L’école des Quatre-vents (pavillon Union) a perdu six de ses 36 points d’eau.
L’école des Quatre-vents (pavillon Union) a perdu six de ses 36 points d’eau.

Le seuil de plomb dans l’eau dépassé dans 12 autres écoles

Marie-Christine Bouchard
Marie-Christine Bouchard
La Tribune
Le Centre de services scolaire de la Région-de-Sherbrooke (CSSRS) a effectué une analyse de l’eau potable dans 12 autres écoles de ses primaires. Résultat : les 12 écoles ont des points d’eau dont la quantité de plomb dépasse la norme établie par Santé Canada.

Comme toutes les organisations scolaires, le CSSRS doit mener une opération d’analyse de la concentration de plomb aux points d’eau à des fins de consommation d’ici le 1er novembre pour les écoles primaires et le 1er mars pour les écoles secondaires. Le CSSRS a choisi d’analyser l’eau de ses écoles primaires en trois blocs.

Durant la première série d’analyses qui a eu lieu en juillet, 417 points d’eau potable ont été testés dans 20 écoles, que ce soit des fontaines, des éviers de cuisine et des buvettes. Du nombre, 197 étaient non conformes.

Dans ce deuxième bloc de 12 écoles, les résultats des analyses sont similaires : les 12 écoles ont au moins deux points d’eau non conformes.

Deux mesures  peuvent être prises en cas de seuil trop élevé : condamner le point d’eau ou la laisser couler. Et le choix de la mesure n’est pas laissé au hasard. En effet, les analyses ont été effectuées en deux temps : d’abord le matin et ensuite après que l’eau ait coulé 30 secondes.

« Dans certains cas, le taux revient conforme après avoir laissé couler l’eau 30 secondes ou une minute. Ces points d’eau n’avaient pas à être condamnés. On a déjà installé des pancartes devant tous les points d’eau concernés pour rappeler aux élèves et au personnel de laisser couler l’eau avant de la consommer», indique Donald Landry, directeur des services du secrétariat général et des communications à la CSRS.

Neuf des 12 écoles dont l’eau a été analysée ont dû complètement fermer des points d’eau, et deux d’entre elles devront utiliser des distributeurs d’eau pour permettre aux élèves de remplir leurs gourdes plus facilement.

Plusieurs points d’eau condamnés

Neuf des 12 écoles dont l’eau a été analysée ont dû complètement fermer des points d’eau, et deux d’entre elles devront utiliser des distributeurs d’eau pour permettre aux élèves de remplir leurs gourdes plus facilement.

L’école des Quatre-vents (pavillon Union) a perdu six de ses 36 points d’eau alors que l’école Notre-Dame-de-Liesse a dû en condamner 9 sur 38. Ces deux écoles ont demandé d’avoir des distributeurs d’eau (avec des bouteilles de 20 litres d’eau) pour que les élèves puissent remplir leurs gourdes.

« D’autres écoles pourraient en faire la demande. Le besoin dépend des points d’eau qui ont dû être fermés, de leur emplacement. Les besoins sont différents d’une école à l’autre », explique M. Landry.

L’eau de plusieurs éviers de Notre-Dame-de-Liesse affichait des taux de plomb de 40 à 90 microgrammes par litre (ug/L), taux qui diminuait à environ 15ug/L après 30 secondes. Des résultats similaires du côté du pavillon Union de l’école des Quatre-vents.

Sur ces douze nouvelles écoles dont l’eau a été testée, seules les écoles Desrauleau, Notre-Dame-des-Champs et Jardins-des-lacs n’ont aucun point d’eau à condamner, même si elles ont également des points d’eau non conformes.

Les sept autres écoles testées sont Pie-X-de l'Assomption, des Avenues (Laporte), Carillon, LaRocque, Coeur-Immaculé, Passerelle et Sainte-Anne. Elles ont également des points d’eau non conformes et certains d’entre eux ont été condamnés.

Certains travaux compliqués

Le CSSRS devra effectuer une analyse dans chacune de ces écoles pour trouver la source de la contamination. Certains travaux pourraient être faciles à faire. D’autres seront beaucoup plus laborieux.

« S’il faut changer un évier et des robinets, ce sont des travaux qu’on pourra certainement faire dans la prochaine année. Mais dans certains cas, il faudra ouvrir des murs. Ça nous prendra des entrepreneurs. Ce sont des gros travaux, et nous ne sommes pas certains que ce soit réaliste de penser que ce sera terminé dans un an », estime M. Landry.

D’ici là, des mesures seront mises en place dans les écoles pour atténuer les effets. Par exemple, avant même l’arrivée des enfants à l’école le matin, les concierges pourraient déjà s’assurer de faire couler l’eau afin d’éliminer l’eau stagnante de la nuit dans les tuyaux. Les quantités de plomb contenu dans l’eau peuvent varier énormément selon la quantité divers facteurs, dont la circulation dans les tuyaux

Effets à long terme

Selon le gouvernement du Québec, le plomb est « un métal reconnu pour avoir des effets néfastes à long terme sur la santé. » « Bien qu'aujourd’hui, l’exposition au plomb soit considérée comme très faible, toute concentration de plomb dans le sang comporte un danger. C’est pourquoi les autorités de santé publique à l’échelle internationale recommandent la plus faible exposition au plomb raisonnablement possible », peut-on lire dans un document du gouvernement provincial.

nouvelle norme de concentration de plomb dans l’eau de

Santé Canada a établi une nouvelle norme de concentration de plomb dans l’eau à 5 microgrammes par litre (ug/L) au mois de mars 2019. Elle était avant fixée à 10 microgrammes par litre (ug/L).

Donald Landry note que les impacts négatifs du plomb ne sont pas négatifs à court terme, mais avec une exposition à long terme. « On prend les mesures, on est loin de banaliser, mais il faut relativiser aussi. On va faire les mesures correctrices nécessaires. Mais on veut aussi rassurer les parents que ça se fait dans une optique de prévention, de diminution de risque à l’exposition au plomb », mentionne-t-il.

L'école Notre-Dame-de-Liesse a dû condamner 9 de ses 38 points d'eau.