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Amélie Normand,  directrice de l’Association forestière du sud du Québec.
Amélie Normand,  directrice de l’Association forestière du sud du Québec.

Les 75 ans d’actions de l’AFSQ salués

Coralie Beaumont
Coralie Beaumont
La Tribune
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L’Association forestière du sud du Québec (AFSQ) a été couronnée d’un des cinq Grands prix du 27e Gala des Prix d’excellence en environnement des Cantons-de-l’Est, un évènement qui se tenait en mode virtuel vendredi avec la participation du ministre de l’Environnement, Benoit Charette.

Au total, la Fondation en environnement de l’Estrie a remis cinq grands prix, deux bourses et un prix Coup de coeur Initiative COVID-19, vendredi, parmi les 19 réalisations qui avaient été retenues par un jury indépendant, plus tôt cette année, sur plus d’une quarantaine de candidatures.

« On est bien fier d’avoir gagné ce prix-là ! » s’est réjouie Amélie Normand, la directrice de l’AFSQ.

Cet organisme à but non lucratif fondé en 1945 a pour mission de promouvoir l’apport bénéfique des ressources du milieu forestier auprès de la population par l’éducation, la sensibilisation, la concertation et le transfert de connaissances. « C’est diffuser des connaissances et inviter la population à développer une meilleure culture forestière », résume Amélie Normand.

Mme Normand confie que « c’est vraiment un honneur d’avoir une reconnaissance pour les actions qu’on a fait pour mettre en valeur notre milieu forestier ». Parmi les exemples d’actions menées par l’AFSQ, Mme Normard cite l’organisation de nombreux évènements comme des colloques et des congres, la publication du magazine Progrès Forestier depuis 1956 et des distributions d’arbres avec le soutien du ministère des Forêts, de la Faune et des Parc du Québec. « On organise aussi des activités d’animations dans les écoles, on invite les jeunes à découvrir les métiers en lien avec l’environnement forestier, Ces temps-ci, on fait beaucoup de tournage et on diffuse des capsules videos », ajoute-t-elle. Des guides de références et des fiches d’informations sont également destinés aux propriétaires privés et « qui veulent developper leurs connaissance dans les differents secteurs du milieu forestier ».

Cette distinction honore donc l’ensemble de l’œuvre titanesque accomplie par l’AFSQ depuis 75 ans. « On essaie de rallier tout le monde à l’importance du bois, à l’importance des ressources du milieu forestier et à la gestion durable de ces ressources », partage encore Amélie Normand.

Ce 27e Gala marque aussi l’arrivée en poste d’une nouvelle présidente à la Fondation en environnement de l’Estrie. Il s’agit de Patsy Inglis, membre du conseil d’administration depuis 2016, et qui succède à Alain Webster.

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Dany Senay, coordonnateur du projet forestier Pivot de l’entreprise sherbrookoise Ecoterria.

Ecotierra développe autrement la compensation carbone

Entreprise sociale basée à Sherbrooke, Écotierra s’est hissée parmi les 19 récipiendaires d’une distinction des Prix d’excellence en environnement des Cantons-de-l’Est grâce à son projet carbone forestier québécois Pivot.

« C’est l’aboutissement d’un très long processus! » confie Dany Senay, le coordonnateur du projet. 

Ce projet d’agroforesterie durable très complexe a débuté en 2016 dans 850 hectares de la Forêt communautaire Hereford au sein de la MRC de Coaticook, explique M. Senay, qui était auparavant le directeur de la Forêt Hereford.

L’objectif est de modifier des pratiques forestières dans des boisés privés pour éviter l’émission de gaz à effet de serre (GES) et augmenter la séquestration de carbone. Avec la Forêt Hereford, environ 20 000 crédits de carbone ont été générés, ce qui représente autant de tonnes d’émissions de GES évitées et de séquestration de carbone additionnelle créée grâce au projet.

« À présent, on est dans la phase de déploiement ailleurs au Québec », annonce M. Senay. 

Comment réussir ce projet ambitieux? Grâce à une rémunération attractive des propriétaires privés qui accepteront de conserver leurs boisés. « On vient vraiment offrir une nouvelle approche à certains propriétaires », confirme M. Senay. 

« À l’heure actuelle, dans des marchés excessivement conservateurs pour les crédits de carbone, un propriétaire forestier peut espérer recevoir autant de revenus pour les crédits de carbone générés par sa propriété que pour la matière ligneuse. On est rendu là! » s’enthousiasme le coordonnateur. 

Il ajoute que cette diversification des revenus forestiers permet de ne pas dépendre uniquement du prix du bois qui fluctue. « Avec les crédits de carbone, les prix ne font qu’augmenter, de manière constante. Ça va être un produit beaucoup plus stable pour les propriétaires, en complément de la matière ligneuse », ajoute M. Senay. 

Les entreprises, les universités et les institutions se montrent intéressées par le projet d’Ecotierra et les propriétaires forestiers aussi. « J’ai déjà une liste de propriétaires potentiels que je n’ai pas encore fini de regarder! L’intérêt est vraiment là, mais on le sent encore plus par rapport à l’acquisition des futurs crédits de carbone. » 

Une logique transparente

Si la méthodologie est complexe, le principe est relativement simple et logique. Les propriétaires privés qui adhèrent à ce projet audité devront diminuer — voire cesser — les interventions et les coupes dans leur forêt. « De cette façon, ils vont éviter l’émission de GES et augmenter la séquestration de carbone… Et c’est comme cela qu’on va générer des crédits de carbone », explique M. Senay. 

« On va encore permettre la récolte de bois, mais deux fois moins souvent », précise-t-il. Si la plantation d’arbres fait également partie du projet, c’est la conservation qui est l’approche principale. Les arbres existent donc déjà, « ce n’est pas une promesse! » insiste M. Senay.

Beaucoup de variables sont prises en compte dans le projet, y compris la localisation des boisés. « Plus on est dans le sud du Québec, plus les gestes qu’on pose pour protéger les forêts ont un impact important ». Ecotierra fait également une analyse du cycle de vie des produits du bois qui aurait été récolté sans le projet. « Du bois utilisé pour une maison séquestrera le carbone plus longtemps que du papier », résume-t-il.

La transparence est au cœur du système, grâce aux bases de données qui permettent notamment de suivre les projets. Chaque crédit de carbone est également enregistré et ne sera vendu qu’une seule fois. 

Le projet forestier Pivot est financé sans argent public, ajoute Dany Senay. « C’est le principe des entreprises sociales, comme Ecotierra. Développer des projets qui n’ont pas besoin de fonds gouvernementaux pour être viables ». 

De plus, les aspects sociaux sont également importants pour ces entreprises. Dans le cas d’Ecotierra, par exemple, « un pourcentage de l’actionnariat est possédé par une coopérative de travailleurs », illustre-t-il.

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Les huit lauréats

Grands Prix 

Association forestière du sud du Québec : culture forestière

Corridor Appalachien : Mission accomplie pour la protection à perpétuité du mont Foster

Un ordi pour nos élèves (Christelle Lefevre et Sylvain Bergeron) 

Soprema : des panneaux isolants avec du polystyrène recyclé

Le club le Garde-robe 

Coup de cœur

L’entreprise Attraction de Lac-Drolet

Bourse de la relève – 2000 $

Le FreeGo du campus principal de l’Université de Sherbrooke 

Bourse de la Jeunesse – 1000 $

Sauvons l’étang, un projet de l’École secondaire Jean-Jacques-Bertrand