Le temps des sucres est commencé dans plusieurs érablières de la région, au grand plaisir des amateurs de tire sur la neige.

Le temps des sucres déjà amorcé

Les températures douces qu'a connues l'Estrie au cours des derniers jours ont précipité le début du temps des sucres dans plusieurs érablières de la région.
« Il y a de nombreuses érablières qui ont déjà commencé leurs opérations. On ne voit pas ça souvent : à peu près aux dix ans, je dirais », constate Joël Larrivée, président du Syndicat des producteurs acéricoles de l'Estrie.
Pour qu'une saison des sucres soit réussie, les conditions idéales sont des nuits froides (autour de -5 °C) et des journées où le mercure grimpe à quelques degrés au-dessus du point de congélation (autour de 7 °C). La coulée peut ainsi durer jusqu'à six semaines.
Mais même si le printemps semble vouloir se pointer le bout du nez précocement, les acériculteurs ne craignent pas, pour l'instant, que la météo nuise à leur production.
« On est vraiment en début de saison, alors même s'il fait pas mal chaud, ce n'est pas grave, indique M. Larrivée. Si ça gèle encore deux ou trois semaines, ça va être une saison normale. Il est trop tôt pour le prédire. »
« C'est assez rare, en février, qu'on ait une coulée comme ça. Mais même si on a commencé plus tôt à cause des températures, ça ne veut pas dire grand-chose pour la saison au final », confirme Laurier Boucher, propriétaire de l'érablière qui porte son nom, à Audet.
Ce mercredi, près de 20 millimètres de pluie sont attendus sur l'Estrie. La fonte de la neige pourrait-elle être problématique pour les acériculteurs? « Pas vraiment, répond Joël Larrivée. La neige, ça ne dérange pas, c'est vraiment les températures qui sont importantes. »
Une météo en zigzag
À la Sucrerie Haut Bois Normand, à Eastman, la sève a commencé à couler vers la fin de la semaine dernière, et s'est arrêtée avec le temps froid de dimanche.
« Heureusement qu'on était prêts et qu'on avait devancé notre entaillage par rapport à la normale, mentionne la propriétaire, Laurence Blond. Maintenant, on attend la prochaine coulée en milieu de semaine, avec les températures chaudes qu'on annonce, mais après, il va encore y avoir de la neige. Alors je pense qu'on va avoir une saison avec beaucoup de hauts et de bas! »
Du côté de l'érablière Au Bec Sucré, à Valcourt, on patiente jusqu'à la fin de cette semaine pour amorcer l'entaillage des érables.
« Oui, il fait chaud ces temps-ci, mais les températures des mois de mars et d'avril sont plus importantes pour nous. Et tant que les érables ne bourgeonnent pas, c'est correct. On n'en est pas là encore », note la propriétaire, Madeleine Roberge.
D'ailleurs, en 2012, des températures très douces à partir du mois de mars avaient eu un impact négatif sur les érablières situées dans le sud du Québec. Quelque 500 d'entre elles, principalement en Montérégie et en Estrie, avaient connu une saison moins productive.