L’accès au stationnement souterrain du Centre Sherbrooke, à partir de la rue Galt, ne sera possible que pour les automobilistes circulant en direction ouest.
L’accès au stationnement souterrain du Centre Sherbrooke, à partir de la rue Galt, ne sera possible que pour les automobilistes circulant en direction ouest.

Le terre-plein controversé de la rue Galt est là pour rester

Jonathan Custeau
Jonathan Custeau
La Tribune
La possibilité de construire un terre-plein sur la rue Galt Ouest, entre les rues Belvédère et Alexandre, ne plaît pas aux commerçants du Centre Sherbrooke, anciennement la place Belvédère, ni à ceux situés de l’autre côté de la rue Galt. Le propriétaire du Maxi-Club, Marc Jalbert, compte mobiliser ses clients et lancer une pétition pour envoyer un message à la Ville si celle-ci persiste avec l’idée d’éliminer le feu de circulation devant l’entrée du stationnement souterrain.

Caroline Gravel, directrice du Service des infrastructures urbaines à la Ville de Sherbrooke, assure que le terre-plein est là pour rester, pour des raisons de fluidité et de sécurité. 

Plusieurs des questions et commentaires formulés mercredi soir concernaient l’accès aux commerces dans le cadre du réaménagement de la rue Galt Ouest. 

Pour M. Jalbert, il s’agit d’un problème majeur qui, assure-t-il, nuira à sa clientèle et à la fluidité de la circulation dans le secteur. « Nous avons entendu parler du projet par La Tribune. Personne ne nous avait avisés. Je suis ici depuis 35 ans, je crois à la sécurité des automobilistes et à la mobilité durable et il faut refaire la rue Galt Ouest. Mais les deux tiers de notre stationnement sont souterrains et on empêchera les gens de tourner à gauche pour y accéder ou pour en sortir. Ça veut dire que plusieurs de nos clients devront faire des virages en U. »

Sortir du stationnement par la rue Belvédère est, selon Marc Jalbert, une option qui ne peut pas être envisagée. « Je ne sors jamais pas là. C’est toujours congestionné. La circulation y est trop dense. »

M. Jalbert dit recevoir 1200 clients par jour et compter 8000 membres. « Si nous n’arrivons pas à nous faire entendre, je n’hésiterai pas à lancer une pétition. Je me demande aussi si Commerce Sherbrooke a été consulté. Aucun commerçant ici n’est satisfait de cette idée. Jamais on ne nous a dit que cette intersection était dangereuse. La construction de ce terre-plein mettra mon entreprise en péril. C’est 80 % de ma clientèle qui transite par le stationnement souterrain. »

Gervais Bisson, président du Coiffurium, croit aussi que cet aménagement accentuera la congestion au coin des rues Galt et Belvédère. « Ce projet de la Ville aura comme répercussions probables la fermeture de plusieurs commerces. On nous dit que les clients devront changer leurs habitudes. Je crois surtout qu’ils iront ailleurs. »

Patrick Ménard, de la clinique de réadaptation ISO-Santé, craint lui aussi une baisse de sa clientèle.

Caroline Gravel mentionne que la majorité des accidents enregistrés sur ce tronçon de la rue Galt Ouest le sont à l’entrée du stationnement, alors que des véhicules attendant de tourner à gauche vers le Centre Sherbrooke se font tamponner par l’arrière. « Nous ferons des travaux de synchronisation des feux de circulation sur la rue Belvédère pour améliorer la fluidité. Si la propriété privée pouvait aménager son entrée de façon adéquate, ce serait plus facile de recevoir les véhicules qui entrent. »

Si la Ville n’a pas analysé les aménagements potentiels de la part du propriétaire du centre commercial, Mme Gravel estime qu’il y a sans doute un moyen de mieux structurer l’accès au stationnement par la rue Belvédère.

Mme Gravel ajoute que sur les 18 000 véhicules circulant dans le secteur quotidiennement, moins de 3 % effectuent un virage à gauche pour accéder au Centre Sherbrooke ou le quitter. « Il serait inacceptable de compromettre la sécurité des citoyens pour moins de 3 % des mouvements à cet endroit. Le secteur est quadrillé et il sera facile de trouver des chemins alternatifs. »

Yves Tremblay, directeur du Service de la planification et de la gestion du territoire mentionne qu’il ne faut pas négliger l’impact des réaménagements, de l’embellissement, sur l’envie qu’auront les clients de fréquenter le secteur.

Marc Bureau, de Maison bureau et Bureau, y voit une menace pour son commerce, entre autres pour l’approvisionnement par camions, qui pourrait être beaucoup plus compliqué.

Caroline Gravel assure que tous les propriétaires de commerces seront rencontrés pour faire un suivi sur les problèmes techniques qui pourraient survenir.

Selon Bianca de La Fontaine, agente de liaison, une rencontre était prévue avec les commerçants du Centre Sherbrooke le 13 mars, mais personne ne s’y est présenté. 

Commerce Sherbrooke aurait fait partie de la démarche au moment de rencontrer les commerçants.

Le conseiller Pierre Avard a mentionné que les récriminations des commerçants devront faire l’objet de discussions au conseil municipal.