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Le Dr Alain Poirier est directeur de la Santé publique de l’Estrie.
Le Dr Alain Poirier est directeur de la Santé publique de l’Estrie.

L’enthousiasme prudent du Dr Alain Poirier 

Marie-Christine Bouchard
Marie-Christine Bouchard
La Tribune
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Sherbrooke — Le directeur de la Santé publique de l’Estrie Alain Poirier est une personne optimiste de nature. Un optimisme qui l’a poussé parfois à se tromper dans ses prédictions sur l’évolution de la COVID-19. Dans ce nouveau bilan de la semaine qu’il a présenté lundi après-midi en conférence de presse, il se garde donc une réserve et cache bien son enthousiasme… en précisant toutefois que plusieurs données sur l’évolution de la pandémie sont encourageantes actuellement en Estrie.

« Le nombre de nouveaux cas est à la baisse. Ça faisait six semaines qu’on n’avait pas eu aussi peu de cas dans une semaine », dit-il d’entrée de jeu.

Dans les sept derniers jours : 648 nouveaux cas. La semaine précédente : 893 nouveaux cas.

Le nombre de cas actifs est à la baisse dans tous les réseaux locaux de services (RLS) également, sauf dans celui de Coaticook où il reste plutôt stable. « Mais c’est une population plus petite, alors ça reste assez peu de cas », met-il en contexte.

Le CIUSSS de l’Estrie-CHUS continue de faire environ 10 000 tests par semaine, mais le taux de positivité a chuté depuis une semaine. Sur chaque 100 tests, 5,5 % étaient positifs dans la dernière semaine. Ce taux était de 8,2 % la semaine précédente.

Le nombre d’éclosions est aussi à la baisse dans tous les secteurs d’activités.

« Ce sont des nouvelles encourageantes. Il faut que ça continue », assure le Dr Poirier.

Il y a aussi la vaccination qui progresse. Ici en Estrie, on vaccine aussitôt que des doses sont reçues. Il n’y a pas d’enjeux de logistique ou de manque de personnel pour vacciner. Lundi après-midi, 7629 personnes avaient reçu une première dose du vaccin de Pfizer-Biontech ou celui de Moderna.

Bonne nouvelle : la vaccination dans les CHSLD de l’Estrie sera terminée jeudi. « D’ici 14 jours, tous les résidents auront une couverture de 94 % contre la COVID-19 », se réjouit le Dr Poirier.

Les quelque 6000 autres vaccins ont été administrés à des membres du personnel du CIUSSS de l’Estrie-CHUS qui souhaitent se prémunir contre le coronavirus

Le réseau de la santé en Estrie compte près de 20 000 employés. Suivra la vaccination pour le personnel et les locataires des résidences privées pour aînés (RPA).

Mesures suffisantes?

Une dizaine de jours après l’imposition d’un couvre-feu par le gouvernement du Québec et le resserrement d’autres mesures, le Dr Poirier a-t-il l’impression que ces mesures fonctionnent et qu’elles seront suffisantes pour freiner la propagation du contagieux virus en sol québécois? Les Québécois pourront-ils retrouver un peu plus de normalité le 8 février?

« Je suis obligé d’avoir une petite réserve », dit-il après une seconde de silence.

« Comme tous les dimanches soirs, nous avons eu hier une rencontre avec tous les directeurs régionaux de Santé publique, avec le ministère de la Santé, avec le Dr Arruda, et à peu près partout on a pu observer une amélioration de la situation. Mais ça ne veut pas dire qu’il faut applaudir trop vite. La situation reste grave », avance-t-il prudemment.

Les hôpitaux du Québec sont effectivement toujours débordés, et ceux de l’Estrie ne font pas exception. Il y avait lundi matin 74 personnes à l’hôpital, soit le nombre le plus élevé jusqu’ici. Le CIUSSS a ouvert 79 lits jusqu’ici. « Les plans sont prêts pour être capable d’augmenter la capacité à 111 lits rapidement, quand nous aurons la demande du ministère de la Santé », rappelle le Dr Poirier.

La pression est moins forte pour les hospitalisations aux soins intensifs avec 10 personnes luttant pour leur vie dans ce département sur une possibilité de 25.

Les symptômes de la COVID s’aggravent généralement environ deux semaines après l’apparition de la maladie.

La courbe des nouveaux cas a commencé à diminuer il y a une semaine. « Les cas baissent, on espère que la courbe des hospitalisations va suivre aussi », ajoute le Dr Poirier.