Le président du Syndicat de l’enseignement de l’Estrie, Richard Bergevin
Le président du Syndicat de l’enseignement de l’Estrie, Richard Bergevin

Le syndicat de l’enseignement demande plus de ressources humaines

Mélanie Noël
Mélanie Noël
La Tribune
Sherbrooke – « Notre grande insatisfaction, déception et incompréhension par rapport au plan pour la rentrée scolaire présenté par le gouvernement est l’annonce d’aucune ressource additionnelle. Le ministre doit investir davantage » a souligné le président du Syndicat de l’enseignement de l’Estrie, Richard Bergevin en réaction à la conférence de presse du ministre de l’Éducation, Jean-François Roberge.

« On vit une rentrée exceptionnelle, on n’a jamais connu ça. On demande davantage de ressources humaines principalement pour les élèves qui ont accumulé des retards le printemps passé. On ne peut pas demander aux enseignants réguliers de s’occuper de ce rattrapage en plus d’avoir à réorganiser plusieurs de leurs tâches régulières pour tenir compte de la pandémie et des mesures sanitaires », ajoute M. Bergevin, notant que le syndicat a l’impression, encore une fois, que le ministre Roberge veut que les enseignants compensent pour les manques du système alors qu’ils portent l’école à bout de bras depuis des années.

L’investissement de ressources supplémentaires doit se faire rapidement, croit le président du syndicat. « Ce n’est pas peut-être. Ce n’est pas éventuellement. C’est maintenant que ça doit être fait, car les centres de services scolaires sont en processus d’embauche maintenant, c’est-à-dire cette semaine, en prévision de la prochaine année scolaire », note M. Bergevin.

En contexte de pénurie d’enseignants, M. Bergevin croit que la solution serait d’augmenter la charge de travail de tous les enseignants qui travaillent à temps partiel. « Si je prends tous les contrats de travail des jeunes enseignants du secondaire qui travaillent à temps partiel, soit à 40 % ou 50 % ou 60 % d’une charge complète, et que je les augmente à 100 %, j’aurais l’équivalent de 43 tâches temps pleins que je pourrais ajouter dans les écoles. On en n’a peut-être pas besoin de 43, mais peut-être de 20 », précise-t-il, ajoutant que ces jeunes enseignants pourraient prendre des classes supplémentaires et libérer des enseignants d’expérience pour qu’ils viennent en aide aux élèves en difficulté.

Bulle de deux mètres pour les enseignants

Sauf pour le préscolaire, les enseignants n’auront pas à porter de masque en classe, car le gouvernement mentionne que ces derniers pourront maintenir une distance de deux mètres avec les élèves. « Sur cette bulle de deux mètres, nous serons intransigeants et très vigilants, car il est primordial de maintenir la sécurité de nos enseignants. Ça va peut-être nécessiter, pour ceux qui enseignent dans des classes plus petites, une réduction du nombre d’élèves par classe », souligne le président du syndicat.

Des questions demeurent sur deux éléments, soit l’organisation des dîners et la gestion des pauses entre les périodes au secondaire. « Est-ce que les jeunes mangeront en classe comme au printemps? Ou une distance entre les groupes à la cafétéria devra être prévue? Au secondaire, on sait que ce sont les enseignants qui devront se déplacer entre les périodes, mais le fait de laisser les adolescents sans surveillance lors de ces déplacements pourrait engendrer un problème de désorganisation », note-t-il.

Par ailleurs, le Syndicat de l’enseignement de l’Estrie se réjouit des précisions en ce qui a trait au fonctionnement en classe, soit le respect intégral du groupe classe au secondaire et à l’élimination des sous-groupes de six élèves dans les classes au primaire. « Une idée qui aurait été dysfonctionnelle », selon le président du syndicat. 

« Par contre, lorsque le Dr Arruda dit que les élèves pourront enlever leur masque dans la classe puisque c’est comme s’ils étaient à un spectacle, je crois que cette vision démontre une méconnaissance de la réalité. Pour être capable de faire des apprentissages, un élève doit être en action et être en action veut souvent dire interagir avec ses collègues et l’enseignant », note M. Bergevin.

Pour établir son plan, le gouvernement n’a pas consulté le Syndicat de l’enseignement de l’Estrie, mais il a consulté la Fédération des syndicats de l’enseignement.