Près de 31 % des consommateurs ont l’intention de payer de plus en plus souvent en argent comptant au fur et à mesure que la pandémie s’estompera.
Près de 31 % des consommateurs ont l’intention de payer de plus en plus souvent en argent comptant au fur et à mesure que la pandémie s’estompera.

Les billets n’ont pas dit leur dernier mot

Alain Goupil
Alain Goupil
La Tribune
Ne jetez pas votre bon vieux porte-monnaie! Même si les paiements électroniques par carte ou en ligne ont la cote depuis le début de la pandémie, les « bons vieux billets du Dominion » ne sont pas encore destinés à faire leur entrée au Musée de la monnaie…

L’étude la plus récente sur les modes de paiement utilisés par les Canadiens montre que ceux-ci continuent de privilégier les paiements sans contact (en ligne ou mobile). Mais cette pratique serait loin d’être définitive.

Selon Paiements Canada, qui suit de près les tendances des consommateurs en matière de paiement, il serait prématuré d’affirmer que les paiements au comptant ou en espèces (billets, chèque, traite, etc.) seront chose du passé une fois la pandémie terminée.

Même si 34 pour cent des Canadiens affirment ne pas avoir l’intention de faire leurs paiements en espèces aussi régulièrement qu’avant la crise actuelle, 31 pour cent ont l’intention de « payer comptant plus souvent au fur et à mesure que l’économie se redressera ». Et ce, même s’ils ont privilégié le paiement électronique depuis le début de la pandémie.

L’étude a été menée en septembre auprès de 1501 Canadiens.

Habitude durable

Les billets de banque continueront donc de s’échanger après la pandémie. Cependant, près d’un Canadien sur deux (44 %) estime que le paiement numérique deviendra une habitude durable.

Cela s’explique en partie par le fait que 40 % des consommateurs n’aiment pas toucher les terminaux de paiement, tandis que 42 pour cent préfèrent ne pas manipuler de l’argent comptant. 

À cela s’ajoute que 36 % des consommateurs disent éviter les commerces où le paiement sans contact n’est pas accepté. 

Une tendance qui s’observe aussi à l’égard des guichets automatiques. Trois consommateurs sur cinq (64 %) disent en effet se procurer moins souvent d’espèces auprès des guichets automatiques, une hausse de trois points par rapport au mois de mai.

Dépenses à la baisse

Outre le recours accru aux cartes de crédit et de débit, l’étude montre que les dépenses des Canadiens demeurent moins élevées globalement depuis le début de la crise. Environ 61 % des répondants affirment que leurs dépenses ont diminué alors qu’ils étaient 75 % à répondre ainsi en mai.

Et lorsqu’ils achètent en ligne, les Canadiens achètent généralement des vêtements (47 %), des articles ménagers (46 %) ainsi que des repas et des denrées alimentaires (46 %). 

Le recours à la livraison d’aliments et de repas représente pour sa part 29 % des transactions, ce qui amène 41 % des consommateurs à donner un pourboire plus important qu’avant la pandémie.

Pour Cyrielle Chiron, chef de la recherche et veille stratégique à Paiements Canada, ces chiffres démontrent que la pandémie a pour effet d’accélérer la transition vers le paiement numérique. 

« On constate que les consommateurs et les commerçants canadiens recherchent des modes de paiement plus efficaces, rapides et sûrs. Nous pouvons nous attendre à ce que cette tendance se poursuive et entraîne une vague d’innovation dans le domaine des paiements. »