent tous les jours par la station du Dépôt alors qu’une douzaine de trajets d’autobus y font une halte. On compte aussi huit quais d’embarquement, pour 530 autobus de la STS et 32 de Promenades de l’Estrie qui s’y arrêtent quotidiennement.

André Marsan s’interroge aussi sur la signalisation. « On a une signalisation qui interdit à tout autre véhicule de traverser la station. On doit dénombrer entre 15 et 30 voitures par jour, camions de livraison ou taxis, qui passent chaque jour. C’est dangereux. On s’explique mal pourquoi la signalisation n’est pas respectée. On demanderait à la Ville de vérifier si la signalisation est adéquate. 

La présidente du conseil, Nicole Bergeron, a indiqué que dans la vision du futur de la Ville, il était justement question de sortir les autobus de la station du Dépôt.

Le président de la STS, Marc Denault, a été un peu plus prudent. « Il faut revoir ces infrastructures avec le comité de revitalisation du centre-ville, la STS, Commerce Sherbrooke et le Centre de mobilité durable. Il faut faire le bon choix, parce que nous devrons vivre avec pendant plusieurs décennies. Nous entendrons les gens du secteur, les citoyens et les employés de la STS. C’est un projet de plusieurs générations. On va s’assurer de faire le bon. »

Trop de feux rouges pour les chauffeurs de la STS

Les chauffeurs de la Société de transport de Sherbrooke (STS) souhaitent être consultés pour permettre une meilleure synchronisation des feux de circulation à Sherbrooke. Le président du syndicat des chauffeurs, Jean-Pierre Guay, admet que les chauffeurs roulent trop vite par manque de temps sur les circuits.

« Nous avons entendu que la Ville veut revoir son système de feux de circulation. Nous pensons qu’il y a du travail à faire de ce côté-là. En étant sur la route continuellement, nous avons l’impression sur certaines rues d’être toujours arrêtés. La semaine dernière, j’ai fait une compilation sur un quart de huit heures et demie et j’ai été arrêté 90 fois à des lumières rouges, à part des arrêts au coin des rues. En moyenne, c’est entre 40 secondes et une minute quinze. Donc c’est à peu près une heure et quart que j’ai perdue dans mon quart à moi », illustre M. Guay.

Jean-Pierre Guay estime que les chauffeurs d’autobus roulent trop vite parce que les circuits sont mal conçus.

L’homme ne plaide pas pour une élimination des feux de circulation, mais pour une amélioration. « Avec un petit comité, nous pourrions identifier où sont nos problèmes à nous dans le transport urbain. On ne vous oblige pas, mais on vous l’offre. Par exemple, quand on sort de la station du Dépôt pour aller au Cégep, il y a cinq lumières et on attrape souvent des rouges. Juste ça, c’est environ neuf minutes que ça nous prend pour monter là. Il n’y a pas de synchronisation pour nous autres. »

M. Guay estime que le transport urbain doit faire du rattrapage à Sherbrooke. « Nous avons seulement deux voies réservées. Une est plus ou moins nécessaire, sur le campus de l’université. L’autre est sur la King, pour accéder à la rue du Dépôt. De la rue Wellington jusqu’à mi-chemin de cette voie, ce sont des stationnements, et pour l’autre moitié, il y a toujours un autobus de Limocar ou un camion stationné en attente. 

« Bien des fois, on doit rouler à 60 ou 70 km/h, parce que les circuits sont prévus tellement serrés que tu es toujours dans le bouillon. Le chauffeur voit ça, sait qu’il n’est pas à l’heure et qu’il aura des réprimandes de ses clients. Il est obligé de rouler plus vite. Tu ne donnes pas une bonne expérience client. Tu brasses les gens. Pourquoi on roule vite? Parce que les circuits sont bâtis trop serré. Ce n’est pas qu’à Sherbrooke. C’est pareil partout au Québec. »

Le président de la STS, Marc Denault, rapporte que la Ville travaille sur la possibilité d’installer des feux prioritaires pour le transport en commun à certaines intersections.