Le directeur du SPS, Danny McConnell et l’inspecteur à la surveillance au territoire du SPS, Patrick Roy, dressent le bilan des opérations liées à la COVID-19.
Le directeur du SPS, Danny McConnell et l’inspecteur à la surveillance au territoire du SPS, Patrick Roy, dressent le bilan des opérations liées à la COVID-19.

Le SPS prêt à affronter la deuxième vague

René-Charles Quirion
René-Charles Quirion
La Tribune
Le Service de police de Sherbrooke est prêt à affronter la deuxième vague de la pandémie de la COVID-19 si elle déferle.

« C’est sur le bon bord, mais rien n’est fini. Il faut continuer à faire attention. Nous allons continuer à travailler avec la santé publique et tous les partenaires. Nous invitons la population à respecter les règles de distanciation », soutient le directeur du Service de police de Sherbrooke, Danny McConnell.

À LIRE AUSSI: Les opérations policières sont passées en mode COVID-19

Dans une entrevue accordée à La Tribune, le directeur du SPS et l’inspecteur à la surveillance du territoire du SPS, Patrick Roy, ont dressé le bilan de cette période exceptionnelle du 12 mars au 20 juin où, pour la première fois de son histoire, le corps de police sherbrookois a décrété l’état d’urgence.

« La situation changeait de jour en jour et même d’heure en heure. Nous étions en contact constant avec tous les partenaires pour suivre le mot d’ordre : capacité d’adaptation », soulève l’inspecteur Patrick Roy.

Avec l’Estrie et Sherbrooke dans la mire de la contamination dès les premiers jours de la pandémie, le SPS a été mis sur le qui-vive.

Dans la nuit du 21 au 22 mars, huit résidents du Manoir Sherbrooke ont été transportés par ambulance au CHUS.

Le directeur de la santé publique de l’Estrie, le Dr Alain Poirier, a demandé au SPS de contribuer à l’application rigoureuse des mesures de précaution en commençant par le confinement des résidents dans leur appartement et l’interdiction de tout visiteur, et ce, en concordance avec la Loi sur la santé publique et l’état actuel d’urgence sanitaire décrété par le gouvernement du Québec.

L’Estrie est apparue au début de la pandémie comme un foyer d’éclosion important avant que la situation se stabilise et que la région reprenne un rang proportionnel à sa population.

« Nous n’avons jamais senti que l’on perdait le contrôle sur la situation. Nous sommes restés en contrôle grâce à une belle collaboration avec nos partenaires entre autres du milieu de la santé, de la Ville de Sherbrooke, tous nos policiers ainsi de l’Association des policiers et policières de Sherbrooke. Étant donné qu’on ne pouvait pas passer à côté de ce qui se passait comme service de police, on se disait que l’on devait passer au travers de la meilleure façon possible », assure Danny McConnell.

« Nous n’avons jamais senti de panique ou de désengagement de nos policiers », ajoute Patrick Roy.

Le directeur McConnell analyse que la crise sanitaire, devenue une crise économique, n’est jamais devenue une crise de sécurité publique.

« Il fallait être prêts à toutes éventualités parce que si le nombre de décès s’était accumulé, la situation aurait pu changer », signale Danny McConnell.

« Nous avons travaillé beaucoup sur le sentiment de sécurité. Les policiers étaient très visibles. Les policiers à vélos et à motos sont rapidement sortis sur le terrain. Ils faisaient beaucoup de prévention. La mauvaise température lors des congés comme Pâques ou la fête des Mères a aussi fait en sorte que les gens sont restés chez eux », indique Patrick Roy.

Lors de ces 117 jours d’état d’urgence, le SPS a reçu 5827 appels, soit une moyenne de 53 par jour, liés à la COVID-19.

« Certaines journées en avril et en mai au plus fort du confinement, nous pouvions recevoir de 300 à 400 appels par jour », précise Patrick Roy.

Entre le message gouvernemental et le décret permettant d’appliquer la loi sur la santé publique, les corps de police et les services juridiques ont dû en faire l’interprétation.

« Nous avons travaillé en étroite collaboration avec les affaires juridiques. Le fait qu’un règlement municipal ait été adopté a facilité notre travail sur le terrain. Nous avons eu aussi plusieurs discussions avec les autres corps de police du Québec afin que les consignes soient appliquées avec une certaine uniformité partout sur le territoire », signale Danny McConnell.

Ce sont 380 constats d’infraction pour le non-respect des règles liées à la COVID-19 qui ont été émis par le SPS.

« Depuis le 8 juin, aucun constat n’a été remis. Le déconfinement est plus difficile à appliquer que le confinement. Le décret était en constante évolution. La gestion de l’information avec les nombreux partenaires externes était un défi important », indique l’inspecteur Roy.

« Nous voulions sensibiliser les gens avant de donner des constats d’infraction. Rappelons-nous que l’objectif derrière la loi sur la santé publique est d’éviter la contagion pour protéger la population. Nous avons appliqué beaucoup plus la prévention que la coercition », ajoute le directeur McConnell.

Tant le directeur du SPS que l’inspecteur à la surveillance du territoire estiment que Sherbrooke et l’Estrie se sortent très bien de cette première vague de la pandémie de la COVID-19.

« La direction de la santé publique a très bien géré la crise. Les intervenants ont tous répondu de belle façon à l’appel de partenariat », estime le directeur du SPS, Danny McConnell.