Le Programme d’intervention du secteur Wellington Sud a été adopté lundi soir au conseil municipal.
Le Programme d’intervention du secteur Wellington Sud a été adopté lundi soir au conseil municipal.

Les artistes ne doivent pas être oubliés sur Well Sud

Le projet d’aménagement du secteur Wellington Sud, autour du futur Espace Centro et du pôle multimodal, n’a pas changé depuis la séance d’échange avec les citoyens tenue en mai dernier. S’il a été adopté lundi tel qu’il avait été présenté à la fin du printemps, il a soulevé quelques interrogations sur les coûts de réalisation et sur la place réservée aux artistes.

Rappelons que ce projet d’aménagement vise la place publique au cœur du projet en construction sur la rue Wellington, le réaménagement de la rue elle-même et l’aménagement de la rue du Dépôt. Les coûts étaient estimés à 19,3 M$ en mai, mais les tableaux rendus publics lundi soir font plutôt état de 21,5 M$, soit deux millions supplémentaires pour la place publique. La conseillère du district des Nations, Chantal L’Espérance, indique néanmoins que l’opinion des citoyens a été prise en compte depuis le début des démarches, notamment avec la suppression de la passerelle entre les deux bâtiments à construire sur la rue Wellington Sud, avec un habillage différent du stationnement souterrain et l’aménagement de toits verts. 

« On parle beaucoup de la culture et du tourisme qui pourraient s’inscrire facilement dans le secteur. Il faut mettre la table, le terrain de jeu pour faire en sorte qu’on ait des infrastructures intéressantes pour des manifestations culturelles. Il y aura la place publique dans l’Espace Centro et une autre petite place près du Centre des arts de la scène. »

C’est d’ailleurs la place du tourisme et de la culture sur Wellington Sud qui a interpellé la conseillère Annie Godbout. 

« Lors de la première présentation en atelier de travail, j’avais partagé ma préoccupation que tout l’espace de la Wellington Sud soit planifié en fonction de créer un projet touristique, que ce soit attractif pour les touristes. J’aurais aimé que des experts en tourisme puissent donner leur opinion et proposer des choses concrètes. J’aurais aimé qu’on fasse cet exercice avant d’adopter le plan d’intervention. J’ai peur qu’il soit trop tard », a-t-elle lancé. 

« Je veux partager ma déception. Quand on est allés en consultation, il y a eu beaucoup d’interventions des gens issus du milieu culturel, qui souhaitaient qu’il y ait une plus grande place pour les artistes dans cet espace-là. Il n’y a aucun changement entre la consultation et ce qu’on adopte aujourd’hui. On aurait pu être un peu plus à l’écoute. On sait qu’on a un produit murales. On a une ville où on est un musée à ciel ouvert. Est-ce que ça pourrait être un point de départ, la Wellington Sud? On dirait qu’il manque quelque chose. »

Le président du comité de la culture, Paul Gingues, plaide aussi pour les artistes. « Il faut intégrer la culture en amont des prochains projets. Ce n’est pas juste d’accrocher des tableaux. Les artistes doivent faire partie intégrante de la base du projet. On serait très surpris de ce qu’ils nous amènent. 

« Plusieurs locaux sont à louer sur Wellington. Il serait peut-être temps d’amorcer une réflexion par rapport à notre visite inspirante dans Griffintown. La revitalisation s’y est faite à l’aide des artistes, qui prenaient possession d’un local pendant quelques jours et procédaient à de la création. »

Chantal L’Espérance mentionne que la revitalisation du quartier Saint-Roch à Québec a aussi passé par les artistes. 

Préoccupation

Nicole Bergeron confirme que la Ville avait la préoccupation dès le départ d’intégrer les artistes, notamment lorsqu’elle est allée visiter des quartiers revitalisés de Montréal. « Cette préoccupation, on l’avait à l’époque et il faut continuer à l’avoir pour travailler en multidisciplinarité. »

Évelyne Beaudin, elle, s’interroge sur la possibilité de réduire les coûts des aménagements en période où la rigueur budgétaire est de mise. Elle cite entre autres les ouvrages métalliques du pôle multimodal, qui pourraient être remplacés par des arbres, ou le pavé préfabriqué, dont la quantité pourrait être réduite. Elle remet en question les structures elliptiques de la place publique (375 000 $), le parement du stationnement à étages (2 M$) et l’escalier architectural (2 M$) entre les rues Wellington Sud et du Dépôt.

« Je voulais nous inviter à voir comment on pourrait réduire l’ampleur de ce projet compte tenu de l’alarme qu’on a eue pour la gestion de la dette. Je voudrais aussi qu’on adopte une approche de gestion de projet pour qu’on puisse suivre l’évolution des projets dans le temps. »

La directrice générale adjointe Marie-France Delage précise que le milieu de vie devra être animé et qu’il peut très bien y avoir l’ajout d’animations culturelles et touristiques. « Les éléments du budget se doivent d’être réentérinés. Les interventions pourraient être étalées ou modifiées pour tenir compte de la capacité de payer dans les années futures. »

Le maire Steve Lussier indique que les dépenses seront modulées en rappelant qu’il reçoit des commentaires des maires des autres villes à propos de ce projet. 

Enfin, Chantal L’Espérance espère « que les retombées [du projet seront] suffisamment grandes pour compenser tout ce que [la Ville] aura dépensé ».