Plus de 300 personnes ont manifesté devant le rectorat pendant le conseil d'administration de l'Université de Sherbrooke, lundi midi, pour réclamer de l'institution qu'elle protège la mission universitaire et qu'elle négocie de bonne foi avec tous ses employés.

Le SPPUS décrète trois autres jours de grève

Les professeurs de l'Université de Sherbrooke retournent en grève pour trois jours, de mardi à jeudi, pendant que leurs représentants syndicaux demandent de maintenir le blitz de négociation prévu toute le semaine.
« C'est la seule manière d'avancer », lance la présidente du Syndicat des professeurs et professeures de l'Université de Sherbrooke (SPPUS), Dominique Lorrain, qui assure que le moral est bon chez ses membres.
Les deux parties ont également procédé à une demande de conciliation dans le dossier. Selon les informations transmises par la direction de l'UdeS, le conciliateur devait être disponible dès jeudi.
«Après plus de 20 séances de négociation et considérant le fossé qui sépare les parties pour en arriver à une entente avec le SPPUS, l'UdeS a demandé au secrétariat du Travail de nommer un conciliateur. De très nombreux points normatifs et monétaires demeurent en effet en litige. Pour dénouer l'impasse, l'Université souhaite, avec l'aide du conciliateur, faire progresser la négociation de façon constructive et raisonnée », peut-on lire sur le site internet de l'UdeS en date de lundi.
Le SPPUS précise avoir fait la même demande la veille. « C'est de bon augure, on espère que ça va aider à débloquer les négociations », dit Mme Lorrain.
Enfin, une manifestation à laquelle ont pris part plus de 300 personnes a eu lieu lundi midi devant le rectorat de l'Université de Sherbrooke. «Le conseil d'administration de l'UdeS tenait un conseil d'administration ce matin. On espère qu'ils nous entendent, c'est pour cette raison que l'on voulait venir manifester devant leurs bureaux », explique Mme Lorrain.
« On a eu une belle mobilisation. On sent que la communauté universitaire est mobilisée et cela nous réconforte et nous donne de l'énergie pour continuer, même si nous n'en manquons pas », ajoute-t-elle.
Le candidat au rectorat Bruno-Marie Béchard Marinier a participé au rassemblement, a-t-il tenu à faire savoir par communiqué. « Je m'associe à l'ensemble des personnels et des étudiants de l'Université pour défendre la mission universitaire qui est fondamentale pour l'avenir de ces jeunes et de notre société. Ensemble, il nous faut convaincre les gouvernements d'assurer une formation universitaire accessible et de qualité aux nouvelles générations », a-t-il déclaré.
Une table de négociation a eu lieu en après-midi lundi. Une autre est confirmée mardi par la partie patronale.
Rappelons que le syndicat a en poche un mandat de grève de 12 jours, dont 8 ont été écoulées au cours des deux dernières semaines. Les professeurs étaient retournés au travail vendredi et lundi.
Les membres du SPPUS sont sans contrat de travail depuis mars 2015. Ils réclament notamment un plancher d'emploi et l'application de la parité avec leurs collègues ingénieurs-professeurs (AIPSA), de même que l'application de la politique salariale du gouvernement (PSG).
L'UdeS estime sommairement que l'ensemble des demandes pourrait osciller autour de 10-12 M$. La direction a décliné nos demandes d'entrevue lundi.
La Tribune n'a pas pu savoir, lundi, si la grève de mardi aura un impact sur la participation des étudiants et professeurs à la journée de réflexion de la ministre Hélène David pour prévenir les violences sexuelles sur les campus.