Les acheteurs potentiels du théâtre de la place Nikitotek ont jusqu’au 20 mai pour se manifester.
Les acheteurs potentiels du théâtre de la place Nikitotek ont jusqu’au 20 mai pour se manifester.

Le temps presse pour vendre la place Nikitotek

Jonathan Custeau
Jonathan Custeau
La Tribune
La recherche d’un acheteur pour le théâtre de la place Nikitotek est officiellement lancée. Les groupes ou personnes intéressés à acheter l’infrastructure ont jusqu’au 20 mai pour déposer une offre. Et le temps presse pour la Ville, qui veut absolument procéder à la décontamination des berges de la rivière Magog, en prévision de la construction du pont des Grandes-Fourches, avant la fin de l’année. 

Dans un communiqué, la Ville précise qu’elle ne sera pas tenue d’accepter l’offre la plus haute ni aucune des propositions reçues. L’acheteur retenu doit assumer les frais de démantèlement, du nettoyage du site et du transport de la structure. Il aura deux mois pour libérer le terrain après l’acceptation de son offre. 

Rappelons que le théâtre de la place Nikitotek est une structure métallique d’environ 1050 mètres carrés composée de deux scènes et de gradins d’une capacité de 1015 sièges. Le paiement de la toiture, ajoutée après la construction du théâtre, fait toujours l’objet d’un litige. La Ville évalue à environ 3 M$ la valeur du théâtre.

Caroline Gravel, directrice du Service des infrastructures urbaines, estime qu’il est possible de trouver un acheteur même si plusieurs entreprises sont fermées ou tournent au ralenti. « Rien ne les empêche de soumissionner... »

Et c’est aussi que le temps presse si la Ville veut éviter des retards dans la livraison du nouveau pont des Grandes-Fourches. Si Philippe Cadieux, conseiller aux partenariats à la Ville de Sherbrooke, indiquait au début avril que l’échéancier des travaux pourrait être remodelé pour donner plus de flexibilité à la Ville, Caroline Gravel prétend le contraire. « On veut décontaminer les approches nord et sud. Si l’entrepreneur commence du côté sud et ne pas poursuivre au nord parce que la place Nikitotek n’a pas été déplacée, nous devrons payer des frais de mobilisation et démobilisation. Il faut que le théâtre parte! »

On espère donc commencer la décontamination au début du mois d’août, après les vacances de la construction, pour que les travaux de construction du pont s’amorcent au printemps de 2021. 

« Nous devons partir en appel d’offres pour les services professionnels pour la construction du pont cette semaine. Le problème avec les travaux de décontamination, c’est qu’on ne sait jamais l’ampleur du travail tant qu’on n’a pas commencé à creuser. »

Un plan B?

Si la Ville ne trouve pas d’acheteur ou si les propositions ne sont pas satisfaisantes, il faudra passer au plan B, peut-être en démantelant le théâtre et en l’entreposant... ou en le vendant au poids pour l’acier.

« Nous avions prévu l’entreposer dans l’ancien site d’enfouissement du chemin des Pèlerins, mais nous y envoyons les matériaux contaminés du Quartier Well Sud. Sinon, il faudrait trouver une autre place, mais il faudrait éviter de se faire voler les matériaux. »

Mme Gravel cite des portions de chemin de fer entreposées à Rock Forest il y a quelques années. Celles-ci avaient été volées en raison de la valeur des métaux. 

Et si la Ville procédait elle-même au démantèlement de l’infrastructure, le défi demeurerait entier. Un précédent appel d’offres pour démonter le théâtre n’avait reçu aucune proposition. « On pense que c’était parce qu’il y avait de l’incertitude sur l’avenir du théâtre, que les gens ne postulaient pas pour un contrat qu’ils n’étaient pas certains d’exécuter si on décidait de vendre plutôt que d’entreposer. On aurait pu procéder à la vente dès l’automne, mais nous avons tergiversé. »

Entre-temps, la menace d’une fermeture complète de l’actuel pont des Grandes-Fourches plane toujours alors qu’il continue de se détériorer. « Si un inspecteur trouve que c’est trop dangereux, il va le fermer. Donc si nous devons repousser nos travaux de construction pour une raison ou une autre, peut-être que nous devrons aussi composer avec la fermeture du pont. »

Les travaux pour le carrefour giratoire de la rue Terrill pourraient quant à eux commencer dès cet automne.