Les membres du SPPUS ont manifesté jeudi matin aux abords de l'hôtel Delta, avant la première séance de conciliation.

Le SPPUS dépose une nouvelle mouture de ses demandes

Le Syndicat des professeures et professeurs de l'Université de Sherbrooke (SPPUS) a déposé une nouvelle mouture de ses demandes jeudi, lors de la première séance de négociation avec le conciliateur.
En fin de journée, la présidente du SPPUS Dominique Lorrain a fait savoir qu'il n'y avait pas de grève vendredi. Le SPPUS a encore en poche une journée de grève; son mandat en comptait 12 au total.
Le conciliateur a demandé « de ne pas diffuser pour l'instant d'informations sur l'avancement de la négociation », a précisé Mme Lorrain, en ajoutant que les séances de négociation se poursuivront la semaine prochaine.
Les membres du SPPUS ont manifesté aux abords de l'hôtel Delta, jeudi matin, avant la séance des parties.
« On a mis à jour nos offres, on présente une nouvelle mouture des demandes. On espère que l'université sera prête à y répondre rapidement. On attend toujours les offres salariales et le plan d'embauche de l'UdeS. Ça fait quand même deux ans qu'on attend », a fait valoir Marc Frappier, vice-président du SPPUS, juste avant la rencontre. Le SPPUS n'a pas précisé, en fin de journée, quel était le tableau présenté par l'UdeS.
Selon le syndicat, l'ensemble des paramètres des demandes ont été revus, incluant l'aspect salarial. Le syndicat réclamait à la base un rattrapage de l'ordre de 10 % avec ses collègues professeurs-ingénieurs.
Avec une seule journée de débrayage en poche, le SPPUS devrait tenir une assemblée générale au retour de la semaine de relâche.
Le SPPUS a reproché à la direction de l'UdeS de répondre à toutes les demandes de compressions exigées par Québec.
« La direction actuelle a vraiment une préoccupation centrale sur les chiffres comptables. Il y a une différence entre la comptabilité et la productivité (...) », note le deuxième vice-président du SPPUS, Jean Roy.
« Dans le domaine de la gestion, si tu veux bien paraître à court terme, tu coupes et tu vas générer des profits. Mais quand tu coupes comme ça, tu perds tes meilleurs joueurs, tu mets moins d'argent dans la relève... Sur papier, ça a l'air très beau, mais on perd en productivité, on perd en compétitivité », dit-il en faisant allusion à des collègues « partis briller dans d'autres universités ». « Ça, ça n'apparaît pas dans les livres comptables, mais ça apparaît dans notre vie universitaire (...) Le mandat des dirigeants, c'est d'avoir une vision globale de l'éducation. »
Le SPPUS réclame un plancher d'emploi inscrit dans la convention collective. L'instance syndicale soutient que le ratio EETP (étudiant en équivalence au temps plein) par professeur (du SPPUS) a augmenté de 8 % depuis 10 ans, soit l'équivalent d'un « déficit de 41 professeurs par rapport à 2004-2005. »
L'UdeS demande notamment aux professeurs la fin de l'exonération partielle des droits de scolarité. Cette mesure prévoit le remboursement de 50 % des frais de scolarité d'un employé, de son conjoint ou de ses enfants. L'UdeS avait demandé ce type de concessions aux professeurs en 2015 afin de faire face aux compressions budgétaires, mais l'instance syndicale jugeait avoir fait sa part avec le gel d'embauche. L'UdeS réclame également la réduction et le traitement du congé de maternité.
Des milliers d'étudiants ont décidé d'appuyer les professeurs du SPPUS en votant pour une grève, principalement en même temps que le débrayage des professeurs.
La convention collective du SPPUS est échue depuis mars 2015.