Les conviction des citoyens et des maires du Val-Saint-François en matière de récupération du verre seront entendues à Québec cette semaine.

Le Val-Saint-François défend sa vision du recyclage du verre à Québec

Les convictions des citoyens et des maires du Val-Saint-François en matière de récupération du verre seront entendues à Québec cette semaine, alors que se tient une commission parlementaire sur «les enjeux du recyclage et de la valorisation locale du verre».

L’Opération Verre-Vert de Racine et la Municipalité de Saint-Denis-de-Brompton figurent en effet parmi les 30 organisations invitées à défendre leur vision devant les parlementaires chargés d’étudier les solutions à apporter «au taux catastrophique du recyclage du verre au Québec».

Sous l’impulsion de ces deux organisations, rappelons-le, le Val-Saint-François est devenu en juillet la première MRC au Québec à opter pour le tri à la source de toutes les bouteilles et contenants de verre avec un système de dépôt volontaire. 

La tenue de cette commission a été proposée par la députée de Québec solidaire Ruba Ghazal, porte-parole du deuxième groupe d’opposition en matière d’environnement, et acceptée par l’ensemble des partis.

On y entendra autant des pro-consignes que des partisans du statu quo, entre autres Recyc-Québec, Éco Entreprises Québec, la SAQ, des centres de tri, des détaillants en alimentation, des groupes écologiques, des municipalités et des projets citoyens. 

«C’est un sujet très complexe, convient Mme Ghazal. On peut se perdre dans les détails du tri, de la récupération, du recyclage et de la valorisation. Pour nous, il y a confusion des genres alors on est en train de démêler tout ça pour comprendre véritablement les enjeux pour qu’enfin le gouvernement prenne une décision éclairée.»

La Municipalité de Saint-Denis-de-Brompton a pour sa part mandaté la présidente de son comité du verre, Colette Lemieux, pour préparer un mémoire et le présenter aux parlementaires.

Mme Lemieux et d’autres membres de l’AFEAS sont à l’origine du projet de dépôt volontaire du verre dans la municipalité d’un peu plus de 4000 personnes.

Depuis 2015, c’est 200 tonnes de verre qui a ainsi été détourné du bac vert et valorisé à son plein potentiel, met en perspective Mme Lemieux. La matière est acheminée chez 2M Ressources, à Saint-Jean-sur-Richelieu, qui en fait le conditionnement avant de l’envoyer dans une fonderie pour en faire à nouveau des contenants.

Ce projet pilote a fait l’objet d’une étude comparative pour le compte de Recyc-Québec en 2018 et Mme Lemieux témoigne avoir reçu un grand nombre de demandes d’organismes, de municipalités et de citoyens d’un peu partout au Québec intéressés à suivre cet exemple.

À l’échelle du Val-Saint-François, les conteneurs ont été mis en place le mois dernier. Les 18 maires de la MRC ont autorisé une dépense de 60000 $ pour acquérir six conteneurs, en ne fermant pas la porte à l’idée d’en acquérir davantage si la demande le justifie.

Lors de leur inauguration, l’Opération Verre-Vert y a vu une grande victoire après six années à marteler le message que le verre mis pêle-mêle dans le bac vert n’est pas vraiment recyclé et qu’en plus il contamine les autres matières comme le papier et le carton.

C’est ce que son porte-parole Jean-Claude Thibault défendra devant la commission parlementaire, en plaidant l’urgence d’agir compte tenu de la démobilisation et du cynisme que la crise du verre fait naître dans la population, selon lui, en particulier chez les jeunes.

M. Thibault comme Mme Lemieux ont bon espoir que le système de dépôt volontaire va continuer de gagner des adeptes.

«Ça prend du temps, les changements sont longs à arriver, constate toutefois Mme Lemieux. Ça prend d’abord une volonté citoyenne, puis ensuite une volonté qui appartient à nos élus. Nous on a fait ce qu’on avait à faire. On a mis en place un projet pilote et là il faut faire une relecture de ce projet pilote et de ses conséquences.»

La commission doit soumettre son rapport à l’Assemblée nationale en septembre.