Les activités de l’aéroport de Sherbrooke ne sont pas compromises pour le moment malgré un manque à gagner provoqué par la COVID et une diminution du nombre de passagers qui y ont transité en 2020.
Les activités de l’aéroport de Sherbrooke ne sont pas compromises pour le moment malgré un manque à gagner provoqué par la COVID et une diminution du nombre de passagers qui y ont transité en 2020.

Les activités de l’aéroport de Sherbrooke ne sont pas compromises

Jonathan Custeau
Jonathan Custeau
La Tribune
SHERBROOKE — La COVID-19 frappe fort dans les finances des aéroports régionaux du Québec, mais l’absence d’une liaison commerciale à Sherbrooke permet à cet aéroport de modérer ses inquiétudes pour l’avenir. L’impact sur ses finances sera « préoccupante, mais pas alarmante », résume le directeur de l’aéroport de Sherbrooke, Jean-François Ouellet. 

Au moment où le directeur général du Réseau québécois des aéroports, Romain Girard, et le président du Conseil des aéroports du Canada, Daniel-Robert Gooch, envoient une lettre au gouvernement fédéral pour signaler le besoin urgent d’une aide financière pour les aéroports régionaux, M. Ouellet assure que les activités à l’aéroport de Sherbrooke ne sont pas compromises pour le moment. 

Dans leur lettre, MM. Girard et Gooch rapportent que les services aériens au Québec ont diminué de plus de 90 % en avril et en mai 2020 et qu’à l’échelle nationale, le nombre de passagers diminuera de 75 % d’ici la fin de 2020 et de 65 % en 2021. 

« Sans soutien financier immédiat du gouvernement fédéral, beaucoup de nos aéroports réduiront, voire cesseront leurs activités. La situation est critique. Plusieurs aéroports régionaux et locaux dépendent des municipalités. Or, la réduction importante des vols réguliers, mais aussi de toutes les activités de nolisement et des vols d’affaires a mené à une réduction majeure des revenus. Résultat : les coûts de financement des aéroports et du maintien des opérations qui étaient déjà élevés sont maintenant devenus exorbitants », écrivent-ils, ajoutant que certains aéroports ne seront pas en mesure d’assurer les frais de déneigement des pistes cet hiver. 

« Les aéroports québécois n’ont reçu aucune aide directe d’Ottawa si ce n’est un allègement des loyers jusqu’à la fin de 2020 pour les aéroports de Montréal et de Québec, et un certain soutien direct pour le maintien de services aériens pour des communautés non reliées au réseau routier. Pourtant, de l’autre côté de la frontière, les aéroports américains ont reçu 10 milliards de dollars de subventions et 10 autres milliards de dollars sont à venir », ajoutent-ils. 

Jean-François Ouellet confirme que les pertes sont importantes en matière de vente d’essence et de frais d’atterrissage à Sherbrooke. Si l’ampleur du manque à gagner devrait être connue mercredi à la suite d’une réunion du conseil d’administration du comité de développement de l’aéroport de Sherbrooke, M. Ouellet précise que les postes budgétaires les plus touchés représentent moins de 20 % du budget total de l’aéroport. 

Pour combler le manque à gagner, le directeur de l’aéroport n’envisage toutefois pas de demander une aide supplémentaire de la Ville de Sherbrooke. Il faudra donc étudier les dépenses pour équilibrer le budget. 

En matière de statistiques, l’aéroport a reçu 297 passagers depuis le début de l’année. En comparaison, on en dénombrait 793 à la même date l’an dernier. 

« Nous avons des pertes de revenus évidentes, mais nous sommes loin de devoir cesser nos activités. Dans l’ensemble du budget, nous ne nous en sortons pas trop mal. Ça nous force à revoir nos façons de faire, à être plus créatifs pour trouver d’autres revenus. »

Si certains aéroports pourraient peiner à déneiger leur piste cet hiver, faute de budget, Sherbrooke ne croit pas que ce soit un problème. « Pour l’instant, ce n’est pas un enjeu. Le trafic diminue l’hiver, mais on se doit d’offrir un service minimum parce qu’il y a des évacuations médicales et aussi parce que la communauté d’affaires continue de se déplacer. Nous devons maintenir le niveau de service. »

Quant au projet de desserte commerciale par une compagnie aérienne, Sherbrooke ne lance pas la serviette. « C’est un petit milieu, donc les discussions se poursuivent, mais tout le monde attend de voir comment les choses s’enligneront avec la pandémie. Nous n’avons pas abandonné le projet, mais nous nous adapterons aux décisions que le gouvernement du Québec doit prendre. »

M. Ouellet indique qu’aucune dépense n’est engagée en ce moment pour ce type de démarche.