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Les lumières de Noël de la maison d’Eric MacKeage et Donna Harden, située au 11 rue Carl, à Sherbrooke, attirent beaucoup de passants depuis toujours. Cette année, la maison a bien failli demeurer dans l’obscurité, mais finalement, la magie du temps des Fêtes a été reproduite.
Les lumières de Noël de la maison d’Eric MacKeage et Donna Harden, située au 11 rue Carl, à Sherbrooke, attirent beaucoup de passants depuis toujours. Cette année, la maison a bien failli demeurer dans l’obscurité, mais finalement, la magie du temps des Fêtes a été reproduite.

Le royaume d’Eric MacKeage

Mélanie Noël
Mélanie Noël
La Tribune
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Les décorations de Noël sont une vraie passion pour Eric MacKeage et c’est toute une communauté qui en profite. Chaque année, c’est la tradition. La maison de l’arrondissement de Lennoxville s’illumine et de nombreuses familles se déplacent pour vivre la magie du temps des Fêtes et prendre leur photo de famille devant le royaume de M. MacKeage.

Mais cette année, le 11 rue Carl a bien failli demeurer dans l’obscurité.  Son propriétaire, atteint d’une leucémie depuis trois ans, avait décidé de ne pas décorer la maison à cause de son état de santé et d’une possible hospitalisation. « C’est mon fils qui m’a dit : toutes les années, cette maison a été décorée et elle sera décorée encore cette année. » 

Depuis toujours, les décorations de Noël ont été la façon pour M. MacKeage de souhaiter « Joyeux Noël » à son entourage et aux heureux passants.

« On a commencé petit. Quand nous avons bâti la maison, il y a une trentaine d’années, je n’avais pas d’arbre devant ni rien. Alors je suis allé chercher deux sapins de Noël et je les ai installés sur le gazon avec des lumières rouges pour le plaisir », explique l’homme de 58 ans.  

La deuxième année, il a installé des lumières au toit. La troisième, les fenêtres se sont égayées. Des pères Noël et des rennes ont été adoptés dans des ventes de débarras. Au fil des ans, M. MacKeage et sa femme, Donna Harden, avec qui il partage sa vie depuis 35 ans, ont profité des soldes d’après Noël pour grossir leur inventaire de décorations. « Aussi avec le temps, plusieurs personnes nous ont donné des décorations comme cette madame âgée, résidant au Manoir, qui nous a donné trois chevreuils. Je les pose sur le terrain tous les ans et je sais qu’elle passe et qu’elle est contente de les revoir», raconte celui qui a toujours vécu à Lennoxville et se souvient que, même lorsqu’il était enfant et qu’il habitait le 240 rue Queen, il décorait avec son père la maison familiale.

La blague dans le quartier est que M. MacKeage a des fils sous-terrain branchés à toutes les maisons avoisinantes pour s’alimenter en électricité.


« On a commencé petit. Quand nous avons bâti la maison, il y a une trentaine d’années, je n’avais pas d’arbre devant ni rien. Alors je suis allé chercher deux sapins de Noël et je les ai installés sur le gazon avec des lumières rouges pour le plaisir. »
Eric MacKeage

C’est en 2017 que M. MacKeage a eu son diagnostic. En juillet 2018, il recevait une greffe de moelle osseuse. « C’est mon fils qui était le donneur », mentionne-t-il.   Au Noël suivant, M. MacKeage était affaibli par les traitements de chimiothérapie et n’avait pas la force de décorer. Ses amis, sa famille et les voisins sont venus installer ses décorations. « Ça fait trois ans. On se rassemble, c’est aussi devenu une tradition. Ils viennent poser les décorations et ils reviennent les enlever », souligne celui qui a travaillé 40 ans au Provigo de Lennoxville et qui a été 25 ans pompier à temps partiel, une autre de ses passions.

« Il connaît tout le monde à Lennoxville », souligne son épouse.

« Oui, c’est très difficile de prendre une marche et de ne pas rencontrer quelqu’un que je connais », renchérit en riant son mari.

Lorsqu’il avait plus d’énergie, l’été dernier, le plan de M. MacKeage était de décorer aussi l’arrière de sa cour, car avec le prolongement de l’autoroute 410, les automobilistes auraient pu apercevoir les lumières rouges, vertes et blanches. 

La vie l’a forcé à changer ses plans. 

Cet automne, l’évolution de la maladie a remis en doute toutes les traditions et c’est la volonté d’un fils qui a fait la différence. « Il a contacté les amis et la famille et, comme vous pouvez le constater, la maison a été décorée, bien sûr en respectant les règles de la Santé publique. Il l’a fait parce que je l’ai toujours fait, parce que j’aime ça et aussi parce que maintenant plusieurs attendent qu’on le fasse. Dans le temps des Fêtes, je passe normalement beaucoup de temps dehors entre 17h et 20h, car il y a beaucoup de gens qui passent », explique le père de deux enfants, Ryan, 24 ans, et Sarah 27 ans.

M. MacKeage préfère ne pas parler de l’avenir. À travers la maladie, il choisit de se concentrer sur la lumière.