Étudiant en droit à l’Université de Sherbrooke, l’ancien député d’Abitibi-Est, Alexis Wawanoloath, a pris part à une table ronde sur la Commission Viens, mardi, à la faculté de droit. —
Étudiant en droit à l’Université de Sherbrooke, l’ancien député d’Abitibi-Est, Alexis Wawanoloath, a pris part à une table ronde sur la Commission Viens, mardi, à la faculté de droit. —

Les Autochtones victimes d’un «système génocidaire»

Alain Goupil
Alain Goupil
La Tribune
L’ancien député d’Abitibi-Est à l’Assemblée nationale Alexis Wawanoloath croit que la Commission Viens a su faire preuve d’une « bonne sensibilité » face à la violence et à la discrimination dont sont victimes les Autochtones de la part des services publics du Québec. Reste maintenant à voir, selon lui, si les recommandations que formulera la Commission dans son rapport seront appliquées… ou carrément ignorées.

Âgé aujourd’hui de 35 ans et étudiant en droit à l’Université de Sherbrooke, M. Wawanoloath était l’un des participants à une table ronde tenue mardi à la faculté de droit sur les travaux de la Commission d’enquête sur les relations entre les Autochtones et certains services publics au Québec : écoute, réconciliation et progrès.

D’entrée de jeu, M. Wawanoloath a déclaré qu’à son avis les Autochtones du Canada sont victimes, non pas d’un « génocide culturel », comme l’a exprimé la Commission Vérité et Réconciliation, mais d’un « véritable système génocidaire » visant à faire disparaître les communautés autochtones.

« Certains croient que nous sommes victimes d’un génocide culturel, mais en ce qui me concerne, nous avons affaire à un génocide tout court », a déclaré M. Wawanoloath, qui est lui-même Abénaquis.

Adaptation

Cela dit, M. Wawanoloath a néanmoins salué le travail effectué depuis deux ans par la Commission Viens afin de rétablir un climat de confiance entre les policiers de la Sûreté du Québec et les femmes autochtones de Val-d’Or. Il a souligné le fait que la commission a accepté dans certaines communautés de tenir des audiences sous forme de cercles, plutôt que de s’en tenir au cadre formel prévu lors de toute commission d’enquête.

En ce qui concerne l’état des relations entre Autochtones et les organismes gouvernementaux, M. Wawanoloath estime qu’ils se sont améliorés sous certains aspects, mais que certains comportements demeurent problématiques.

« Ce qu’on constate, c’est qu’on a débloqué beaucoup d’argent depuis deux ans, surtout dans les communautés urbaines comme Val-d’Or, mais très peu dans les communautés rurales », a-t-il observé. De plus, les relations entre les agents de la Sûreté du Québec et les Autochtones demeurent difficiles, dit-il. « À Val-d’Or, les policiers n’ont pas vraiment changé d’attitude, dit-il. Ils portent encore leur brassard rouge avec le chiffre 144 dessus, pour dénoncer le fait que les policiers du poste 144 ont été accusés ‘injustement’ d’abus de pouvoir », mentionne M. Wawanoloath.

Selon lui, tous les Autochtones fondent donc beaucoup d’espoir sur les recommandations qui seront contenues dans le rapport de la Commission Viens, dont le mandat vient d’être prolongé jusqu’en septembre 2019.

« On a bon espoir que les recommandations seront bonnes. Ce qu’on espère surtout, c’est que le gouvernement aura le courage de les appliquer et non pas de les laisser dormir sur une tablette... »