Les centres de femmes de l'Estrie ont enterré symboliquement, mercredi à Sherbrooke, des milliers de victimes des mesures d'austérité du gouvernement libéral. « Remplacez l'envoi de fleurs par un don à la ''Fondation Vide tes poches, remplis les miennes'', présidé par l'austère Philippe Couillard. Ces dons permettront le financement de Bombardier », pouvait-on lire dans leur avis de décès.

Les Centres de femmes de l'Estrie victimes de l'austérité

Une trentaine de femmes représentant huit centres de femmes du territoire du CIUSSS de l'Estrie-CHUS ont manifesté, mercredi à Sherbrooke, contre les mesures d'austérité qui les affectent lourdement depuis plus de trois ans.
Par une courte marche et des funérailles symboliques « de toutes les femmes de l'Estrie décédées dans la solitude la plus totale », elles ont voulu démontrer que les compressions dans les services publics et les organismes communautaires ont eu des impacts importants sur leur clientèle et sur leurs travailleuses.
« Nos centres travaillent avec les femmes à la base. Elles viennent pour avoir des services et on voit leur épuisement augmenter », explique Marilyn Ouellet, représentante régionale des centres de femmes pour la région de l'Estrie et travailleuse au Centre des femmes La Passerelle du Haut-Saint-François.
« Elles viennent chez nous pour faire des appels parce qu'elles doivent couper leur ligne téléphonique, les demandes d'aide de paniers alimentaires sont en augmentation fulgurante et il n'y a à peu près pas une femme qui vient dans nos centres sans qu'on doive la référer à un organisme de cuisine collective ou d'aide alimentaire, défile-t-elle. Ce qu'on constate, c'est qu'il y a une précarisation incroyable des femmes en Estrie comme partout au Québec. »
Cela découle des mesures d'austérité du gouvernement libéral de Philippe Couillard et même avant, précise Mme Ouellet.
« Ça fait plusieurs années qu'on peut le constater, ne serait-ce que par l'absence d'augmentation du financement qui est une des revendications des centres de femmes. On a cette année une indexation de 0,7 pour cent qui ne couvre même pas les besoins de base qu'est l'augmentation de l'électricité. Et on ne parle bien sûr pas d'augmentations salariales pour les travailleuses des centres. Ça nous précarise davantage parce qu'on n'arrive pas à répondre aux besoins, alors que les demandes augmentent constamment. »
Car en coupant dans les services publics comme les centres de santé et de services sociaux, les centres de la petite enfance et les écoles, l'État a aboli de bons emplois et contraint de nombreuses femmes à se tourner vers le filet social pour compenser, constate sa consoeur Sophia Cotton, coordonnatrice du Centre de femmes Entr'elles à Granby.
Semblables manifestations ont eu lieu à travers tout le Québec en cette semaine nationale d'actions des centres de femmes contre l'austérité.
Les organisatrices réclament un vrai réinvestissement dans les services publics, une reconnaissance de leur travail ainsi qu'un canal de discussion avec les ministres du gouvernement Couillard.