Ensaf Haidar

L'épouse de Raïf Badawi répond à l'ambassadeur de l'Arabie saoudite

Ensaf Haidar, l'épouse de Raïf Badawi, se désole des propos tenus par l'ambassadeur de l'Arabie saoudite. Le message lancé n'est pas nouveau et lui laisse voir un flagrant manque de collaboration de la part du gouvernement saoudien.
«Ce qui me fâche, c'est que ça fait longtemps qu'on entend les mêmes réponses des ministres et du gouvernement. Il est temps qu'ils changent leur message. J'aimerais entendre des choses positives », confie-t-elle.
Ce n'est pas la première fois qu'elle entend ces revendications de la part du gouvernement saoudien. Si ce dernier ne veut pas que le Canada s'ingère dans le dossier, Ensaf Haidar estime qu'il devrait du moins s'attarder à faire bouger les choses.
« Depuis cinq ans déjà qu'on attend, c'est trop long. C'est difficile pour mes enfants et moi. »
Elle souhaite tout de même que le gouvernement canadien continue de s'impliquer et fonde beaucoup d'espoir sur l'influence du premier ministre Justin Trudeau.
« Mes enfants lui ont demandé d'appeler en Arabie. Moi je lui demande de prendre l'avion et d'aller chercher Raïf. J'aimerais qu'il travaille fort et sérieusement pour nous, comme il sait le faire », lance-t-elle.
Elle espère ainsi que le dossier se développe bientôt que ce soit par l'effort canadien ou par un changement de gouvernement ou de loi en Arabie Saoudite.
L'agacement de l'État saoudien
Mireille Elchacar, responsable de la région de l'Estrie pour Amnistie internationale, note aussi que ce n'est pas la première fois que les autorités saoudiennes envoient ce message au gouvernement canadien.
Cet avertissement peut refléter l'agacement de l'État saoudien devant les pressions exercées pour la libération de Raif Badawi. « L'Arabie saoudite a quand même signé quelques traités internationaux, dont le traité contre la torture et les mauvais traitements. Ils sont tenus eux-mêmes de respecter certaines conventions... C'est notre devoir de le rappeler », commente-t-elle.
« On n'est pas surpris, mais on est déçu d'en être encore à ce genre de réponse-là. »
- Avec Isabelle Pion