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Marine De Sorgher, propriétaire de l’École de cirque de Sherbrooke, demande l’aide de la population pour sauver son entreprise. Derrière, les entraîneuses Maude Deslauriers, Annie Robidas et Daphnée Thomassin.
Marine De Sorgher, propriétaire de l’École de cirque de Sherbrooke, demande l’aide de la population pour sauver son entreprise. Derrière, les entraîneuses Maude Deslauriers, Annie Robidas et Daphnée Thomassin.

L’École de cirque de Sherbrooke appelle à l’aide

Coralie Beaumont
Coralie Beaumont
La Tribune
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« Je n’ai plus rien dans les comptes de l’entreprise. On est sur la corde raide en ce moment... » confie Marine De Sorgher, propriétaire de l’École de cirque de Sherbrooke depuis sa création en 2017. Elle explique qu’avec les mesures de confinement, l’argent ne rentre plus... mais, chaque mois, il faut quand même payer un loyer commercial de 5000 $.

En effet, l’artiste entrepreneuse explique qu’elle ne bénéficie pas d’aide gouvernementale, car elle « tombe dans les craques ». Elle ajoute avoir contacté récemment la Ville de Sherbrooke pour recevoir de l’aide et avoir reçu un appel de Pro-Gestion Estrie pour l’aider à trouver des solutions.

Mme De Sorgher pense qu’un train se met en marche pour tenter de sauver son école. Mais l’horloge tourne et la date du paiement du prochain loyer approche rapidement. Elle explique qu’aucune entente n’a été possible avec le propriétaire de la bâtisse. « Ça a été un non assez clair et précis. »

Pour survivre, l’École de cirque a donc partagé sur sa page Facebook un lien vers une collecte solidaire hébergée sur la plateforme GoFundMe. L’École espère collecter 30 000 $ pour couvrir six mois de loyer, mais Mme De Sorgher confie avoir vraiment besoin de 5000 $ pour le loyer du 1er février et, ainsi, « se sortir la tête de l’eau » et peut-être trouver d’autres ressources pour sauver son école.

« En échange, on voudrait donner au suivant. Si on est capable de rester ouvert, on va monter un spectacle dès que la température le permettra dans les résidences pour personnes âgées et les CHSLD. »

Mme De Sorgher explique qu’elle possède du matériel pour l’extérieur, ce qui permettra d’offrir un spectacle en toute sécurité aux résidents, même depuis leur balcon ou leurs fenêtres.

Une école, une famille

Pour Marine De Sorgher, le mot « famille » est celui qui décrit le mieux son école. « On accueille tout le monde à bras ouverts. Cela permet de développer notre côté humain, créatif, athlétique... et puis les élèves, mes élèves... »

La voix étranglée par l’émotion en mentionnant ses élèves, la jeune artiste a été incapable de terminer sa phrase.

Raphaëlle Boilard, une ado de 16 ans, partage ce désarroi devant le risque de fermeture de son école de cirque. « C’est un peu ma deuxième famille. C’est là que je pratique ma passion... J’étais vraiment triste et émue lorsque j’ai appris ça. »

Cette jeune artiste qui pratique le tissu aérien depuis ses 12 ans explique qu’en cas de fermeture de son école, elle n’aurait plus de possibilité de pratiquer son art, puisqu’il requiert des équipements spéciaux.

Appelez à l’aide!

Charles-Olivier Mercier, le directeur général de Pro-Gestion Estrie, invite tous les entrepreneurs et toutes les entreprises à se manifester auprès de son organisme s’ils connaissent des difficultés. « Il y a des professionnels pour les aider, il y a des fonds disponibles. Il y en a plusieurs qu’on accompagne et qu’on sauve de la fermeture en ce moment », explique-t-il.

Dans le cas de l’École de cirque, Pro-Gestion Estrie a, d’initiative, contacté Marine De Sorgher pour lui proposer un accompagnement avec des professionnels en gestion et l’informer de l’existence du Fonds Pionniers, qui permet de soutenir des initiatives commerciales innovantes.

« On ne laisse jamais tomber une entreprise, affirme M. Mercier. Il y a d’énormes avantages à briser l’isolement et ouvrir son jeu avec des personnes de confiance. Il y a tellement de solutions qu’on n’imagine même pas! » ajoute-t-il.