Les quatre candidats de la course au rectorat de l'Université de Sherbrooke : Bruno-Marie Béchard Marinier, Pierre Cossette, Sébastien Lebel-Grenier et Alain Webster.

Les candidats au rectorat invités à se présenter

Pour la première fois depuis le début de la course, les quatre candidats au rectorat de l'Université de Sherbrooke ont pris part à un événement public, jeudi midi, à l'invitation de l'assemblée facultaire de la faculté de médecine et des sciences de la santé (FMSS).
Les quatre candidats, Pierre Cossette, Bruno-Marie Béchard Marinier, Sébastien Lebel-Grenier et Alain Webster ont été invités à faire une présentation à tour de rôle. Ils étaient ensuite invités à répondre aux questions du public.
En expliquant pourquoi il s'est lancé dans cette course, le vice-recteur au développement durable, Alain Webster, a fait valoir qu'on ne parle pas suffisamment d'éducation au Québec.
« C'est étonnant de voir à quel point ce n'est pas une priorité nationale », a fait valoir celui qui est aussi vice-recteur aux relations gouvernementales et au campus de Longueuil.
Il souligne que l'UdeS fait face à un important défi de recrutement.
« C'est une université qui est située en région, qui doit être extrêmement créative pour que les étudiants nous choisissent. »
Alain Wesbter a de nouveau insisté sur les enjeux en matière de financement, un domaine dans lequel il est plongé depuis environ 15 ans.
Le doyen de la faculté de droit, Sébastien Lebel-Grenier, a misé sur une grande priorité aux fins de la présentation : assurer le positionnement de l'UdeS à moyen et à long terme. Il a abondé dans le même sens que M. Webster en termes de défi de recrutement. « Je considère que l'UdeS est une grande université, mais elle fait face à de grandes vulnérabilités. Nous n'avons pas de marché naturel. Nous devons donner une raison particulière aux étudiants de venir ici. »
Améliorer le climat
L'ancien recteur Bruno-Marie Béchard Marinier, qui fait sa campagne sur le thème « Rebondir ensemble », propose à la communauté universitaire de réfléchir à l'avenir de l'UdeS à long terme : il parle de la « vision 2054 », en référence au centenaire de l'UdeS.
« Pendant 18 mois, on va réfléchir ensemble, construire et dessiner quelle UdeS on préconise et qu'on veut construire au cours des prochaines années (...) C'est un horizon assez loin pour nous obliger à s'éloigner de nos livres comptables. » Celui qui a dirigé l'UdeS de 2001 à 2009 promet de mettre en place « un nouveau style de gestion universitaire, en contact direct avec les gens », a-t-il dit en soulignant que ce sera à l'image de ce qu'il avait fait.
Le doyen de la FMSS, Pierre Cossette, a quant à lui fait état de cinq priorités, et cite en premier lieu d'améliorer le positionnement et la qualité des programmes. Selon lui, l'institution doit davantage développer les deuxième et troisième cycles. « La recherche et les études supérieures sont deux faces de la même médaille, c'est comme ça que je le conçois. Si on ne prend pas ce virage-là, on ne va pas faire du surplace, on va reculer », dit-il parlant de l'enjeu de la démographie. En recherche, il croit qu'il faut miser sur des thèmes fédérateurs.
La santé organisationnelle est l'un des enjeux qui a été soulevés pendant l'assemblée. M. Webster a souligné l'importance de travailler sur cet aspect, un enjeu « probablement négligé en cette période de très fortes compressions budgétaires ».
Sébastien Lebel-Grenier parle aussi d'améliorer le climat dans le milieu universitaire. « Il y a un certain désenchantement et dans certains cas une certaine démobilisation de plusieurs membres de la communauté universitaire. »
Le sprint est lancé
C'est dans deux semaines que l'on connaîtra celui qui dirigera l'Université de Sherbrooke pour les cinq prochaines années.
Les quatre candidats sur les rangs, Pierre Cossette, Sébastien Lebel-Grenier, Bruno-Marie Béchard Marinier et Alain Webster, devront faire une présentation devant le collège électoral. Celui-ci est composé de 42 membres, mais les doyens Pierre Cossette et Sébastien Lebel-Grenier, qui en font partie, n'auront pas droit de vote. Ce sont donc 40 personnes qui seront appelées à voter pour élire le successeur de la rectrice actuelle, Luce Samoisette, le 23 mars prochain.
L'UdeS précise qu'il « s'agit d'un long processus à huis clos qui s'étale sur plusieurs heures », au terme duquel un candidat sera élu. Le nom du nouveau recteur sera dévoilé lors d'un point de presse au campus principal. Ce dévoilement aura lieu en fin de journée et l'annonce officielle sera faite par Vincent Joli-Coeur, le président du conseil d'administration de l'UdeS.
Le nouveau recteur sera à la tête d'une institution qui regroupe plus de 40 000 étudiants, provenant de 88 pays et territoires, dont plus de 10 000 inscrits à l'Université du troisième âge (UTA). Elle compte près de 7000 employés. Après un premier mandat, le recteur aura la possibilité de poursuivre pour un deuxième mandat de trois ans.
La procédure d'élection prévoit différents scénarios pour le scrutin, notamment que s'il y a plus d'une personne en lice et « qu'au premier tour de scrutin, aucun candidat n'obtient plus de la moitié des voix des membres du collège électoral (...) on élimine, en vue du tour suivant, le nom du candidat qui a obtenu le moins de votes.