Le député d’Orford, Gilles Bélanger, reconnaît que la décision de la commission environnementale dans le dossier Coventry constitue une « avancée ».

« L’épée de Damoclès écartée »

La ministre de l’Agriculture et de l’Agroalimentaire du Canada et députée de Compton-Stanstead, Marie-Claude Bibeau, est très heureuse de la décision annoncée mardi concernant le projet d’agrandissement du site d’enfouissement de Coventry.

« C’est une excellente nouvelle! La plus importante menace qui pesait sur le lac, soit le traitement du lixiviat à Newport, a été levée. L’usine de traitement de cette ville n’est pas un lieu adéquat pour traiter ce genre de chose. On avait une épée de Damoclès au-dessus de la tête et elle a été écartée », affirme Mme Bibeau.

Recueilli dans tous les sites d’enfouissement, le lixiviat s’obtient au fur et à mesure que se dégradent les produits et objets enfouis. Le député de Brome-Missisquoi, Denis Paradis, utilise l’expression « jus de poubelle » pour désigner ce liquide souvent très toxique.

Au cours des derniers mois, plusieurs intervenants ont affirmé que des contaminants provenant de ce genre de liquide pouvaient se retrouver dans le lac Memphrémagog en raison de la situation géographique de l’usine de traitement de Newport, qui est située tout près du plan d’eau.

Quoi qu’il en soit, bien qu’elle salue la décision de la commission environnementale, Marie-Claude Bibeau assure qu’elle continuera à suivre le dossier de près. Elle se déclare de plus confiante que la Commission mixte internationale, un organisme canado-américain s’intéressant aux plans d’eau traversant la frontière, demeurera attentive à l’évolution du dossier durant les années à venir.

« Une avancée »

La réaction du député d’Orford, Gilles Bélanger, est plus modérée. N’empêche, celui-ci soutient que le changement de cap, en ce qui concerne le traitement du lixiviat, constitue une « avancée ».

« Il n’y aura plus de contaminants provenant du lixiviat qui pourront couler dans le lac à cause de l’usine de traitement des eaux usées de Newport. C’est un frein à une contamination potentielle, ce qui est une bonne chose pour les 175 000 personnes qui boivent l’eau du lac Memphrémagog au Québec », déclare M. Bélanger.

Au sujet du site d’enfouissement de Coventry lui-même, le député d’Orford mentionne qu’il est important de s’assurer qu’il ne représentera pas un risque à long terme.

« Je sais qu’il y a des études qui se font, aux États-Unis, sur les membranes utilisées dans les sites d’enfouissement pour éviter que des produits polluent le sol ou l’eau autour. Je veux en savoir plus là-dessus. La question des fuites doit selon moi être bien analysée et il faut essayer de faire en sorte qu’on en arrive à un risque nul pour la population », explique Gilles Bélanger.