Les aides de service en hébergement ne peuvent pas avoir de contacts directs avec les patients, si bien qu'ils ne peuvent pas aider les préposés aux bénéficiaires dans des tâches importantes et qui demandent beaucoup de temps, comme l'aide aux repas et aux bains.

Les aides de services du CIUSSS se tournent parfois les pouces

Les aides de service en hébergement peuvent certainement aider le personnel en place à veiller sur les patients en CHSLD, mais d'une façon très limitée, soutient le Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP).
« Les postes d'aide de service en hébergement que l'employeur vient de créer sont des postes de 14 h à 22 h, donc d'aucune utilité pour aider les préposés aux bénéficiaires (PAB) de jour ou de soir. Quand les PAB donnent des toilettes partielles avant le coucher, ce n'est pas plus long de mouiller les débarbouillettes et d'ouvrir les lits avant le dodo », explique Bruno Breton, vice-président du SCFP pour l'installation CSSS-IUGS du CIUSSS de l'Estrie-CHUS.
La Tribune dévoilait mardi que le CIUSSS de l'Estrie-CHUS avait recours à des aides de service en hébergement, cet été, pour aider ses préposés aux bénéficiaires à accomplir certaines tâches en CHSLD. Les aides de service ne peuvent pas donner de soins directs aux patients, mais ils peuvent par exemple remplir des plateaux de matériel, mouiller des débarbouillettes, nettoyer les lunettes des patients, préparer leurs vêtements pour le lendemain, refaire des lits, désinfecter les bains, etc.
« C'est bien plus irritant de voir des aides de service se tourner les pouces de 19 h à 22 h, parce qu'une fois que les résidents sont couchés, l'aide de service ne peut pas répondre aux cloches quand les résidents appellent », ajoute Bruno Breton.
Ce dernier a d'ailleurs été l'un des premiers aides de service en hébergement embauchés par le CSSS-IUGS en 2011. Depuis, il est devenu buandier. Il y a encore des postes d'aide de service de jour, dit M. Breton, où ces derniers sont plus utiles parce que c'est là qu'il y a davantage de nettoyage à faire entre autres. C'est l'ajout de quarts de travail de soir qui est nouveau cet été.
La direction du CIUSSS de l'Estrie-CHUS a soutenu en entrevue à La Tribune que c'était la pénurie de PAB qui l'avait incitée à embaucher ces aides de service pour venir en renfort au personnel déjà en place.
« Il y avait d'autres solutions que l'embauche d'aide de service », soutient Bruno Breton.
Il y a maintenant des exigences élargies pour les étudiants des programmes de PAB au CIUSSS de l'Estrie-CHUS, lit-on sur leur site web. Pour Bruno Breton, c'est inadmissible en période de sérieuse pénurie de personnel.
« Dans nos conventions collectives, nous avons une clause qui protège l'employeur : il y a une probation de 60 jours pour les nouveaux employés. S'ils ne font pas l'affaire, ils partent et c'est tout, ça finit là. On aurait même eu une ouverture à commencer la période de probation seulement après la période estivale, pour donner une chance à plus d'étudiants d'être embauchés. Ce n'est pas parce que tu n'es pas bon la première semaine que tu ne seras pas bon au bout de 60 jours. Certains employés ont besoin d'une période d'adaptation », nuance le représentant syndical.
Parmi les autres solutions proposées par le syndicat, il y a aussi la possibilité d'offrir à davantage d'employés la formation « Programme de déplacement sécuritaire des bénéficiaires », une formation d'une journée, parfois deux jours tout au plus, pour permettre aux employés de déplacer les bénéficiaires.
« Nous n'avons pas été consultés. Le CIUSSS a pris cette décision sans poser de questions aux gens qui travaillent sur le terrain », déplore Bruno Breton.
Quant au salaire des aides de service, il est fixé à 18,83 $ sans échelle salariale. « Dans le milieu de la santé, l'absence d'échelle salariale est rare, mais ce n'est pas une situation unique. C'est beaucoup plus fréquent dans d'autres domaines de travail », explique Francis Gervais, conseiller syndical au SCFP.