Les broyeurs à déchets attirent la vermine et polluent de grandes quantités d’eau, ce qui explique pourquoi la Ville de Sherbrooke souhaite les interdire.
Les broyeurs à déchets attirent la vermine et polluent de grandes quantités d’eau, ce qui explique pourquoi la Ville de Sherbrooke souhaite les interdire.

Les broyeurs à déchets seront interdits

Jonathan Custeau
Jonathan Custeau
La Tribune
Les broyeurs à déchets seront bientôt interdits à Sherbrooke. Les élus ont lancé le processus qui permettra d’adopter un règlement en ce sens au cours des prochains mois.

La recommandation, qui émane du Bureau de l’environnement, vise entre autres à réduire les conséquences de broyeurs à déchets sur la qualité de l’eau.

Dans les documents municipaux, on indique que cet équipement de plomberie est apparu dans les années 1950 et 1960 et qu’il génère des impacts environnementaux non négligeables. « Une alternative facile d’application existe à Sherbrooke depuis près de 15 ans, soit la collecte des matières compostables », y lit-on.

Parmi les avantages cités pour l’utilisation d’un broyeur, on cite seulement la facilité de déverser les résidus de table en rinçant la vaisselle et l’élimination d’odeurs du mini bac de compost dans la maison.

La liste des inconvénients est plus longue, notamment une importante consommation d’eau potable, le risque de blocage de la plomberie domestique, et le risque d’attirer la vermine, entre autres les rats, dans les maisons et les réseaux d’égout. Dans le même sens, on ajoute les risques de blocage dans les conduits d’égout et de refoulement des eaux usées et la pollution supplémentaire dans les rivières.

Le règlement qu’adopterait la Ville ne comporterait pas de droits acquis, donc les citoyens possédant déjà un broyeur à déchets devront le retirer. La présidente du comité de l’environnement, Karine Godbout, mentionne qu’ils auront jusqu’au 1er mai 2021 pour procéder aux travaux d’enlèvement du système. 

« Il n’y a pas beaucoup de villes qui n’ont pas de règlement sur les broyeurs à déchets. On emboîte le pas à des villes comme Québec, Gatineau et Trois-Rivières.» 

La conseillère Évelyne Beaudin a demandé si on savait quels citoyens possèdent un broyeur à déchet et comment ce règlement serait appliqué. 

« Il faut se fier à la bonne volonté des gens. On pense que beaucoup de gens en ont, mais ne s’en servent pas nécessairement, surtout que nous avons la collecte du compost. Non, nous ne pourrons pas envoyer des inspecteurs dans les demeures, mais nous pensons qu’en informant les gens, ils n’auront pas envie d’avoir de la vermine dans leur maison. Nous avons espoir qu’en y allant de cette façon-là, nous y arriverons », a commenté Nicole Bergeron. 

La directrice du Service des affaires juridiques, Line Chabot, a précisé que les sanctions s’appliqueront sur plainte ou si un problème est observé, mais qu’il n’y aura pas de visite systématique. 

Karine Godbout ajoute qu’il est facile de déterminer, lors de l’inspection des égouts, quels citoyens utilisent un broyeur parce qu’il y a une accumulation de nourriture et que la vermine s’y rassemble.