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« Nous répondons aux urgences uniquement. C’est difficile d’agir en prévention et de détecter certaines problématiques », déplore Annie Glaude, psychoéducatrice au Centre Saint-Michel.
« Nous répondons aux urgences uniquement. C’est difficile d’agir en prévention et de détecter certaines problématiques », déplore Annie Glaude, psychoéducatrice au Centre Saint-Michel.

Le tiers des travailleurs de l’éducation songe à quitter son emploi

Sabrina Lavoie
Sabrina Lavoie
La Tribune
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En raison d’un manque de ressources criant dans les écoles, un nombre élevé de travailleurs professionnels songeraient à quitter leur emploi selon un sondage de la Fédération des professionnelles et professionnels de l’éducation du Québec (FPPE-CSQ).

Le sondage mené en février, auquel ont répondu près de 3000 membres représentés par la FPPE-CSQ à travers le Québec, dévoile qu’environ le tiers des travailleurs professionnels du milieu de l’éducation songeraient à quitter leur emploi.

Les raisons invoquées par les membres sont : la lourdeur du travail (63 %), le manque de reconnaissance (49 %) et le salaire (41 %). Des données « alarmantes » pour le président de la FPPE-CSQ, Jacques Landry, qui craint un point de non-retour.

« La cause directe, c’est la surcharge de travail », déplore-t-il.

De plus, 51 % des professionnels du milieu de l’éducation en Estrie occuperaient un emploi avec un statut précaire, selon Martin Côté, président du Syndicat des professionnels de l’éducation de l’Estrie (SPPEE-CSQ). « Un taux de précarité parmi les plus élevés au Québec », affirme-t-il.

Les professionnels interrogés en Estrie déplorent qu’il n’y ait pas suffisamment de ressources dans leur corps d’emploi (59 %). Le manque de ressources professionnelles généralisé dans les établissements scolaires se ferait aussi ressentir (53 %).

Dans ce contexte, 78 % des personnes qui ont répondu au sondage affirment que « seuls les élèves ayant un problème jugé urgent ont accès aux services ».

« Les personnes absentes, en congé de maladie ou de maternité ne se font pas remplacer, explique Martin Côté. Cela fait en sorte que les gens sur le terrain vivent une surcharge de travail. Autre raison pour le manque de ressources : l’incapacité à pourvoir les postes. Nous avons un problème d’attraction et nous avons de la difficulté à retenir les ressources professionnelles. »

Jacques Landry rappelle que le choix peut sembler simple pour un psychologue qui hésite entre un poste avec un plafond salarial fixé à 49 $/h dans le secteur public et un emploi à plus de 100 $/h au privé.

Partout le même problème

Après avoir quitté le milieu de la jeunesse pour des raisons de manque de ressources, Annie Glaude, désormais psychoéducatrice à la formation générale aux adultes, a vite constaté dans son nouvel environnement de travail la même ampleur en termes de besoins.

« Nous sommes trois intervenants en relation psychosociale au Centre Saint-Michel pour plus ou moins 3000 étudiants ».

Parmi la clientèle à desservir, Annie Glaude note la présence de parents, de mères et de pères monoparentaux en plus de tous les étudiants qui vivent avec des enjeux de problèmes de santé mentale, d’insertion sociale, de déficience intellectuelle ou du trouble du spectre de l’autisme.

« Nous répondons aux urgences uniquement. C’est difficile d’agir en prévention et de détecter certaines problématiques. »

La pandémie a par ailleurs exacerbé la situation. « Nous suivons présentement une élève avec un trouble de personnalité limite qui a des idées suicidaires, car elle n’est toujours pas prise en charge par le système de santé. Les démarches sont entamées, mais en attendant, je dois assurer un certain suivi qui ne devrait pas m’être attribué », se désole la psychoéducatrice.