La Société d’histoire de Sherbrooke caresse un projet de parcours d’interprétation, de jeux d’évasion et de soirées Meurtre et mystère dans l’enceinte de la prison.

Les astres semblent s’aligner en faveur de la prison Winter

« Ça bouge plus que jamais. Les astres pourraient être alignés pour la prison Winter. » C’est ce que croit Daniel Quirion, architecte au cabinet Jubinville et associés, qui présentait mercredi à Destination Sherbrooke une version mise à jour d’une étude concernant la vieille prison. L’étude en question sera acheminée au ministère de la Culture dans l’espoir de décrocher une subvention qui permettrait de redonner vie au bâtiment.

Rappelons que la Société d’histoire de Sherbrooke caresse un projet de parcours d’interprétation, de jeux d’évasion et de soirées Meurtre et mystère dans l’enceinte de la prison. Les travaux de rénovation pour l’ensemble du projet pourraient coûter un peu plus de 7 M$. Les correctifs minimums pour permettre des visites guidées sont évalués à moins d’un million de dollars. Une étude de marché réalisée en 2016 révélait un marché potentiel de 45 000 visiteurs par année.

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« Il y a plusieurs programmes au provincial et au fédéral, mais surtout au provincial, qui pourraient nous permettre de concrétiser le projet. Notre présentation visait à consolider le dossier. Nous avons aussi revu les interventions pour que les travaux qui seraient réalisés pour permettre les visites servent aussi dans la restauration complète du bâtiment. Nous ne voulons pas avoir à refaire le travail une deuxième fois. »

Selon M. Quirion, l’unicité du mur d’enceinte, qui pourrait être le dernier du genre au Canada, pique la curiosité plus que jamais. « Il faut prévoir environ 1,1 M$ pour le rénover. Si le ministère reconnaît la valeur patrimoniale, ce sera plus facile de faire cheminer le dossier. »

Daniel Quirion

Rien de confirmé

Le directeur de la Société d’histoire de Sherbrooke, Michel Harnois, confirme que des « choses se préparent mais que rien n’est confirmé ». « Le ministère de la Culture nous avait demandé un audit technique et il vient d’être livré. Il pourra analyser notre dossier et décider s’il vaut la peine d’investir ou si la dégradation est trop avancée. »

Selon les informations de M. Harnois, le dossier de la prison Winter ne s’empoussière pas sur une tablette ou dans le fond d’un tiroir à Québec. « On nous dit qu’il est encore actif. Pour que ça avance, il faudra que quelqu’un fasse un premier pas pour le financement. Normalement, si le premier pas est là, ça fait boule de neige. »


« Chaque fois qu’un média en parle, je reçois des appels ou des courriels. »
Michel Harnois

La Ville devrait-elle être la première à se prononcer pour influencer les autres paliers de gouvernement ? « Je prendrai l’aide du premier qui ouvrira la porte. Je ne peux pas me prononcer là-dessus. »

Michel Harnois estime que l’intérêt pour la vieille prison est bien réel. « Chaque fois qu’un média en parle, je reçois des appels ou des courriels de gens qui veulent collaborer. Chaque fois qu’on organise des visites qui passent devant la prison, la moitié du groupe nous demande si elle peut entrer. »

Si Daniel Quirion et Michel Harnois préviennent que le temps est le plus grand ennemi de la prison, en raison de la détérioration de l’immeuble, personne n’a encore lancé d’ultimatum pour une décision sur sa restauration. « Il y a des travaux assez importants à faire, mais heureusement la Société de sauvegarde de la vieille prison assure un entretien minimum », dit M. Harnois

Enfin, la multiplication des jeux d’évasion pourrait-elle nuire au projet de la prison ? « Tous ces projets n’ont pas l’avantage concurrentiel que nous avons de situer le jeu dans une vraie prison. C’est un avantage immense. »