L'Estrie connait son plus faible taux de décrochage chez les filles depuis dix ans. Pour l'année 2014-2015, il se situe à 14,4 pour cent, un record.

Le taux de décrochage des filles à son plus bas en 10 ans

Le taux de réussite scolaire chez les filles s'améliore, alors que celui des garçons demeure stable.
L'Estrie connait son plus faible taux de décrochage chez les filles depuis dix ans. Pour l'année 2014-2015, il se situe à 14,4 pour cent, un record. Ce taux se situait à plus de 20 pour cent il y a une décennie, quand ont été lancés des efforts pour contrer l'abandon scolaire dans la région.
Pendant ce temps chez les garçons, le taux est quant à lui plutôt stable autour de 25 pour cent. Il se situait à près de 40 pour cent en 2004-2005. Malgré le travail accompli, les efforts déployés pour contrer le décrochage chez les garçons doivent perdurer et prendre en compte les différences entre les sexes.
Les filles et les garçons n'ont pas le même rapport à l'école, ce qui influence les parcours de décrochage et de raccrochage des jeunes. Certains facteurs interviennent davantage dans le décrochage des filles et d'autres, dans le décrochage des garçons.
Depuis plus de 11 ans, les partenaires de la Table estrienne de concertation interordres en éducation (TECIÉ) et du Projet Partenaires pour la réussite éducative en Estrie (Projet PRÉE) posent des actions en faveur de la persévérance scolaire et de la réussite éducative en Estrie.
À la lumière des dernières données du ministère de l'Éducation et de l'Enseignement supérieur (MÉES), les efforts déployés ne sont pas vains, note-t-on.
Les conséquences du décrochage sont également distinctes entre les sexes, notent les partenaires. Les impacts économiques sont plus importants chez les décrocheuses. «Les statistiques montrent également que les femmes ont des revenus inférieurs à ceux des hommes à niveau d'études équivalent et qu'elles sont davantage touchées par la pauvreté. Sans négliger que le parcours scolaire de la mère a une incidence directe sur celui de ses enfants», souligne-t-on dans un communiqué de presse.
«Agir contre le décrochage des filles est primordial, non seulement afin de leur permettre un avenir meilleur, mais également pour favoriser la réussite éducative de leurs enfants et ultimement se rapprocher d'une société plus égalitaire.»
Indépendamment des sexes, les enjeux du décrochage scolaire sont nombreux que ce soit pour l'individu lui-même ou pour la société. «Le décrochage scolaire a un impact sur l'insertion professionnelle, les conditions de vie, l'estime de soi et l'implication citoyenne, en plus d'engendrer des coûts sociétaux importants», signale-t-on.
« Le jeune qui décroche, en plus de devoir composer avec des lacunes dans ses compétences, a plus de chance de souffrir d'isolement et de dépression ou de développer des problèmes de consommation», souligne Josiane Bergeron, coordonnatrice du Projet PRÉE.
«Les décrocheurs sont également moins impliqués dans la société. Sans compter les enjeux économiques importants. Pensons à la pénurie de main-d'oeuvre qualifiée, au taux de chômage et à l'aide sociale qui constituent des coûts non négligeables pour la société. La persévérance scolaire est un enjeu de société qui doit être au centre des priorités.»
Pour Christian Provencher, coprésident de la TÉCIÉ, «la réussite éducative, c'est l'affaire de toute une société. C'est la mobilisation des différents acteurs qui peut faire toute la différence pour nos jeunes.»
«Cet alignement stratégique sera un succès seulement si tout un chacun comprend le rôle qu'il doit jouer et pose des actions concrètes en ce sens. Faisons de la réussite éducative de nos jeunes une priorité partagée par l'ensemble de la société», dit-il.