Il faudra prévoir 3,18 $ de plus par semaine pour envoyer son enfant au camp de jour en 2021 à Sherbrooke.
Il faudra prévoir 3,18 $ de plus par semaine pour envoyer son enfant au camp de jour en 2021 à Sherbrooke.

Les camps de jour coûteront plus cher à Sherbrooke

Jonathan Custeau
Jonathan Custeau
La Tribune
Les parents devront assumer une augmentation de 3,18 $ du coût hebdomadaire pour l’inscription de leur enfant au camp de jour en 2021. La Ville de Sherbrooke souhaite ainsi ramener à 50 % sa contribution au fonctionnement des sept organismes délégués gestionnaires (ODG) responsables des camps de jour et récupérer 45 000 $. Les rabais offerts aux ménages avec un faible revenu devraient toutefois être augmentés.

Il s’agit là des principaux constats émanant de la nouvelle entente entre la Ville de Sherbrooke et ses organismes gestionnaires. Cette entente vise à assurer à toutes les familles d’avoir accès de façon équitable aux services d’animation.

À l’heure actuelle, la Ville défraie 53 % des coûts de l’offre des organismes délégués gestionnaires, alors que les parents en assument 47 %. 

Caroline Proulx, chef de la division loisirs et vie communautaire, explique que les ajustements feront en sorte que la Ville donnera 5000 $ à chaque ODG en plus de 29,11 $ par semaine par enfant inscrit aux camps de jour. Les parents, eux, devront payer des frais d’inscription de base de 30 $ en plus de 29,97 $ par enfant par semaine.

La Ville de Sherbrooke offre des rabais d’accessibilité et choisit de diminuer le rabais-famille, pour les familles nombreuses, de 50 % et d’augmenter le rabais-revenu pour les moins bien nantis. 

« Le rabais-revenu, c’est pour les familles à faible revenu, pour leur permettre une plus grande accessibilité aux camps de jour. On s’aperçoit que les familles nombreuses ont parfois de bonnes conditions de revenu familial et qu’on pouvait travailler sur ce rabais pour permettre aux moins bien nantis d’en profiter davantage » explique Jean-Yves La Rougery, directeur du Service des sports, de la culture et de la vie communautaire. 

Le rabais pour les familles était par exemple de 10 % pour deux enfants, de 20 % pour trois enfants, jusqu’à un maximum de 50 % pour six enfants et plus. Il sera désormais de 5 % pour un enfant, et le maximum sera de 25 % pour six enfants et plus. 

Rémi Demers a cherché à savoir quelle proportion des familles bénéficie des rabais-revenus. 

« Les dernières données disponibles démontrent que le nombre de familles ayant accès au rabais est de beaucoup augmenté, puisque le seuil de faible revenu a augmenté. En 2018, on considérait des ménages qui gagnent plusieurs milliers de dollars sous le revenu décent », dit Caroline Proulx.

Seuil de bas revenu

Pour la période de 2010 à 2014, le seuil de bas revenu était situé entre 22 000 et 26 000 $ par année. Dans la grille de 2021-2025, ce seuil passe entre 34 000 $ et 38 000 $, précise Sonia Doiron, agente professionnelle. 

La Ville diminuera aussi ses cibles du nombre d’enfants pour un été au camp de jour, ramenant le maximum de 27 010 à 25 635.

Le budget annuel de la Ville pour le financement de ses ODG sera de 2 067 921 $. Les négociations n’ont pas été faites à coût nul et une somme de 36 531 $ est nécessaire pour conclure les ententes.

« Nous sommes très heureux de cette entente de principe. Les ODG font un excellent travail sur tout le territoire de Sherbrooke et nous en avons eu encore une preuve pendant l’été, alors qu’ils ont géré de main de maître les camps de jour en contexte de pandémie dans leur organisation respective », a dit le maire Steve Lussier, jugeant nécessaire qu’on permette aux enfants de bouger pendant l’été.

Enfin, Évelyne Beaudin a invité les services de la Ville à consulter le comité de développement social et communautaire qu’elle préside quand il est question d’offrir de l’aide aux familles moins bien nanties.

« Je veux insister sur le fait que dans le plan d’action du comité de développement social et communautaire, parmi les pistes de réflexion adoptées par le conseil en début de mandat, on mentionne comme priorité que l’offre de services de la Ville tienne compte de la problématique d’exclusion sociale et de pauvreté. Parmi les pistes d’action, il est prévu d’évaluer l’accessibilité des activités pour les familles. On nommait entre autres un programme d’accessibilité aux camps de jour. 

« Il y a un comité qui existe, qui est consultatif, composé par des gens intéressés à contribuer à la réflexion pour rendre les services plus accessibles. J’invite nos services à se référer à cette ressource qui n’attend qu’à participer à la réflexion. »