À terme, 1600 unités d’habitation seront construites autour du boulevard René-Lévesque.

Les automobilistes roulent sur René-Lévesque

Il ne restait que quelques travaux de marquage à réaliser, mercredi, avant d’ouvrir officiellement le boulevard René-Lévesque aux automobilistes. Si les cyclistes et les piétons se sont déjà approprié la piste multifonctionnelle qui longe l’artère du secteur Rock Forest, les voitures ne pourront circuler sur le nouvel axe routier qu’à partir de jeudi.

Le boulevard René-Lévesque a une longueur de 2,75 km et n’a qu’une voie dans chaque direction. Il compte trois carrefours giratoires, soit à la hauteur des rues Magnelli/Sainte-Claire, Matisse et Henri-Labonne, de même que des espaces de dégagement pour les autobus et une piste multifonctionnelle. L’enveloppe de 26 M$, incluant les travaux de construction, les acquisitions et les études de sol, aurait été respectée.

« Ce nouveau boulevard a été conçu pour favoriser la fluidité de la circulation et le transport actif. Il comprend un sentier multifonctionnel ainsi que des trottoirs », a indiqué le maire Steve Lussier, en rappelant que la sécurité n’était pas compromise par la configuration du boulevard.

« Non, non, au contraire. C’est bien ce qu’ils ont fait. Nous aurons plusieurs places à pouvoir circuler au niveau du boulevard », a-t-il dit.  

Le Service de protection contre les incendies de Sherbrooke a d’ailleurs procédé à une démonstration en utilisant son camion le plus gros et le plus lourd pour contourner une voiture immobilisée. En cas d’urgence, le camion empiète sans problème sur une bande rouge située dans le terre-plein central.

« Le contrat initial était d’environ 18 M$ et la construction a coûté 20 M$. Comme pour tout chantier, des choses apparaissent et doivent être ajoutées au contrat. Pour le total du contrat, nous avions 26 M$ de consacrés, donc nous respections le cadre budgétaire », précise Jocelyn Grenier, directeur adjoint au Service des infrastructures urbaines à la Ville de Sherbrooke.

Les sols ont posé des défis

« Un des principaux défis aura été la nature des sols. En 2017, l’été a été pluvieux. Les sols étaient sensibles, peu portants. Il a donc fallu surexcaver pour remplacer par d’autres matériaux. Nous avons eu la chance et la malchance d’avoir plusieurs quantités de roc dans la partie nord du sentier. Oui, ç’a coûté plus cher de dynamitage, mais ça nous a permis d’avoir à peu de frais des matériaux de remplacement », ajoute-t-il.

La Commission scolaire de la Région-de-Sherbrooke est à terminer les travaux de l’école de la Croisée (voir autre texte), située en bordure du boulevard. Un parc d’envergure sera aménagé à proximité. Le maire Steve Lussier n’était pas en mesure de préciser en quoi consisterait ce parc « d’envergure ». À terme, on prévoit aussi la construction d’environ 1600 unités d’habitation autour du boulevard. Aucun permis n’a encore été délivré à cet effet.

Sous observation

La Ville de Sherbrooke sera attentive aux habitudes de circulation sur le boulevard René-Lévesque et s’intéressera entre autres à la vitesse des automobilistes au cours des prochaines semaines et lors de la rentrée scolaire. La limite de vitesse est fixée à 50 km/h, mais est réduite à 30 km/h devant l’école. On prévoit un achalandage d’environ 5000 à 10 000 véhicules par jour sur le boulevard dans les premiers mois. Une fois les résidences construites, on estime qu’ils seront plutôt entre 15 000 et 19 000 véhicules. 

On cherchera dans le même sens à savoir si les citoyens du quartier Faubourg changent leurs habitudes pour éviter la rue Saint-Jacques.

La Ville étudie les tracés potentiels pour le dernier tronçon du boulevard, qui reliera la rue Henri-Labonne au boulevard Bourque à la hauteur de la rue du Haut-Bois. 

« Nous sommes en études pour optimiser le tracé. Il reste environ un kilomètre à faire. Nous sommes en études préparatoires de faisabilité pour trouver le meilleur corridor à emprunter avec le moins de désagréments possible parce que nous serons dans une trame urbaine construite en partie. On risque pour les deux prochaines années de compléter les acquisitions des emprises pour faire le boulevard et parallèlement de faire les plans et devis. La construction pourrait être pour 2020 ou 2021. Il restera au conseil municipal de décider s’il accorde les budgets », explique Jocelyn Grenier.

L’ex-conseiller de Rock Forest, Serge Forest, était heureux d’avoir été invité à l’inauguration du boulevard. « J’en parlais dans ma campagne électorale à la mairie en 1998. C’est un boulevard particulier sous l’enseigne du développement durable, qui prévoit le transport actif. Dans les grandes villes, il se fait un boulevard aux 30 ans. Il était temps qu’on dégage Mi-Vallon et le chemin Godin », rappelle-t-il.

L’actuelle conseillère Annie Godbout, absente, a réagi par voie de communiqué. « J’invite les automobilistes [...] à redoubler de prudence au cours des prochaines semaines puisque les habitudes de circulation seront passablement modifiées dans le quartier. »

De Marie-Victorin à René-Lévesque

La route pour donner le nom de René Lévesque à un boulevard sherbrookois aura été longue. L’idée d’honorer cet homme politique avait été évoquée au début des années 2000.

En 2004, après la fusion municipale, la Ville cherchait à éliminer les doublons dans les noms de rue. La rue Queen, devenue rue Queen-Victoria, devait initialement prendre le nom de René Lévesque. Devant le mécontentement de la population, une nouvelle proposition suggérait de rebaptiser le boulevard de Portland en 2005.

Une fois encore, les citoyens sont montés au front pour s’opposer au changement de dénomination.

Parallèlement, la Ville commençait la planification du prolongement du boulevard de Portland vers le secteur Rock Forest. Le nouvel axe devait prendre le nom de boulevard Marie-Victorin, mais il a été convenu qu’il serait désigné par le nom de René Lévesque.

La planification urbanistique de l’artère à Rock Forest s’est étendue jusqu’en 2010 avant deux rondes de consultations publiques. Après le dépôt d’une étude d’impact par la Ville en 2012, des audiences du BAPE se sont tenues de décembre 2013 à janvier 2014. La construction du boulevard a commencé en mai 2017 et devait être terminée avant la fin de la même année. Son ouverture aura finalement été reportée jusqu’à la mi-juillet 2018.