Florence Breton, lauréate du Mérite estrien. 
Florence Breton, lauréate du Mérite estrien. 

L’engagement d’une jeune survivante

Mélanie Noël
Mélanie Noël
La Tribune
Comme des milliers de jeunes Sherbrookois, Florence Breton a obtenu son diplôme d’études secondaires en juin. Par contre, celle qui a remporté le titre de finissante de l’année à l’école du Triolet, le Prix de l’engagement au Gala des Bravos de la CSRS et la médaille du lieutenant-gouverneur de la jeunesse a un parcours unique.

Après une première année de secondaire en sport-études gymnastique, les plans de Florence Breton sont chamboulés. L’été avant son secondaire 2, elle reçoit le diagnostic. Cancer de la glande thyroïde. Elle subit une première opération en août pour enlever la portion cancéreuse, reprend ses études, alternant école à la maison et école en classe, et remplace la gymnastique par la danse, une discipline exigeant moins d’heures d’entraînement. 

« La gym me demandait 30 h d’entraînement par semaine. Le médecin m’a dit que mon corps devait récupérer alors j’ai choisi la danse pour mes quatre autres années de secondaire et j’ai adoré », explique-t-elle.

En octobre de la même année, le médecin lui apprend qu’elle a une récidive. 

« Le même cancer, mais de l’autre côté de ma glande. On a dû me réopérer. C’était plus sérieux. La première fois, je voyais ça comme une étape de la vie comme les autres, mais la deuxième fois, la petite fille de 13 ans a vraiment réalisé l’ampleur de la chose. J’ai été aux soins intensifs. On a vraiment eu peur », explique la jeune femme, ajoutant que même quatre ans après cette épreuve, elle doit avoir un suivi médical régulier et sa médication doit parfois être réajustée.  

« Mon corps et mon cœur devaient accepter tout cela. J’ai toujours eu une personnalité hyper positive, un peu intense. Avec le recul, je trouve que j’ai été quand même bonne de ne jamais m’apitoyer sur mon sort. Au contraire, je me trouvais et je me trouve encore aujourd’hui chanceuse d’être en vie. » 

Ses excellents résultats académiques lui permettent de remporter plusieurs mérites scolaires au cours de son secondaire et Florence Breton trouve le temps de s’impliquer au sein de son école. Elle est bénévole lors de journées portes ouvertes, elle anime le gala académique virtuel en 2020, elle est porte-parole de Bouge en masse pendant deux ans, elle fait les messages du matin à l’Intercom. Impossible de tout énumérer.

En plus de ses études, elle est ambassadrice et bénévole depuis quatre ans pour plusieurs fondations, que ce soit la Fondation Charles-Bruneau, la Fondation du CHUS, la Fondation de Leucan, la Fondation Sur La Pointe des Pieds ou la Fondation Rêves d’enfants.

« J’essaie de profiter de la vie au max. Ça bouge, mais j’aime ça », souligne celle qui étudie en arts, lettres et communication profil médias au Cégep de Sherbrooke et travaille aussi à temps partiel. 

Ses engagements auprès des fondations lui ont permis de faire de belles rencontres. 

Autant des enfants qui, comme elle, ont été confrontés au cancer que des personnalités publiques, telles que Paul Doucet, Guillaume Lemay-Thivierge, France Beaudoin et Vincent Vallières, avec qui elle a animé des soirées-bénéfices ou des conférences de presse.

Même si elle est en rémission depuis quatre ans, des éléments la ramènent parfois au temps où elle passait beaucoup de temps à l’hôpital. « Je travaille dans une boutique et l’autre jour, en tenant une tringle de linge, j’ai eu un flash de la tringle à soluté », donne-t-elle en exemple. 

Très volubile, enthousiaste et rayonnante, la Sherbrookoise de 17 ans dégage une énergie contagieuse. Ce qui ne l’empêche pas d’avoir ses moments plus sombres. Pendant deux ans, après le cancer, elle a eu besoin du réconfort de sa mère pour trouver le sommeil.

« Aussi récemment, j’ai appris qu’une amie avait une cinquième récidive. Quand j’y pense, je trouve ça difficile », confie-t-elle.

Mais chaque matin, Florence Breton chérit la vie et fait ce qu’elle peut pour la remercier. Elle combat notamment les moments difficiles en concoctant des biscuits en bonhommes sourires pour Leucan et en rêvant en grand d’un avenir rempli d’espoirs et d’ambitions. Elle a tout en elle pour les réaliser.