La Ville de Sherbrooke et la Direction de la santé publique travailleront de concert pour s'assurer que l'interruption volontaire des chauffe-eau ne cause aucun danger pour les résidents des 4500 foyers sherbrookois qui adhèrent au programme de bi-énergie, comme l'ont expliqué Christian Laprise, directeur d'Hydro-Sherbrooke, Bernard Sévigny, maire de Sherbrooke, et Dre Linda Pinsonneault, directrice de la Santé publique de l'Estrie par intérim.

Légionellose : la Santé publique rassurante

La Direction de la santé publique de l'Estrie tient à rassurer les Sherbrookois qui vivent à l'intérieur des 4500 résidences qui ont déjà subi l'interruption volontaire des chauffe-eau par le passé : s'ils ne présentent pas actuellement de symptômes qui s'apparentent à une grippe, ils n'ont aucune raison de s'inquiéter pour leur santé.
« La légionellose est une bactérie qu'on peut retrouver dans la nature. Quand elle se retrouve dans des conditions idéales, soit dans une eau stagnante ou dans une eau qui se trouve entre 25 et 45 degrés Celsius, elle peut se mettre à proliférer. À ce moment-là, c'est problématique parce qu'elle peut être respirée, notamment quand on prend une douche », explique la Dre Linda Pinsonneault, directrice par intérim de la Santé publique de l'Estrie.
Une personne qui contracte la légionellose présentera des symptômes semblables à ceux de la grippe : deux ou trois jours de fièvre avec un état général altéré. Ensuite, les gens récupèrent dans la plupart des cas. Il arrive toutefois que des complications se présentent sous forme de pneumonie sévère. Si elle n'est pas traitée, l'infection mène au décès dans 20 % des cas.
Une fois l'épisode traité, la personne récupère comme si elle se remettait d'une grippe. « Si les gens n'ont pas de symptômes aujourd'hui, ils n'ont pas besoin de consulter un médecin. S'ils sont inquiets malgré tout, il y a Info-Santé », ajoute Dre Pinsonneault.
Le médecin précise que tous les citoyens qui possèdent un chauffe-eau électrique devraient s'assurer que leur chauffe-eau est bien réglé à 60 degrés Celsius. « Certaines personnes baissent le degré pour économiser, mais ça augmente le risque que la légionellose prolifère », ajoute-t-elle.
La Direction de la Santé publique n'était pas au courant qu'Hydro-Sherbrooke procédait à l'interruption volontaire des chauffe-eau depuis 1994. L'Institut national de santé publique du Québec a soulevé des doutes cette semaine sur cette pratique qui peut mener à la prolifération de bactéries.
« Les données sur le terrain ne nous permettent pas de nous prononcer sur l'existence ou l'absence de problème. Nous allons prendre le temps d'évaluer la situation à savoir si elle se compare à celle d'Hydro-Québec. Nous sommes encore au début du processus », ajoute la Dre Linda Pinsonneault.
La Ville de Sherbrooke avait déjà annoncé jeudi qu'elle suspendait son programme de délestage des chauffe-eau jusqu'à l'automne.
Même si le mercure a descendu sous la barre des -20 degrés Celsius la nuit dernière et qu'il fera tout au plus -17 degrés samedi, il est hors de question qu'Hydro-Sherbrooke procède à distance au délestage de ses chauffe-eau comme elle aurait pu le faire en raison du grand froid.
Rappelons que La Presse rapportait jeudi qu'Hydro-Québec s'apprêtait à lancer un projet d'interruption des chauffe-eau pour diminuer la demande d'électricité en période de grands froids, mais qu'elle fait marche arrière en raison des risques de légionellose.