Le SEE tiendra une assemblée générale lundi. Contrairement aux précédentes (notre photo), elle se tiendra en mode virtuelle. 
Le SEE tiendra une assemblée générale lundi. Contrairement aux précédentes (notre photo), elle se tiendra en mode virtuelle. 

Le SEE veut repousser certains éléments de la négociation

Isabelle Pion
Isabelle Pion
La Tribune
Le Syndicat de l’enseignement de l’Estrie (SEE) souhaite régler les enjeux salariaux de la convention collective, mais souhaite attendre avant de s’attaquer aux grands enjeux de la table sectorielle, comme la composition des classes.

C’est ce qui ressort d’une entrevue avec le président du SEE, Richard Bergevin, qui participe jeudi et vendredi au conseil général de négociations. La convention collective du SEE, rattaché à la Fédération des syndicats de l’enseignement (FSE-CSQ), est échue depuis le 31 mars, à l’instar de plusieurs instances syndicales de la province.

Au départ, Québec avait proposé de suspendre les négociations. Par la suite, il a plutôt été question d’une négociation accélérée, alors que le gouvernement gère une crise sanitaire sans précédent.

Richard Bergevin souhaite plutôt que la négociation se fasse en deux temps.

« Statuons sur le salarial au niveau de l’inflation et ensuite prenons le temps de régler le sectoriel. Les problèmes qui étaient là vont être encore là après la pandémie. Il y a des problèmes complexes et si on veut régler trop rapidement, on va prendre des solutions trop simplistes », commente M. Bergevin.

Il fait ainsi allusion à différents enjeux, comme la composition des classes, la surcharge de travail des professeurs et la situation des élèves handicapés, en difficulté d’apprentissage ou d’adaptation (EHDAA). L’inflation avait été établie à 2,2 % en 2020, 2,2 % en 2021 et 2 % en 2022.

Est-ce dire que l’instance syndicale renonce à ce qui était demandé au départ, soit une majoration de traitement de 8 % au 1er avril 2020, de même qu’une hausse de 2 $ de l’heure en 2020, et des augmentations de 3 % en 2021 et 2022?

« Pour le moment, on ne renonce à rien. On n’a pas encore rencontré nos membres. On est conscient que le contexte est différent », répond M. Bergevin.

Même s’il s’agit d’une question salariale, la majoration de traitement fait partie de la table sectorielle, autour de laquelle certains enjeux pourraient être traités dans un deuxième temps, si le souhait du SEE se concrétise. Il rappelle que cette majoration espérée est liée au fait que les enseignants du Québec sont toujours les moins bien payés au Canada. L’objectif est notamment d’attirer des futurs professeurs, mais aussi de retenir ceux qui sont en poste.

Quant à la hausse de 2 $ de l’heure en 2020 et aux augmentations de 3 % en 2021 et 2022, il note que considérant le contexte, le syndicat est prêt à travailler sur des bases différentes, soient celles de l’inflation (2,2 % en 2020, 2,2 % en 2021 et 2 % en 2022).

Le SEE représente environ 3500 membres, soit des enseignants des commissions scolaires de la Région-de-Sherbrooke (CSRS), des Hauts-Cantons (CSHC) et des Sommets (CSS). Ceux-ci sont conviés à une assemblée générale lundi prochain, qui se tiendra de façon virtuelle.