Ian Bélanger
Ian Bélanger

Le sort de Bélanger dans les mains du jury

René-Charles Quirion
René-Charles Quirion
La Tribune
Le jury qui a entendu la preuve présentée lors du procès de Ian Bélanger devra déterminer s’il avait l’intention criminelle de tuer Héliodore Dulac en juin 2018 à Milan.

La délibération des jurés s’est amorcée, lundi, au palais de justice de Sherbrooke.

Les cinq femmes et sept hommes devront s’entendre de façon unanime hors de toute raisonnable pour déterminer si l’individu de 31 ans est coupable du meurtre au deuxième degré d’Héliodore Dulac ou s’il doit être condamné sur une accusation réduite d’homicide involontaire coupable.

« Un accusé n’a pas à prouver sa non-culpabilité. Un accusé n’a aucun fardeau », a expliqué le juge Gaétan Dumas de la Cour supérieure qui préside le procès.

Lors de sa plaidoirie, l’avocat de la défense Me François Gauthier a concédé que Ian Bélanger avait commis un acte illégal et le lien entre le décès d’Héliodore Dulac et cet acte illégal.

« Me Gauthier a admis ce qu’il a qualifié de lien causal », a signalé le juge Dumas lors de ses directives au jury.

Pour condamner Ian Bélanger sur le meurtre au deuxième degré, le jury doit cependant conclure qu’il avait formé l’intention requise pour qu’il y ait meurtre.

« Vous devez décider si Ian Bélanger avait l’intention de tuer ou de causer des lésions corporelles à Héliodore Dulac qu’il savait à ce point grave et dangereux sachant qu’il provoquerait sa mort et qu’il a persisté dans cet acte illégal (...) Demandez-vous si la preuve soulève un doute raisonnable si Ian Bélanger savait que Héliodore Dulac allait mourir », explique le juge Dumas.

Le magistrat a mentionné que l’intoxication par la drogue et l’alcool est pertinente pour savoir si l’accusé avait l’intention requise lors des gestes.

« Dans ce cas, vous devez déterminer si la preuve d’intoxication soulève un doute raisonnable qu’il avait l’intention requise de commettre au deuxième degré au moment de l’acte malgré la preuve de consommation d’alcool et de drogue », rappelle le juge Dumas.

Lors du procès, la seule témoin des évènements Kassandra Harpin est venue donner sa version des évènements.

Cette dernière a été condamnée à 52 mois de prison après avoir plaidé coupable à un homicide involontaire coupable dans cette affaire.

« Vous ne devez pas penser que Ian Bélanger est coupable parce que Kassandra Harpin a plaidé coupable », a prévenu le juge Dumas.

Lors du procès, Kassandra Harpin a témoigné que Ian Bélanger avait frappé Héliodore Dulac au lendemain d’une nuit où le trio avait consommé alcool et stupéfiants. Elle n’a pas été en mesure de témoigner de l’élément déclencheur à cette altercation.

Héliodore Dulac a été amené dans un endroit appelé « chez le vieux rat » avant que son corps soit ramené chez lui.

L’homme de 72 ans a été retrouvé sans vie par un citoyen de Milan le 3 juin.

Concernant la déclaration que Ian Bélanger a faite à sa sœur Jessie Bélanger dans les jours suivants les évènements, le juge Dumas a fait une directive. Ian Bélanger lui aurait dit : « Je lui ai câlissé une tab... de volée. Je ne sais pas s’il est mort ».

« Vous devez décider si Ian Bélanger a fait tout ou une partie cette déclaration », a indiqué le juge Dumas.


« Vous n’avez pas à trouver un mobile pour trouver Ian Bélanger coupable de l’infraction. »
Le juge Gaétan Dumas

Le juge a aussi rappelé que le ministère public n’avait pas à prouver de mobile au crime pour lequel Ian Bélanger est accusé d’avoir commis.

« Ce qui compte c’est ce qu’il a fait et s’il avait l’intention de le faire. Vous n’avez pas à trouver un mobile pour trouver Ian Bélanger coupable de l’infraction », explique le juge Dumas.

« Rendez le verdict selon votre conscience et selon la preuve », a mentionné le juge Dumas.

Le meurtre au deuxième degré est passible de la prison à vie sans possibilité de libération conditionnelle d’une période variant de dix à vingt-cinq ans. L’homicide involontaire coupable ne comporte pas de peine minimale.

Me François Gauthier et Me David Petranic défendent l’accusé, alors que Me Isabelle Dorion et Me Geneviève Crépeau représentent le ministère public lors de ce procès devant jury.