Martin Aubé est récipiendaire du prix Galileo de l’International Dark-Sky Association (IDA).

Le travail de Martin Aubé reconnu à l'international

Le physicien Martin Aubé, aussi connu comme défenseur du ciel, s’est vu attribuer le 10 octobre dernier le prix Galileo 2018 de l’International Dark-Sky Association (IDA). Cet honneur lui est décerné pour sa contribution dans la recherche sur la pollution lumineuse, la lumière superficielle perçue la nuit, dont multiples chercheurs à travers le monde s’inspirent aujourd’hui.

Depuis maintenant 16 ans, M. Aubé, professeur au Cégep de Sherbrooke, fait partie des acteurs importants de l’étude des impacts de la lumière sur l’environnement, mais aussi sur la santé humaine, animale et végétale.

L’innovation la plus marquante du professeur est d’ailleurs la conception d’un spectromètre, un appareil pouvant estimer les aérosols nocturnes à partir de la mesure de la pollution lumineuse.

Il en a été le premier investigateur et maintenant, plusieurs pays possèdent un exemplaire de cette machine, qui calcule les effets que produit chaque couleur de lumière.

Actuellement, il développe un nouvel appareil ayant les mêmes fonctions, mais étant moins coûteux et moins compliqué à construire. En avril, une étude réalisée à Madrid et à Barcelone et co-écrite par M. Aubé confirmait qu’il y a un lien entre la lumière bleue et certaines formes de cancer. En lien avec cette découverte, il s’attarde à des couleurs précises pour sa machine, dont la bleue (lumières LED) qui serait néfaste ou la jaune qui serait la moins dangereuse.

« Au lieu d’étudier toutes les couleurs de l’arc-en-ciel en détail, ce qu’on a fait c’est un appareil quatre couleurs », précise-t-il.

La machine sera d’ailleurs testée pour la première fois la semaine prochaine, au Maroc.

Cette passion pour la pollution lumineuse, elle grandit depuis un moment déjà. Si, au départ, M. Aubé s’intéressait au sujet pour le côté astronomique et la protection du ciel étoilé, il poursuit maintenant afin d’améliorer la santé humaine.

« Depuis trois ou quatre ans, on s’est rendu compte que les animaux et les humains sont influencés négativement par ça. Ce n’est qu’un début. Je ne peux pas arrêter maintenant, je ne suis pas juste intéressé à la science, quand ça menace la vie des citoyens, je ne peux pas juste faire des recherches, ça prend des changements. Je suis un peu un activiste », exprime-t-il.

Les Sherbrookois peuvent d’ailleurs remercier M. Aubé et d’autres collègues chercheurs pour les lumières jaunes sans danger installées à Sherbrooke. Le professeur est à l’origine du règlement municipal concernant le contrôle de la pollution lumineuse, qui interdit d’ailleurs la lumière blanche pour éclairer la ville la nuit. Il a même réussi à convaincre la Ville de Montréal de ne pas installer des lumières bleues dans les rues.

En plus de poursuivre ses recherches, le professeur trouve important de partager son savoir avec des étudiants de tous niveaux.

« Je suis fier, ça montre que le domaine existe. II va y avoir de premiers docteurs là-dedans. C’est capoté. J’ai toujours impliqué des étudiants avec moi, au début c’était même juste des étudiants du cégep », précise-t-il. D’ailleurs, une de ses étudiantes du cégep l’accompagnera prochainement au Maroc, afin de présenter avec lui le nouveau spectromètre.